À mi-parcours de la promulgation des résultats de l’enquête sur les handicapés, le Secrétariat d’État chargé de la famille, de la solidarité et de l’action sociale entame déjà son programme pour l’année. Et les premiers éléments de l’enquête montrent qu’il y a une réelle nécessité d’accroître le programme d’aide aux personnes handicapées tant leur situation reste précaire. Selon des sources proches des enquêteurs, la frange des personnes handicapées serait nettement supérieure aux chiffres actuels dont dispose le ministère. Aujourd’hui, ce taux représente près de 7 % de la population alors que le nombre recensé dépasse 400 000 personnes. Sur ce nombre, 20 000 bénéficient d’une carte d’immatriculation. Il n’est donc pas étonnant que l’année 2003 ait constitué une étape charnière dans les actions menées par Mme Yasmina Baddou et son équipe en vue de présenter le vrai visage du monde des handicapés au Maroc. Sur ce plan et au cours de l’exercice précédent, plusieurs programmes d’alphabétisation, d’assistance sociale, de formation et d’aides ont été initiés par le ministère de tutelle. Dans ces efforts de vulgarisation d’aides aux personnes handicapées, les associations et les ONG nationales ont été considérées comme maillons incontournables en vue d’assurer un franc succès aux actions initiées tant dans les villes que dans le monde rural. À ce sujet, faut-il le rappeler, le ministère a rendu effective la circulaire N° 7-2003 du premier ministre sur le Partenariat entre l’État et les associations, pour en faire un outil stratégique en vue de concrétiser une vraie politique de proximité. Ainsi au cours de l’exercice 2003, une enveloppe budgétaire de 23.404.410,00 DH a été débloquée pour financer les projets de 310 associations oeuvrant dans les domaines de l’intégration sociale des personnes handicapées, la promotion des situations socio-économiques des femmes et la protection de l’Enfance.
Partenariat et solidarité
En raison de l’importance de ce projet de partenariat, le SEFSAS a bénéficié d’un budget spécial accordé par le Premier ministre pour augmenter le nombre des associations bénéficiaires. Pour l’année 2004, le SEFSAS affiche la même ambition. D’ailleurs, dans son programme pour l’exercice en cours, il est prévu, à cet effet, la distribution de 20.000 exemplaires de la carte du handicap dès ce mois de janvier. Selon la ministre, cette opération va durer tout au long de l’année ainsi que le soutien aux personnes handicapées nécessiteuses en aides techniques et prothétiques. Également, Mme Yasmina Baddou fait l’une de ses priorités la prise en charge des frais de scolarité de 500 enfants aux handicapés profonds intégrés dans des centres spécialisés, la mise en œuvre d’un plan d’action sur l’application de la loi 10.03 sur les accessibilité en élargissant le nombre de partenaires et en organisant des compagnes de sensibilisation au profit des communes urbaines, architectes et institutions de construction. À ces projets, s’ajoutent celui de renforcer le programme national de Réadaptation à Base Communautaire (BC) et celui de la préparation d’un guide pédagogique concernant l’éducation scolaire et familiale des enfants handicapés. Ce guide contribuera, affirme Mme la ministre, à l’orientation des parents et familles d’enfants handicapés en matière d’éducation spécialisée ou ordinaire. Plusieurs autres projets sont inscrits dans l’agenda de Mme pour l’année 2004 parmi lesquels figurent la coopération internationale, l’organisation des séminaires et d’ateliers ou encore des campagnes de sensibilisation et de formation dont l’objectif est l’amélioration des conditions de vie des personnes handicapées. In fine, les résultats définitifs de l’enquête devront montrer qu’il s’agit d’un programme ambitieux, qui nécessite des moyens colossaux, que seule la mobilisation de tous sera en mesure de concrétiser. L’appel de Mme Badaud sera-t-il entendu ?
M.S.