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Pour une stratégie du secteur semencier

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Publier le : November 6, 2003

L’utilisation des semences certifiées issues de variétés productives constitue un facteur essentiel pour atteindre une productivité élevée en agriculture.
C’est grâce à la semence sélectionnée que le monde arrive actuellement à faire face aux besoins alimentaires de la population.
Au Maroc, l’utilisation de la bonne semence fait partie de la tradition de nos agriculteurs. A défaut de sa disponibilité  ou parfois de sa coût, l’agriculteur échange sa semence  avec celle des voisins pour éviter les faits indésirables.
Dans un passé récent, le Maroc était l’un des principaux fournisseurs de l’Europe  en semences sélectionnées. Les sociétés privées s’activaient dans ce domaine allant jusqu’à exporter la semence vers d’autres pays   du pourtour Méditerranéen.
Durant  les décennies 70 et 80, le secteur semencier, du moins pour les céréales, principale spéculation, a profité d’une intervention massive de l’Etat, qui a fait progresser substantiellement la production nationale de semences des céréales.
Avec la libéralisation  du secteur agricole vers la fin des années 80, on a  constaté un retour sur la scène  du secteur privé. 
Ce retour vécu par enthousiasme, n’était que de courte durée ; la libéralisation annoncée depuis presque 15 ans n’a pas encore  atteint les résultats escomptés, le secteur semencier commence à connaître ces dernières années une stagnation, voire même un déclin.
Les conséquences de cette politique n’ont été que négatives et génératrices de difficultés pour le secteur qui souffre actuellement et vit des problèmes.
Sur le plan économique, la filière semencière, notamment céréalière est dans une situation de déficit qui ne tranquillise pas les sociétés et encore moins les  nouveaux investisseurs.
Aujourd’hui, alors que nous sommes en pleine campagne agricole, qui s’annonce favorablement avec les dernières chutes bénéfiques de pluies, les semenciers manquent de visibilité, s’interrogent, posent des questions et ne trouvent pas de réponse.
Les efforts considérables ont été fournis pour produire les semences certifiées des céréales qui occupent 70% de la superficie agricole utile, et on sait très bien que ces semences sont déterminantes pour atteindre des rendements stables même en années difficiles, et on sait aussi que ces semences n’atteignent que 10% de nos besoins. La logique veut que l’on se mobilise pour utiliser au moins ce qui est produit.
Parmi les mesures préconisées par les pouvoirs publics pour développer cette utilisation, il y a le soutien et la subvention pour atténuer les charges de l’agriculteur. L’Etat s’est engagé officiellement à consentir des efforts dans ce sens. Malheureusement ce soutien n’est pas régulier et reste soumis à des procédures administratives très longues. C’est le cas de cette année. Les utilisateurs des semences céréalières attendent toujours l’apparition de la subvention.
Autre cas qui affecte le début de cette campagne et celui des semences de la pomme de terre. Nous sommes juste à la veille de leurs importation, les semenciers qui ont l’habitude de connaître à l’avance les droits de douane ne sont pas encore fixés à ce jour pour engager leur programme d’importation. Cette situation de paralysie et de manque de visibilité aura certainement des répercussions négatives sur l’approvisionnement du pays en cette catégorie de semences.
Face à cette situation qui affecte le secteur semencier et au moment ou les défis de la mondialisation sont lancés et les mécanismes du libre échange se mettent en place, le Maroc est acculé plus que jamais à prendre d’urgence les mesures nécessaires pour concrétiser ses orientations économiques annoncées depuis les années 80, et ce par la création d’un environnement favorable à l’investissement et à l’émergence d’une stratégie semencière.

Mohamed Saïdi
Directeur de l’AMSP



 

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