Une étape décisive dans la mise à niveau des entreprises a été franchie le 18 juillet dernier à Casablanca. Avec l’inauguration officielle du Centre de Promotion de la Mise à Niveau à Casablanca (CPMAN), fruit d’un partenariat exemplaire entre le Privé, l’État et la GTZ (assistance technique et financière) les moyens de soutien et d’accompagnement de la Mise à Niveau (MAN) des entreprises de Casablanca se concrétisent. il y a eu beaucoup de débats autour du concept de MAN, avant que ne soient érigées des réalisations. Aujourd’hui, pour entrer de plain-pied dans l’ère de la globalisation, les entreprises disposent, en ce centre, d’un interlocuteur et de moyens pour les guider vers une modernisation susceptible de rendre leur outil de production compétitif. En un mot, malgré l’édition du guide de MAN, certaines entreprises ne savaient plus à quel saint se vouer, cette période est maintenant révolue.
Différentes personnalités ont marqué de leur présence cette ouverture officielle. Dans son allocution, M. Hjiej a déclaré que le centre, qui est le premier d’une liste de centres régionaux, sera en quelque sorte un guichet unique régional. Il sera connu des opérateurs et sera à même de répondre à toutes les interrogations sur les démarches à suivre, a-t-il précisé avant de faire appel aux entreprises de la région de Casablanca, pour bénéficier pleinement des compétences et des moyens du Centre. A sa suite, M. El Mossadeq, Ministre de la mise à niveau, a d’abord fait le constat du travail effectué dans le cadre d’un partenariat public privé (PPP) fructueux (un ensemble de mesures déjà mises au point), avant d’annoncer d’autres mesures à la rentrée pour permettre à l’entreprise marocaine de travailler dans un cadre compétitif. Enfin, il a surtout insisté sur une pérennisation de la compétitivité des entreprises indépendamment des échéances 2010 ou autre 2020 relatives respectivement aux accords de l’Union Européenne et des Etats-Unis. A sa suite, M. Hassan Chami, Président de la CGEM, a mentionné qu’un pas important a été franchi et a mis en exergue le caractère permanent et non circonstanciel de l’effort de MAN. De son avis, le CPMAN réconforte, car il faut donner vie aux mesures.
Les autres intervenants, notamment M. Bousselham, Secrétaire Général du ministère du Commerce de l’industrie et des télécommunications ont magnifié le PPP, salué la coopération avec l’Allemagne et tous les partenaires pour la dynamisation du processus de modernisation des entreprises marocaines. Il a en outre signalé que: «les centres tels que le CPMAN sont des relais régionaux à l’ANPME, des espaces d’échanges d’informations, et ont pour rôle de piloter et d’animer la MAN. M. Roland Mauch, Ambassadeur de la République d’Allemagne au Maroc s’est félicité de l’accomplissement d’une étape importante de la MAN. L’appui apporté par son pays s’inscrit (contribution de 25% de l’Allemagne au Fonds de MAN- FOMAN), dit-il dans la pérennité des objectifs communs. Il n’a pas terminé l’allocution sans appeler l’engagement des différentes parties au succès du CPMAN.
D. MB.
Ils ont dit
M. Abderrazak El Mossadeq, ministre des Affaires économiques, des affaires générales et de la mise à niveau de l’économie: La balle n’est pas seulement dans le camp des entreprises, mais de tout le monde. Ce n’est pas parce qu’un travail est bouclé que tout est fait, parce qu’il est facile d’investir mais plus difficile de faire tourner la machine. Pour cela, nous sommes tous responsables. Ce qui mérite d’être souligné, c’est la symbiose dans laquelle nous avons travaillé depuis le début. Le partenariat, et l’esprit participatif, qui est toujours là, est notable. Maintenant le secteur privé à travers ses associations, surtout la CGEM, se prend en charge pour être ce relais, ce qui est réconfortant. Tout cela nous incite à l’optimisme.
