Le Royaume du Maroc et les États-Unis d’Amérique sont des alliés de longue date. Après la visite-éclair de M. Colin Powell, Secrétaire d’État Américain, le 03 décembre dernier à Marrakech, cette réalité se confirme davantage. Nous revenons plus en détails sur les points saillants des entrevues de M. Powell durant de ce séjour.
Bref, mais riche. C’est en ces termes que M. Powell a qualifié sa récente visite au Maroc. A l’entendre, on avance aisément que tout lie les deux pays. Reçu pendant une heure par Sa Majesté Le Roi, et durant une demi-heure par le Premier ministre, M. Driss Jettou, à Marrakech, il a aussi fait remarquer l’entretien important -même s’il ne s’y est pas étendu - qu’il a eu longuement avec de jeunes Marocains. Ceci augure-t-il d’un engagement plus soutenu dans le futur? D’aucuns l’ont supposé, car les jeunes d’aujourd’hui ne sont-ils pas les adultes de demain? Survenue après les événements malheureux du 16 mai 2003, la rencontre avait donc un cachet particulier. Toutefois, cela n’a pas écarté les autres volets de l’actualité de l’heure. Ainsi, avec la méticulosité qu’on lui connaît, le Secrétaire d’État Américain a abordé les différents chapitres. Rappelant les relations pluriséculaires qui lient les deux pays, et soutenant que les fondements de leurs relations remontent à la naissance des USA, M. Colin Powell a déclaré qu’il se sent en terre amie chaque fois qu’il vient au Maroc. Le soutien américain, sous la forme d’un partenariat fécond a été alors clairement indiqué. «Plus que jamais, le moment est venu de lutter de concert contre l’obscurantisme, car nous sommes unis dans la tragédie (16/5) et permettre aux sociétés des deux États d’aller de l’avant», a dit, en substance, M. Powell. Les USA saluent et soutiennent les avancées du Royaume grâce aux réformes courageuses entreprises, notamment avec des élections parlementaires et locales réussies, voyant même l’élection de la première dame Présidente de Commune, la réforme de la Moudouwana, sont souvent citées en exemple par M. Bush dans ses interventions, a-t-il renchéri. En définitive, la coopération économique multisectorielle sera quadruplée, tandis que l’assistance militaire sera doublée. Quant à l’Accord de Libre-Echange, il faut s’attendre à sa conclusion d’ici la fin de l’année. Que les réticents de tous bords se rassurent, car de l’avis de l’illustre hôte du Pays, les USA feront preuve d’une grande attention à l’extrême sensibilité marocaine au volet agricole.
A la page des points chauds de l’heure, M. Powell a insisté sur l’inexistence d’aucun nuage entre les vues marocaines et américaines. Relativement au conflit du Moyen-Orient, il a souligné que nous partageons la même vision d’une résolution érigeant deux États vivant côte à côte en paix et dans la démocratie, et magnifié les efforts de Sa Majesté le Roi pour appuyer la feuille de route.
Quant aux lendemains de la guerre en Irak, il a été on ne peut plus clair, précisant que notre objectif est le même, c’est-à-dire rendre l’Irak aux Irakiens le plus tôt possible. Enfin, à propos des provinces du Sahara, le Secrétaire d’État a précisé que les USA ne cherchent nullement à imposer une solution, et aimeraient que les parties trouvent un accord.
D. MB.