Raffermir les relations entre les opérateurs de l’espace franco-maghrébin est la tâche de prédilection de la Convention France-Maghreb pour les entreprises. Certains vont même jusqu’à qualifier la manifestation, qui se déroulera cette année les 8 et 9 janvier 2004 à Paris, d’événement-phare. En effet, les objectifs que s’est fixé le Cabinet MRH, qui en est l’initiateur, tournent autour de la facilitation de rencontres entre entreprises et partenaires de leurs projets (des prospects en France et au Maghreb), mais aussi du recrutement de compétences adaptées aux profils recherchés, d’aider à affiner les études de marché, à découvrir de nouvelles opportunités, etc. En un mot, c’est un espace de rencontres entre professionnels des deux entités dans le but d’élargir leur champ d’action. Au Maroc, MRH est représenté par la société ProEx (voir LNT n°327 du 31 octobre 2002) spécialisée dans l’accompagnement des privés à l’exportation. Plus précisément, cet événement qui se tiendra au Palais des Congrès à Paris, au niveau 2 du Hall Maillot, montrera la voie vers de nouvelles stratégies Entreprenariat, de management, d’innovation, et de projets de société, selon les organisateurs. Cette année, ce sont pas moins de 15 grands partenaires, 60 exposants et plus de 3.000 participants et visiteurs professionnels qui sont attendus. Bien entendu tous ceux qui sont à la recherche de partenaires, de prospects, d’informations sur les marchés Maghrébins et Français sont concernés par cette rencontre.
Un forum
Depuis sa création en mai 2002, les principaux acteurs de la convention sont les entrepreneurs, cadres et jeunes diplômés, en ce sens qu’ils doivent réinventer les liens séculaires entre la France et le Maghreb, ont souligné les responsables. Cet espace méditerranéen baptisé «vivre ensemble» gagnant à être valorisé, à être développé et structuré davantage afin de répondre aux multiples défis de la mondialisation, permettra sans doute de défricher de nouvelles stratégies d’entreprenariat, de management, d’innovation, et de projets de société. A travers tout un programme de conférences, de tables rondes transversales, ainsi que des ateliers, on tentera d’atteindre cet objectif. Officiellement, il y aura trois temps forts, d’abord le Salon France-Maghreb, Europe-Maghreb et Francophonie, et Maghreb-Machrek, ensuite pas moins de 17 conférences et tables rondes, ainsi que 20 ateliers et enfin des Trophées thématiques suivis d’une grande visite.
En outre (si cela se confirme), cette année sera l’occasion de créer un mini-sommet France-Maghreb, qui réunirait le Wali de Casablanca, les maires d’Alger et de Paris, de Tunis, et de Tripoli pour essayer de créer plus de synergies.
D. MB.
Trois questions à Mme Mounia Kabbaj, Managing Director

La Nouvelle Tribune: Quel est le rôle que doit jouer ProEx par cette Convention ?
Mme Mounia Kabbaj: Nous sommes chargés de promouvoir la Convention Maghreb auprès des entreprises marocaines. Ceci entre dans nos objectifs car c’est un moyen d’accompagner ces entreprises. Aussi cela peut s’avérer un excellent levier d’être sur place soit pour rechercher d’autres marchés, d’autant plus que c’est doublement intéressant pour le Maroc parce que la Convention accompagne plus de 3.000 partenaires-acheteurs en France. Par ailleurs, parmi nos prospects, il y en a qui ont besoin de partenaires sur les plans financier ou du transfert technologique pour se développer. Ce qu’il ne faut pas perdre de vue c’est que la Convention ne réunit pas que le Maroc et la France, mais aussi l’Algérie, la Tunisie et la Libye, et donc élargit le champ des contacts. N’est-ce pas là une occasion pour rencontrer ses voisins, car hélas, c’est la voie la plus courte. Le démarrage du marché maghrébin est encore timide.
Justement comment améliorer ce ... «vivre ensemble»?
Nous n’avons pas la prétention d’influer sur l’ensemble du Maghreb, dans la mesure où ProEx ne représente la Convention que sur le Maghreb. Nous œuvrons avec notre idée fixe d’accompagner les entreprises marocaines à l’international. Et à travers la Convention nous essayons d’ouvrir réellement un espace de rencontres entre les entreprises marocaines et leurs homologues françaises mais aussi par extension avec celles algériennes, tunisiennes, ou libyennes. Ainsi, nous faisons d’une pierre deux coups. L’effort de restructuration est une œuvre qui concerne tout un pays. En ce qui nous concerne, nous essayons d’apporter notre pierre à l’édifice.
Par rapport aux précédentes conventions, quelle sera le cachet particulier de cette troisième manifestation ?
L’année dernière la Convention a été très profitable et orientée sur l’axe France-Algérie. Cela a permis d’engendrer des partenariats de rouvrir l’espace de dialogue commercial entre ces deux pays, qui a été coupé pendant des années à cause du terrorisme. Dans des secteurs tels que les mines, des partenariats stratégiques ont été noués. Cette année on aimerait mettre l’accent un peu plus sur ce que peuvent offrir les entreprises marocaines. On fait aussi de la Convention un moyen de sauver les vrais besoins de l’entreprise marocaine, en termes de partenariat, de ressources humaines ou financières, de prospection commerciale... En un mot, nous voulons que cette convention réponde parfaitement aux besoins des entreprises, fussent-ils à la carte (implantation, exportation, etc). Par exemple, si des entreprises ont besoin d’un partenariat, on commence tout de suite ce partenariat avec les pays qui vont être ciblés. Nous voudrions que les journées des 7 et 8 janvier prochain soient la concrétisation d’un travail effectué actuellement.
Le plus que nous pensons apporter a trait à la coordination au niveau marocain, la connaissance du tissu industriel marocain, la connaissance a priori des besoins des entreprises exportatrices marocaines. Nous nous focaliserons sur notre réseau de clients, de partenaires, où nous sommes déjà positionnés en tant que conseil.
Propos recueillis par
Daouda MBaye