En cette matinée de jeudi 11 décembre, tous les invités au premier Forum consacré aux intégrales de l’investissement ne tarissaient pas d’éloges sur ce bâtiment qui rappelle ce Maroc ambitieux, fier mais ingénieux aussi quand il s’agit de séduire le monde des affaires et de la diplomatie. Ce Palais se veut un symbole : celui de la modernité, d’un Maroc tourné vers l’extérieur et ouvert à toutes les cultures et civilisations. M. Bruno Locatelli, l’actuel Directeur du Centre, le dit sans ambages même s’il souligne avec modestie qu’il ignore comment l’idée de ce Palais des Congrès de Skhirat est née. “ Malheureusement, je ne peux vous parler beaucoup de l’histoire des lieux car cela ne fait pas huit mois que j’ai pris la direction du Centre international des conférences Mohammed VI. Pour autant que je sache, les initiateur du projet souhaitaient avoir à proximité de la capitale un lieu où les décideurs pourraient se réunir. D’où l’idée d’avoir un lieu qui puisse remplir cette fonction. Je pense qu’à partir de là, le projet s’est développé pour devenir un complexe avec une gamme de prestations complètes qui permette d’offrir des services à n’importe quel utilisateur. Par la suite, le Palais des Congrès pouvait devenir un lieu d’échange pour les acteurs économiques du Maroc et pour y faire des séminaires ou pour s’y rencontrer sur des thèmes à caractère culturel ou privé ”, fait-il remarquer. Par sa façade majestueuse, une arrière cour gazonnée, comme pour accueillir les meilleurs golfeurs de la planète, le Palais des Congrès de Skhirat offre un ensemble de services à même de faire de toutes rencontres qui s’y tiennent, un moment de détente et de convivialité.
Un cadre convivial
Les architectes qui ont conçu ce complexe, n’ont rien laissé au hasard. Depuis la technologie, le décor, le design, l’ameublement, tout a été mis en œuvre pour qu’il puisse impressionner et séduire tous ses visiteurs. Ainsi, il comprend un hall d’accueil, un espace quipeut reçoir à la fois une partie cocktail et une partie stands et que l’on peut utiliser comme une aire à part entière. Il dessert quatre grandes zones. D’abord la salle des banquets, modulable, une esplanade de plus de 2000 mètres carrés et tout n’est pas fini car cette partie peut être couverte suivant la nature de la manifestation mais aussi selon le climat. Ensuite, il y a l’auditorium d’une capacité de 528 places dont deux balcons de 16 sièges chacun ainsi qu’une scène modulable de 250 m2, sans oublier un équipement de son, lumière et vidéo des plus complets dont une régie, dont une régie principale, deux cabines de traduction comprenant tous les moyens techniques nécessaires. Il existe également d’autres espaces comme les salles des sous- commissions. Le Directeur Général du Centre explique que ce sont des espaces à deux niveaux, disposant chacun de 300 mètres carrésb qui sont modulables en dix espaces. Naturellement, la partie la plus prestigieuse est la zone royale. Elle dispose de ses propres salles en VIP ainsi qu’un accès privatif qui vous isole de tout autre environnement. In fine, il faut souligner que l’équipe du centre international de conférence Mohammed VI apporte son expertise depuis la conception jusqu’à la mise en œuvre des projets les plus ambitieux. Elle est garante de l’exploitation optimale des moyens matériels, techniques et logistiques du Palais. Comme diront les professionnels, c’est véritablement une approche et un accompagnement global qui sont proposés.
M.S.
M. Hassan Chami, Président de la CGEM
Il faut accélérer le rythme des réformes
La Nouvelle Tribune : En tant que patron des patrons, comment appréhendez-vous cette manifestation ?
