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Austérité et Investissement font-ils bon ménage ? Projet de Loi de Finances 2004

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Publier le : October 2, 2003

Le projet de loi de finances 2004, que le gouvernement vient d’adopter et qui sera présenté ultérieurement au Parlement risque de soulever de vifs débats. Au moment où des voix s’élèvent pour soutenir une relance par la consommation, un investissement massif (loin des ces quelque 19 milliards d’investissements directs), donc par un déficit budgétaire, la mouture s’attache à maintenir les équilibres macro-économiques, à maintenir le déficit budgétaire autour de 3% (qui sous-entend la compression des dépenses de fonctionnement), mais aussi à encourager l’investissement et dynamiser l’habitat social- ce qui pourtant, à première vue, paraît un peu paradoxal. De plus, une interrogation revient sans cesse dans le discours des analystes concernant la hauteur des hypothèses retenues dans ce projet et qui sont relatives au prix du baril de pétrole qui, rappelons le, a fait un bond après la réduction, annoncée récemment, de la production des membres de l’OPEP de 900 millions de barils. Aussi, face aux réductions des recettes dues à un allégement de la fiscalité, il sera opposé l’accroissement des dépenses induites au dialogue social. En effet, la Loi de Finances 2004, si elle est adoptée dans sa mouture actuelle, prévoit d’une part de nombreuses incitations fiscales (baisse de l’IGR, de la TVA), visant l’attractivité des investissements, la mise à niveau des entreprises, la mise en place d’un fonds de garantie pour soutenir les personnes à faible revenu afin d’acquérir un logement. D’autre part, les analystes s’attendent à ce que les retombées des accords sociaux du 30 avril dernier, entre le Gouvernement, le patronat représenté par la Confédération Générale des Entreprises Marocaines (CGEM) et les syndicats vont grever les recettes du budget 2004. Il est vrai que dans l’escarcelle de l’Etat atterrissent les fonds ponctuels de privatisation (Régie des Tabacs par Altadis), ou des taxes sur la consommation de tabac à créer. Allez savoir!
Moins de
 pression fiscale
Quoi qu’il en soit la volonté de réduction de la pression fiscale, notamment par l’Impôt Général sur le Revenu (IGR), transparaît incontestablement  dans ce projet. D’aucuns y voient l’empreinte des institutions internationales qui n’ont pas cessé de la réclamer afin de stimuler la demande intérieure, encourager l’investissement et lutter efficacement contre le chômage. D’autres secteurs à fort potentiel de développement comme le tourisme doivent bénéficier de la réforme de la fiscalité locale, avec l’exonération totale de plusieurs impôts locaux, conformément aux engagements du contrat-programme. Pour rappel, le Comité Stratégique du Tourisme, qui réunit des représentants des ministères de l’Intérieur, des Finances et de la Privatisation, de l’Équipement et du Transport, et du Tourisme, s’était déjà réuni le 5 août dernier, dans ce sens là.
N’empêche que tout le monde s’accorde à avancer que pour résorber le chômage et atteindre un taux de croissance acceptable, il faut amener l’investissement à 27% du PIB. Certes le projet de Loi de Finances 2004 fait allusion à l’investissement indirect  par le biais d’institutions telles que le Fonds de Développement Hassan II. Mais permettront-elles d’atteindre ce taux d’investissement ?

D. MB.



 

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