«Après six mois de la mise en place du Comité national pour la mise à niveau des entreprises, il faut dire que le résultat est satisfaisant. Il est satisfaisant, d’abord du fait que les différentes Commissions se sont retrouvées tout au long de cette période pour discuter et trouver des compromis et des mesures pour la modernisation du tissu économique marocain mais aussi et surtout du fait que le secteur privé ait accepté de comprendre qu’il y a des raisons qui font que le Gouvernement ne peut prendre actuellement telle ou telle décision.» Cette analyse de M. Abderrazak El Mossadeq, ministre délégué chargé des Affaires économiques et générales et de la mise à niveau de l’économie, résume en tout le climat serein et responsable qui a caractérisé les travaux du Comité. Le ministre s’exprimait ainsi lors de la présentation du premier rapport de ladite Commission lundi dernier et qui est de nature à encourager le processus de compétitivité des établissements du pays. Connu pour son franc-parler, M. El Mossadeq n’a pas fait de détour quant aux mesures arrêtées ou dénichées par la cellule de mise à niveau pour mettre au diapason mondial l’économie nationale. Les responsables des cinq pôles, qui ont eu à travailler sur ce dossier, étaient également présents lors de cette rencontre avec la presse nationale. Il s’agit entre autres de MM. Azzedine Guessous de Pôle macro-économique, Mohammed Lahlou du Pôle entreprise, Adnan Debbagh du Pôle politique sectorielle et de Kamil Benjelloun du Pôle administration. Ils furent rejoints peu après par M. Najib Zerouali, ministre de la modernisation des secteurs publics. «La mise à niveau est un processus dynamique qui doit se décliner sur un plan d’action cohérent, méthodique, pédagogique mais aussi qui doit se caractériser par une démarche participative, globale et pragmatique.» Une réalité qui est aujourd’hui confinée dans le rapport final du Comité de mise à niveau. Un travail de titan qu’a mené le Comité en vue de dégager voies et moyens pour une parfaite modernisation des différents pans de l’économie du Royaume. Pour le Ministre, la mise à niveau de l’économie constitue l’une des priorités principales de la politique gouvernementale visant à garantir un développement économique et social soutenu et durable.
Des mesures «thérapeutiques»
En insistant sur les trois termes globalité, participation et pragmatisme, M. El Mossadeq a voulu faire comprendre aux acteurs de l’économie nationale qu’une croissance n’est possible que lorsque le tissu économique est sain, transparent et à même de lui garantir une compétitivité à l’échelle mondiale. En effet, la mise à niveau suppose une globalité, c’est-à-dire une action qui implique toutes les composantes de l’économie nationale à savoir l’administration, l’entreprise et la société civile ; participation qui se traduit par l’association des différents acteurs économiques dans le choix des solutions pertinentes. La mise à niveau se veut également pragmatique car tout en s’intéressant à la conception d’une vision d’ensemble, elle s’attache à sa construction en mettant en œuvre toute mesure ayant atteint une certaine maturité et donc de nature à consolider cette vision. Parlant des mesures, le Comité en a beaucoup dans son sac. En effet, après six mois de sa création, le résultat est satisfaisant sur toute la ligne tant concernant le bilan qu’au niveau des mesures. Pour faire un état des lieux et aboutir à des mesures concrètes, le Comité a tenu sept réunions de travail et de concertation à l’issue desquelles il est arrivé à proposer et faire adopter une cinquantaine de mesures de mise à niveau touchant aux différents aspects de l’économie nationale. Les différents axes se situent dans un cadre institutionnel, infrastructures d’accueil, mise à niveau de l’entreprise, fiscalité et coûts des facteurs, politique de proximité et simplification des procédures, mise à niveau du capital humain, administration électronique et accès au marché...Un vaste programme thérapeutique de l’économie nationale, s’il est appliqué dans son intégralité comme le recommande le Comité, sera de nature à rendre l’économie marocaine plus agressive dans un contexte de mondialisation. Ce travail a été complété par une autre série de mesures identifiées et qui feront l’objet d’une étude approfondie par le Comité. Cependant, on ne peut s’empêcher de dire que parmi les mesures de mise à niveau identifiées et qui sont en cours d’analyse, la fiscalité et coûts des facteurs restent un enjeu majeur tant pour l’administration publique que pour le secteur privé. Dans l’optique d’un consensus entre les membres des cinq pôles, le Comité propose pour la fiscalité et coût des facteurs une prise en charge de 50 % des charges sociales par les sociétés exportatrices. L’objectif d’une telle mesure est d’encourager les exportations. D’ailleurs, c’est prévu dans la loi des Finances 2004. Mais comme le souligne, en définitive, M. El Mossadeq, la mise à niveau n’est pas seulement un travail d’un jour, d’un mois ou d’une année. C’est un processus continu et irréversible qui doit s’inscrire dans le temps car les outils économiques doivent être perpétuellement compétitifs et modernes pour affronter sans cesse l’évolution des marchés.
M.S.