M. Hassan Chami : Pour nous, toute manifestation qui attire des investisseurs étrangers en vue de développer le Maroc est la bienvenue. Ce forum est une rencontre assez particulière. Nous trouvons des opérateurs économiques venus de tous les continents. L’objectif est de montrer finalement, chaque fois, les réformes que fait le Maroc pour s’aligner sur les standards internationaux en matière d’investissement. Je pense que plus nous répétons ce genre d’événement, dans l’accélération du mouvement des réformes, plus nous pouvons présenter mieux un Maroc capable d’accueillir les investissements étrangers. Certes, dans cette rencontre, il y a un peu la partie généraliste, disons humaniste: celle des effets des investissements sur les civilisations et culture et la partie consacrée à des secteurs qui intéressent particulièrement le Maroc à savoir l’automobile, la délocalisation des services, le textile et dans lesquels le Maroc présente des atouts en matière d’investissement qu’il faut montrer aux investisseurs étrangers.
Au-delà de cette conférence, quel est l’état actuel des investissements étrangers au Maroc?
Il faut dire que l’investissement étranger se porte assez bien dans un contexte international qui est perturbé. Mieux, le Maroc arrive à tirer son épingle du jeu aussi bien sur le plan de l’investissement interne puisque nous avons constaté que la formation du capital brut fixe a augmenté et que le crédit accordé aux projets de développement a également augmenté. Le Maroc est donc sur un bon trend. Ce qu’il faut maintenant c’est ne pas dormir sur ses lauriers mais plutôt continuer à développer l’attractivité du Maroc. Dans ce sens, un pas important a été fait. Toutefois, il reste encore des domaines particuliers tels que l’environnement judiciaire où les réformes n’avancent pas à la vitesse que souhaiteraient les opérateurs économiques. Il est vrai qu’il est toujours difficile de faire changer des structures sociétales. Mais le Maroc s’est engagé résolument dans cette voie et je pense que si nous continuons à développer les mêmes efforts, nous y arriverons.
Quels sont les atouts et les limites de cette attractivité ?
Le principal atout du Maroc est la démocratisation des instances des décisions nationales. En effet, les investisseurs aiment les régions dans lesquelles il y a des prévisibilités possibles, une démocratie qui donne le plus de prévisibilité possible qui n’est autre que la participation de la société civile à la prise de décision. Disons-le, le Maroc est sur cette voie. Certes, tout n’est pas parfait, nous le savons mais il y a des avancées importantes. Aujourd’hui, quand on analyse le système d’accueil des investissements à travers la région MEDA, au sud de la Méditerranée, nous constatons que c’est le Maroc qui développe le plus d’efforts dans tous les domaines. Bien qu’il existe des pays qui sont plus avancés que nous en la matière, peut-être, de croissance économique, ils présentent un système politique qui n’a pas la même fiabilité politique que le système marocain. Cependant, je ne dis pas que tout est parfait dans le système politique marocain mais nous sommes mieux que les autres. Or, dans la concurrence aujourd’hui, il faut prendre tout en compte. Par exemple, si l’on prend le prix de l’énergie pour lequel le Maroc est un peu en retard par rapport à ses concurrents et on prend l’état de la démocratie, la participation de la société civile, la prévisibilité, les conflits sociaux et leur règlement, la prévisibilité des actions judiciaires, nous trouvons que le Maroc a fait un grand pas. Il est indéniable que le Maroc s’est engagé sur cette voie à travers le code du travail, la réglementation des droit de grève ainsi que la réforme de la justice. Nous sommes donc aujourd’hui un pays qui présente dans la région, globalement, le plus d’atouts positifs.
Qu’en est-il du dialogue social ?
Les négociations continuent, dans le cadre de commissions mixtes avec l’administration, pour parler de ces sujets. Nous étudions la loi sur la réglementation et l’organisation du droit de grève qui est en cours d’établissement. Nous nous penchons actuellement sur le décret d’application du code de travail qui nous a été soumis et pour lequel nous avons émis un certain nombre de recommandations patronales. Et nous allons avoir bientôt des réunions pour la concrétisation du projet d’assurance maladie obligatoire en vue d’examiner les problèmes de la retraite. Une réunion de travail devait se tenir, dans ce sens, ces derniers jours. Bref, tous les sujets qui ont fait l’objet de l’accord du 30 avril sont en cours d’exécution.
Propos recueillis
par Mamady Sidibé