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La gouvernance d’entreprise, une problématique de développement pour le Maroc : Dernière partie : Les leviers de la croissance É

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Publier le : January 15, 2004

Il apparaît donc que la Bonne Gouvernance constitue un cheval de bataille commun aux instances gouvernementales et patronales en mesure de défendre la compétitivité et la prospérité de l’Entreprise, moteur du développement de l’économie nationale.
Patronat et Gouvernement devront conjuguer leurs efforts selon un axe législatif, un axe pédagogique, un axe politique :

Axe législatif et réglementaire
La priorité consiste à compléter les dispositifs législatifs et réglementaires, en renforçant leur efficacité. Parmi les actions à programmer,
• Des actions visant la performance de l’entreprise et des marchés de capitaux telles
- L’encouragement à la création de sociétés de rating qui facilitent le recours à l’épargne publique
 Le soutien des associations professionnelles et leur accompagnement dans l’élaboration des Codes déontologiques
• Des actions visant l’efficacité des dispositifs en place :
- La mise à niveau des compétences des organismes de surveillance : le conseil de la concurrence, bien que créé, ne peut se prévaloir d’aucun bilan
- La mise en cohérence des sanctions et des  degrés d’infraction, qui facilitera leur applicabilité et crédibilisera l’arsenal répressif.
- Une coopération plus soutenue entre ces organismes, le fisc et l’appareil judiciaire.

Axe pédagogique
L’axe pédagogique consiste à promouvoir les Principes de Bonne Gouvernance et l’Ethique des affaires à travers :
• La pédagogie par l’exemple en adoptant des comportements citoyens,
• Le comportement équitable de l’Administration à l’égard de l’Entreprise
• L’appui sur l’Entreprise pour relayer la diffusion des principes de Bonne Gouvernance auprès de ses salariés, de ses clients, de ses fournisseurs et de la communauté
• Le co-développement entre l’Entreprise et ses Partenaires
• Axe politique
L’axe politique vise à restaurer la confiance entre les différents acteurs à travers :
• La diffusion des modèles de réussite basée sur la  bonne Gouvernance
• La dénonciation des faits de corruption
• La discrimination positive à l’égard des Entreprises respectant l’Ethique des affaires
• Des actions concertées entre l’Entreprise et le Gouvernement, dont le fisc constitue le pivot, pour inclure dans la sphère de la Bonne Gouvernance l’ensemble de l’économie. 

Conclusion
Les entreprises marocaines hésitent encore entre deux modèles.
Le premier modèle est corrélé à l’historique des entreprises marocaines. Créées avant l’indépendance par des entrepreneurs français, ces entreprises ont été récupérées par les Grandes Familles marocaines.
Le comportement rationnel du propriétaire consiste alors à sauvegarder et pérenniser le patrimoine ainsi acquis.
Le contexte peu concurrentiel maintenu au service de cet objectif renforce les situations de monopole ou d’oligopoles constitutives de l’économie de rente.
La rigueur de la gestion se dilue dans le contournement de l’Impôt, perçu comme une contrainte sans contre partie.
Dans ce contexte, les ressources humaines qui ont progressivement remplacé les cadres français ont le plus souvent été sélectionnées dans la proche famille du propriétaire, en conformité avec  le critère de  loyauté complétant ce modèle basé sur la trilogie Obéissance, Condescendance, Economie de rente.
Cependant, la mondialisation donne plus de réalité au spectre de la libre concurrence, et met à mal ce mode de management.
Favorisé par le renouvellement de génération des actionnaires, le second modèle impose en réponse la trilogie Compétence/Responsabilité/Création de valeur comme levier de mise à niveau.
Les entreprises marocaines prennent progressivement conscience que leur pérennité dépend de leur capacité à entrer en compétition dans une économie globalisée. Le réflexe de survie leur dicte alors de trouver un positionnement tant par rapport à l’Europe que par rapport à l’Asie.
Pour préserver leurs chances par rapport à des concurrents européens qui pénètreraient leur marché, elles devront  s’aligner sur les standards et la productivité européens. Dans l’incapacité de soutenir la concurrence sur les coûts asiatiques, elles devront faire preuve de créativité et d’innovation.  Contraintes à partager un marché encore étriqué, elles devront trouver des moyens pour l’élargir ou partir à la conquête de nouveaux marchés.
L’entrepreneur devient alors tributaire de la compétence et de l’initiative de ses employés. 
Pour que ce modèle puisse s’imposer, les distorsions de concurrence induites par sa coexistence avec le modèle traditionnel, plus enclin à contourner les contraintes réglementaires et légales, devront être supprimées.
A la confluence des intérêts de l’Entreprise et de l’Etat,   le  modèle de la Bonne Gouvernance réconcilie l’Entrepreneur avec l’Etat.
Modèle d’inclusion associant tous les acteurs de la Société aux bénéfices de la richesse créée par l’Entreprise, il ouvre des perspectives en mesure de renforcer leur cohésion et légitime un programme d’actions concertées en faveur du développement économique, humain, social et sociétal.
Le combat pour la bonne gouvernance devient alors le combat pour le développement.
(Fin)

Ilham Tahri Joutei,
Rachid Belkahia et Ahmed Rahhou



 

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