En dépit d’un potentiel énorme, la filière Textile de Maison reste désorganisée. C’est le constat que les Experts-Consultants ont communiqué durant la rencontre du 7 février au siège de l’Association Marocaine des Industries du Textile et de l’Habillement (Amith). Après les visites effectuées sur le terrain (sites de Berrechid, El Jadida, ...), les Experts-Consulants (Bucci et Cabrini) devant mener les études stratégiques de la filière Textile de Maison de l’Amith, ont dressé la typologie des entreprises, la segmentation du marché et tenté de dégager une méthodologie de travail. Ainsi, il a été constaté que 80% de la production de cette filière sont écoulés sur marché local, malgré l’existence d’un esprit entrepreneurial fort, avec un savant mix du moderne et du traditionnel. Il se dégage de la maison marocaine, notamment au niveau de son salon, une force culturelle énorme, cela doit être lié à l’art culinaire, a signalé M. Roberto Cabrini, Expert-Consultant. Pour exposer l’ébauche de leur méthodologie, ils ont utilisé l’image d’une sorte de commode avec des tiroirs à ouvrir les uns après les autres. Le marché est subdivisé en segments: salons, chambres, bains et cuisines.
Pour conquérir des marchés à l’étranger, il est nécessaire de mettre une touche d’innovations, mais aussi et surtout “Étudier” et “Connaître” ces marchés (en termes de tendances, de styles, de couleurs, de strates, etc), ont noté les experts, insistant sur ces dernières conditions. Dans le haut de gamme, il faut faire quelque chose de nécessairement différent. Il est vrai que les besoins sont clairs, mais il n’est pas évident de les réaliser. En ayant un oeil sur ce qui se passe à l’étranger, on peut se positionner. “S’il est vrai que sur certaines branches, il existe une certaine production, sur celle des Bains, nous n’avons rien vu. Par exemple en Italie, dans le segment des Bains, il se réalise des innovations intéressantes sur tout ce qui concerne les éponges et autres serviettes. Le bain est devenu une salle de confort, chez nous”, ont encore indiqué les Experts.
Établir une compétition synergique
La configuration du marché du Salon se présente ainsi: une forte production sur le bas de gamme, une certaine présence sur la moyenne gamme et seulement quelques niches sur le haut de gamme. La distribution a quelque chose d’incompréhensible, en ce sens que les marges sont très réduites. Sur le marché en général, l’exportation vers le marché des pays arabes, qui représente 50% de l’ensemble, ne doit pas être abandonnée, dans la mesure où, elle a permis à des entrepreneurs de faire des gains importants.
Il existe des problèmes dus notamment à un manque de création, de positionnement de prix... Les solutions ne manquent pas. Pour M. Sagid, Président de la filière, les industriels gagneraient avec un système de distribution organisée. Au Maroc, il se construit en moyenne 200.000 logements par mois, ce qui est un marché important. Mais c’est la désorganisation du marché en général qui a entraîné la désorganisation commerciale. Pour M. Bucci, il faudrait raisonner sur l’esprit district marocain, et bâtir une compétition synergique. Quant à l’originalité des modèles, M. Saad Benmakhlouf, Président du Pôle Relations industrielles et sociales, a proposé l’établissement d’une Charte d’Éthique en concertation avec le consommateur. Cela permettra de construire un véritable label et d’aller de l’avant. Selon M. Pascal Morand, Directeur de l’Institut Français de Mode (IFM), en France, le concept Maison et Objet marche de mieux en mieux, parce qu’il est basé sur un raisonnement, en termes de climat, d’univers. C’est sur ces univers dit-il, qu’il faut fonder le nouveau marketing de cette filière.
Quoi qu’il en soit, vu que la “Maison” est un domaine très important en Europe, où il faudra être présent coûte que coûte. M. Mezouar, Président de l’Amith, a mentionné que Xsara, vient d’ouvrir 15 magasins sur le Textile de Maison dont l’approvisionnement proviendrait de Turquie. Ce qui appelle à réfléchir a-t-il conclu.
Daouda MBaye