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Auteur : Publier le : October 23, 2003
Les marchés du Royaume Uni et de l’Irlande, constituent le deuxième émetteur de touristes au monde après l’Allemagne, avec une forte concentration au niveau de la distribution. Ce sont près de 60 millions de voyages effectués en 2002 au départ de la Grande Bretagne. Il s’agit, en effet, d’un chiffre considérable où les parts du Maroc demeurent très limitées, voire nulles. Avec seulement 160 000 visiteurs britanniques qui ont foulé le sol marocain en 2002, le Maroc ne peut guère se targuer d’une présence conséquente sur ce marché et demeure de ce fait considéré comme une destination de niche. D’où l’intérêt que portent les responsables de l’ONMT au marché britannique, conscients de son importance pour le développement du tourisme national. «Nous pensons réellement que le marché britannique constitue un formidable réservoir de croissance pour notre tourisme», dixit Mme Fathia Bennis, Directeur Général de l’Office. De ce fait, une journée d’études a été organisée à Casablanca pour réfléchir sur les moyens de conquérir ce marché à la base des résultats de l’étude effectuée par IPK. Une initiative à mettre au crédit de l’ONMT, puisque c’est la première fois que l’Office, consacre un budget pour de pareilles études. Ce qui permet d’établir des stratégies objectives établies sur la base de données chiffrées. Organisée à la veille du «World travel Market», rendez-vous incontournable réservé aux professionnels du Tourisme, ce salon, dont la vocation internationale ne fait que se confirmer, est devenu le lieu de rencontre annuelle réunissant clients et décideurs avec les fournisseurs de la profession touristique du monde entier en une journée d’études .Cette manifestation s’inscrit, selon Mme F. Bennis dans la perspective d’un nouvel esprit de partenariat avec les professionnels. «Ce séminaire entre dans le cadre de la tradition que nous tentons d’instaurer, et qui consiste à partager, à la veille de chaque grand salon, avec les professionnels du Tourisme, la stratégie de promotion que nous menons sur ce marché et les informations dont nous disposons». En effet, si la présence du Maroc sur le marché britannique demeure limitée, c’est en partie à cause de la stratégie qui y a été déployée. Visant une segmentation élitaire, composée essentiellement de joueurs de Golf, de clients de thalassothérapie , cette stratégie a d’une part l’avantage d’avoir préservé le Maroc de «l’extrême sensibilité de ce marché face à la conjoncture économique et politique internationale», mais d’un autre côté elle est défaillante parce qu’elle prive la destination (Maroc) du potentiel que recèle ce marché, en particulier en terme de population des jeunes. Aussi un choix s’impose-t-il. Devons-nous continuer à viser un tourisme d’élite à forte valeur ajoutée, mais inefficace en terme quantitatif pour drainer une croissance conséquente, car ces segments constituent une frange marginale du marché britannique ; ou au contraire cibler un tourisme de masse comme ont fait nos voisins espagnols et tunisiens qui ont vu leur parts sur le marché évoluer d’une manière phénoménale? La deuxième option semble plus pertinente puisque le potentiel de croissance du marché britannique réside dans la classe moyenne qui représente près des 3/4 des départs britanniques vers l’étranger. Dans cette optique l’élimination des intermédiaires réduit le coût de packages. D’où l’intérêt de développer le e-commerce (call centers, internet, vente on line...). Pour Mme Bennis, il est temps de se concentrer sur le tourisme de masse, en misant sur une offre balnéaire massive. D’où la nécessité d’une stratégie à moyen et long terme à même de conquérir ce marché. Pour ce faire, la RAM et l’ONMT, ont décidé de conjuguer leurs efforts avec ceux des professionnels pour réduire les défaillances de la destination Maroc et valoriser ses atouts. En effet, l’étude IPK révèle un certain nombre de défaillances qui empêchent le produit Maroc de se développer sur le marché britannique. Le produit balnéaire destiné à un tourisme de masse ciblant une population âgée de 30 à 45 ans demeure encore faible. Les liens aériens directs sur les pôles touristiques sont également assez réduits, tout comme les taxes et charges aéroportuaires ainsi que le nombre des taxes hôtelières qui demeurent élevés, selon les TO anglais par rapport à ce qui est appliqué dans les destinations concurrentes. Il a également été constaté un faible taux de retour faible des raisons dues tant au produit qu’aux problèmes socioculturels. «Les touristes sont parfois agacés de voir les Marocains s’obstiner à tout faire à la française. D’ailleurs, la langue représente un handicap majeur pour le développement de ce marché.» explique M. Ali Kasmi, délégué de l’ONMT pour le Royaume Uni. En outre, le manque d’animation et la qualité du transport terrestre peu adapté aux attentes des touristes britanniques, (qui voyagent individuellement,) figurent également parmi les obstacles qui affectent le développement de la destination. De surcroît, le foreign Office a placé le Maroc dans la liste des destinations a très haut risque après la guerre en Irak et les événements du 16 mai. Par ailleurs, les représentants de l’ONMT, estiment que la faiblesse et l’inconsistance des budgets publicitaires alloués à ce marché sont aussi des freins pour une meilleure pénétration de marché. «Si nous arrivons à réaliser de bonnes performances sur le marché français, c’est parce que nous disposons d’un budget notable pour la France, tandis que notre budget pour l’Angleterre demeure très limité. Notre budget de communication sur ce marché est de l’ordre de 1,5 million de pounds au moment où il est de 4,5 millions de pounds en Egypte et de 3,5 millions de pounds en Grèce. D’ailleurs le budget global accordé à l’ONMT ne dépasse guère 350 millions de Dhs, qui ont été rallongés de 20 millions à la suite des événements du 16 mai. Ce qui demeure très peu, eu égard aux ambitions», rappelle le Directeur Général de l’Office. Par ailleurs, le Maroc compte certains avantages qu’il faudrait mettre en valeur, en vue de grignoter des parts de marché sur le créneau de masse par le biais de l’implication des grands T.O britanniques. A ce titre, le Maroc est seulement à 3h00 de vol de Londres. Il dispose d’un paysage extraordinaire et d’un climat ensoleillé pendant une bonne partie de l’année. Il a en plus une civilisation ancestrale et une architecture des plus belles au monde. Le plan azur représente, par ailleurs, une solution pour le problème de la limite du produit balnéaire. «Tout comme l’implication du secteur privé dans le projet plan Azur est un signe majeur qui représente un élan extraordinaire et qui augure d’une volonté de faire du secteur du tourisme une priorité de développement socio-économique», explique M. Kasmi. Les investissements étrangers dans l’infrastructure hôtelière représentent également un point positif pour le Maroc. En somme pour atteindre un taux de pénétration intéressant, il faut d’abord un bon produit, une bonne promotion et une véritable implication des promoteurs. «Notre challenge consisterait a être en mesure de connaître ce que nous allons vendre dans un an et demi, voire dans deux ans.» L.O.
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