Le piratage des logiciels professionnels perd du terrain au Maroc. C’est du moins ce que révèle une étude conduite par International Planning and Research (IPR). Cette tendance perçue au Maroc suit le trend au niveau des 84 pays autres pays où la même étude a été réalisée. Suivant les résultats de l’étude, on est passé au Maroc de 61% en 2001 à 58% en 2002, soit un recul de 3 points et des pertes pour l’industrie atteignant 4,5 millions de US $. Au niveau mondial, la baisse a été légère aussi, et le manque à gagner s’est élevé à plus de 13 milliards de US $. Ces quelques chiffres illustrent parfaitement tout le mal que ce fléau fait subir aux économies des pays concernés. M. Samir Bennani, Porte-parole du BSA pour l’Afrique du Nord, a noté que pour en arriver là au Maroc, tout un travail de sape a été mené. Ainsi, des mailings de sensibilisation BSA adressés à plus de 20.000 entreprises, parmi lesquelles plus de 10.000 revendeurs informatiques, des visites au niveau de plus de 2.500 entreprises, mais aussi des campagnes publicitaires, des interventions auprès d’organismes publics, de chambres de commerce et d’associations, ont constitué l’arsenal de mesures prises pour faire reculer le piratage.
Guérir le mal à la racine
Les actions coercitives de la loi n°2-00 du 18 novembre 2000, sur les droits d’auteurs et droits voisins, ainsi que l’implication du Bureau Marocain des Droits d’Auteurs (BMDA) ont grandement influé sur cette chute du piratage, a encore déclaré M. Bennani. La Commission interministérielle pour le contrôle des enregistrements audiovisuels et la lutte contre le piratage a procédé à des contrôles et opéré déjà des saisies. En dehors de ces actions fort louables, il est nécessaire de moraliser l’opinion publique quant au respect des droits de la propriété intellectuelle, recommande-t-on du côté du BSA. Dans tous les cas, les responsables de la lutte contre le piratage table sur 48% voire même 45% d’ici 2005. Par ricochet, avancent-ils, les autres secteurs du monde littéraire et artistique pourront améliorer le taux de piratage et les artistes et autres écrivains seraient fixés sur le sol national et évoluer dans leur carrière.
Mais il ne faut pas perdre de vue qu’un travail colossal reste à accomplir. A titre d’exemple, dans le marché de Derb Ghallef on peut, moyennant un petit pécule, obtenir tout type de logiciel. Est-ce dû à la raréfaction, ou à l’inexistence de logiciels originaux sur le marché? Est-ce le pouvoir du consommateur qui reste trop bas? Y-a-t-il une absence d’une culture de qualité chez les usagers? Autant de questions qui, une fois résolues, pourraient expliquer ces pertes colossales.
Daouda MBaye