M. Jörn Bousselmi, Directeur de la Chambre Allemande du Commerce et d’Industrie de Casablanca: nous espérons que le processus de mise à niveau va aller de l’avant. Aujourd’hui, les fonds sont disponibles, il y a certes un manque d’informations qui persiste encore. Maintenant, il faut informer davantage les entreprises et aller vers elles. Si cela se fait, alors cela se débloquera, sinon ce sera un centre qui centralisera ses propres informations sans utilité aucune pour le tissu économique. Mais il ne faut pas perdre de vue que les entreprises se doivent d’être actives, en se dirigeant vers le centre pour s’informer, et car il ne s’agit pas d’un cadeau qui leur est donné. Il n’y a jamais assez de moyens, chacun doit œuvrer pour avancer. La synergie entre les différentes parties est nécessaire. L’inauguration de ce centre n’est qu’un démarrage qui, je l’espère, va arriver à une mise à niveau réelle, à une amélioration de la compétitivité. Il n’y a pas un niveau à atteindre, mais c’est un processus continuel.
M. Romand Mauch, Ambassadeur d’Allemagne au Maroc: Pour que les entreprises se mettent à niveau, il est nécessaire que la CGEM, les entreprises et l’État soutiennent activement ce centre. Après avoir établi cette base que je crois assez solide, nous nous attendons que ce soit un très bon point de départ. C’est un des rares projets au monde que mon gouvernement a financé et pour lequel nous n’opérons pas avec une agence étatique, mais avec les associations privées. C’est très encourageant.
M. Hassan Chami, Président de la CGEM: Les entreprises ne sont pas frileuses pour se mettre à niveau. La réalité c’est qu’il y a eu beaucoup de débats autour des fonds pour la mise à niveau, aussi bien que sur la mise en place des fonds de garantie, mais ce n’est que très récemment qu’il y a eu des concrétisations. On ne peut donc pas encore juger de la célérité d’utilisation de ces fonds par les entreprises. Le FOMAN n’a été créé que la semaine dernière. Les entreprises, qui n’ont pas besoin de l’aide de l’État, ont déjà fait leur mise à niveau. Elles n’ont pas attendu leur mise en place, ce qui n’est pas le cas de celles qui en ont besoin, celles pour qui nous nous sommes battus depuis cinq ans. Depuis cinq ans en effet, on parle, .on rumine des concept auxquels on n’avait pas donné une vie. Cela ne s’est fait que depuis deux ou trois mois. Quant à l’avenir, compte tenu de tous les avantages qui sont octroyés, notamment des crédits au taux de 5%, une assistance technique, nous sommes sûrs que les entreprises se mettront davantage à la mise à niveau.
M. Mohamed Hjiej, Président du CPMAN: Le contact sera animé par les entreprises et les associations professionnelles. Déjà le premier séminaire a réuni une centaine de personnes de différentes entreprises de l’Association Marocaine des Industries du Textile et de l’Habillement (Amith). Il a consisté à expliquer concrètement aux entreprises comment accéder aux moyens de financement existants. On fera des séminaires similaires avec d’autres associations professionnelles dont certaines sont déjà programmées (hôteliers). Pour des contacts plus nourris, un site internet sera opérationnel au retour des vacances en septembre.
M. Mohamed Saïd Tahiri, Directeur du CPMAN: Notre ambition est de travailler en parfaite synergie avec tous les partenaires du Centre, à savoir l’Agence Nationale de la Promotion de la Mise à Niveau, avec l’ANPME, le Ministère du Commerce et de l’Industrie et des Télécommunications, le CRI, les différentes associations professionnelles pour réussir ce pari de combler le déficit informationnel, qui est aujourd’hui manifesté par les entreprises. Grâce au soutien de la GTZ, nous avons une première manne financière (un budget global de 1,5 million de Dhs), qui nous permettra de démarrer notre action et d’avoir une visibilité pendant un certain nombre d’années. Par la suite, nous souhaiterions avoir le soutien de partenaires européens et nationaux, car après tout, la mise à niveau est une problématique nationale qui doit trouver des réponses nationales.