Ces derniers moments, après la guerre en Irak et les attentats du 16 mai à Casablanca, les relations économiques entre les Royaumes du Maroc et de la Grande Bretagne ont accusé le coup, ralentissant sensiblement. Cependant, au cours de la réception commémorant l’anniversaire de Sa Majesté la Reine d’Angleterre, les décideurs et opérateurs présents sur place ont exprimé leur volonté d’aller de l’avant. Celle-ci a été manifestée par plusieurs événements symboliques, notamment la remise du Prix du Consulat Général de Grande Bretagne à Casablanca à la Chambre de Commerce Britannique (CCB) au Maroc, pour ses 80 ans de présence..., et d’actions commerciales (exposition de Jaguar Maroc S.A.). Tous les observateurs présents ont noté la confiance des décideurs et leur volonté pour un regain des relations économiques. Mme Hafdi Nadia, Inspecteur Divisionnaire en chef- Régimes Économiques et Exportations à la Direction Régionale de Casa-port-, a fait remarquer que tous les opérateurs économiques auront plus de sécurité et les contacts noués entre eux seront plus nombreux. Avant de renchérir soulignant que: «Tout se passe dans une atmosphère friendly et hypersoft». En effet, les sourires affichés alors sur tous les visages exprimaient un souffle nouveau certain dans les relations d’affaires.
Les représentants de divers secteurs d’activités économiques (conseils, hydrocarbures, textile, sécurité, ...) ont repris sinon accentué leurs contacts pour asseoir des projets communs.
Au-delà de l’économique, le culturel se fraye son chemin. Depuis son ouverture en septembre dernier le British Council ira croissant dans l’avenir, a noté M. Chris Nelson son Teaching Centre Manager. Cette évolution se fera surtout dans les années à venir dans les classes de langue et le département conseils d’éducation en Grande Bretagne.
Tout ceci augure d’un avenir plus prometteur dans la coopération entre les deux Etats. Et contrairement à certains qui doutent d’une éventuelle dispersion en faveur des américains lorsque l’accord de libre-échange sera effectif, les décideurs croient que les opportunités iront crescendo.
Daouda MBaye
Trois questions à M. Haydon Warren-Gash, Ambassadeur du Royaume de Grande Bretagne à Rabat
La Nouvelle Tribune: Peut-on entrevoir à travers cette rencontre les prémices d’un nouveau départ dans les relations économiques?
M. Warren-Gash: C’est en quelque sorte un nouveau départ. Nos relations sont déjà très bonnes, mais il reste toujours quelque chose à améliorer sachant qu’on peut toujours mieux faire. Au plan politique, les visites de travail sont quasi-hebdomadaires. A titre d’exemple, le ministre des Affaires Étrangères et de la Coopération, M. Benaïssa vient d’effectuer très récemment une visite de travail à Londres. De plus, Mme Nezha Chekrouni, Ministre déléguée auprès des Affaires Étrangères chargée des Marocains Résidant à l’Étranger, en fera de même très prochainement (NDLR: Déjà effectuée). Et ce ne sera pas tout, car le ministre du Tourisme, M. Adil Douiri programme également une visite. Il y a donc une série d’événements qui sont en train de se faire actuellement et qui mettent en relief tout le côté positif de nos relations.
Etes-vous un tant soit peu ébranlé par l’orientation actuelle du Maroc vers les USA?
Tout au contraire. Parce que nous n’acceptons pas qu’il y ait un choix à faire entre les relations avec l’Europe et celles avec les USA. Pour nous les deux sont très importants. Nous appuyons de tous nos vœux les relations des deux parties. Il existe des opportunités pour les deux parties. L’accord de Libre-échange avec les USA est en train d’être négocié et nous nous en réjouissons. Avec l’UE nous allons vers une ouverture complète, les trafics sont en train de diminuer. Il va y avoir des investissements britanniques de plus en plus importants, notamment dans le secteur du textile. Ce n’est pas le seul secteur. Actuellement des centaines d’opérateurs sont préoccupés par le développement des activités économiques dans les deux sens.
Vous nous confirmez que les missions commerciales programmées seront maintenues?
Généralement oui, seulement parfois pour des raisons ponctuelles, elles peuvent être reportées. Notre volonté reste inchangée, c’est-à-dire relever le défi qui se pose à nous.
Propos recueillis par
Daouda MBaye