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Effectuer un saut qualitatif Commerce Extérieur

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Publier le : June 12, 2003

Le commerce extérieur va très certainement réaliser un saut qualitatif tant l’une de ses composantes essentielles connaîtra de profondes mutations. On peut l’affirmer, car la dernière session ordinaire du Conseil National du Commerce Extérieur (CNCE) qui s’est tenue le 4 juin n’a eu d’ordinaire que le nom, tellement l’ordre du jour a été relevé. Très concrètement, il en est ressorti d’une part que l’appel pressant des opérateurs (notamment par leur chef de file M. Hassan Chami) pour une généralisation de l’Échange de données informatiques (EDI) au niveau des ports, au mois de juillet 2003, et d’autre part, un total chamboulement dans l’organisation portuaire, sera entendu.
Après un moment de recueillement (récitation de la fatiha et prières) en hommage aux victimes des attentats du 16 mai dernier à Casablanca, M. Mourad Chérif, Président du CNCE, a ouvert les travaux suivant un ordre du jour adopté par l’Assemblée et comprenant le Rapport du Secrétariat sur les travaux du Conseil (activités du Bureau exécutif, travaux des Commissions et Comités), la synthèse de l’étude initiée par le CNCE relative à la compétitivité du port de Casablanca, et les réformes des ports marocains élucidées par le ministre de l’Équipement. Cette session, qui a été donc marquée par la présence de MM. Mustapha Mechahouri et Karim Ghallab, respectivement ministre du Commerce Extérieur et inistre de l’Équipement et du Transport, a permis de préciser les actions du CNCE (recentrage des travaux), de fixer des échéances pour l’EDI courant juillet 2003, et d’apprendre les profondes mutations au niveau des ports avec la transformation de l’ODEP, annoncée par M. Karim Ghallab. Ce dernier a indiqué, après avoir fait le constat d’une inorganisation handicapante, que les axes de la réforme reposent sur la séparation des fonctions régalienne (Administration du Port), d’autorité et/ou de régulation (Agence Publique Nationale ) et commerciale (Société d’Exploitation des Ports du genre SODEP) au niveau des ports. Ce ne sera pas tout, car la concurrence sera introduite entre les différents trafics au sein d’un même port et entre les différents ports, et enfin, l’unicité de la manutention sera adoptée pour plus d’efficience (plus de rupture de responsabilité bord/terre, les coûts de passage portuaire seront réduits, les délais seront aussi écourtés...). L’Assemblée a alors d’une même voix salué ces réformes.
Dans son intervention M. Mustapha Mechahouri, ministre du Commerce Extérieur, qui n’a pas manqué de rendre un vif hommage à M. Mourad Chérif qui, à la tête du CNCE, fait preuve de clairvoyance de responsabilité et de pragmatisme, a attiré l’attention sur le niveau encore faible du taux de croissance des exportations pour asseoir un développement durable. Il a ensuite déclaré en substance que «Si la balance commerciale au titre de l’année 2002 est globalement stable, avec un taux de couverture de 66%, force est de constater que nos exportations ne parviennent pas à amorcer une croissance soutenue et durable. Pour garantir une balance de paiements équilibrée, un taux de croissance moyen des exportations de l’ordre de 9% est nécessaire». Comparé au taux de croissance actuel de 6%, M. Mechahouri a trouvé qu’il y a un gap à combler et qu’il faut redoubler d’efforts pour développer les exportations. Pour ce faire, il a suggéré quelques orientations (développer le potentiel d’exploration, profiter des accords commerciaux préférentiels, et identifier de nouvelles niches. Enfin, il a souligné le défi de compétitivité, qui interpelle tout le monde et salué les propositions pragmatiques et opérationnelles du CNCE.

D. MB.

Ils ont dit

M. Karim Ghallab, ministre de l’Équipement et des transports : «Nous allons saisir cette opportunité, et faire de cette  session du CNCE un forum d’échanges et de concertation avec les professionnels (opérateurs, agents maritimes...) et présenter notre réforme pour les ports marocains et son intérêt pour l’activité du commerce extérieur. Par la même occasion, nous apprécierons les remarques du CNCE sur cette réforme et les recommandations éventuelles. Il va sans dire que si nous réformons, c’est parce qu’il y a des améliorations et des anticipations à faire.

M. Mourad Chérif, Président du CNCE : «Il est important que la session, même si elle est ordinaire ne soit pas purement de forme, ou de routine. Pour aller de l’avant, il faut mobiliser les énergies, et mettre en avant le côté volontariste des opérateurs. Cette fois-ci, en plus de la session ordinaire, nous avons pris comme thème la réforme portuaire vu l’influence des ports sur le commerce extérieur. On comprend aisément ce militantisme du Privé, car l’une des spécifités du Conseil qui est paritaire, c’est qu’il compte des membres du public et du privé, tous œuvrons dans le même sens. Quoi qu’il en soit, en tant qu’organe consultatif, il va accompagner, suivre, voire catalyser ce que souhaite entreprendre le gouvernement dans le domaine portuaire, comme nous l’avons fait pour l’Échange de Données Informatisées (EDI).

Mme Amina Benkhadra, Directeur Général du BRPM et de l’ONAREP et Présidente du Jury de la 7ème édition des Trophées de l’Exportation : «Le taux de croissance actuelle de 6% de nos exportations comparé au taux de croissance moyen de 9% pour garantir une balance des paiements équilibrée et nécessaire pour un développement économique durable, est un mobile tout à fait normal, pour que toutes les instances concernées par la promotion des exportations œuvrent de manière continue et dans la durée. Il faut rester vigilant, sachant que le monde est en perpétuel changement et que la compétition est féroce. Au Maroc, le gouvernement tout comme le privé doivent être constamment à l’affût de toute opportunité qui se présente. Il s’agit de mener un travail continu et de longue haleine, et ne pas dormir sur ses lauriers.

M. Ahmed Azirar, Conseiller à l’ASMEX et Professeur d’Économie : «Une telle session fait avancer les débats. Le CNCE est en train de se focaliser sur de nouvelles perspectives, d’associer plus d’opérateurs privés et de se concentrer sur des thèmes éminemment importants pour notre commerce extérieur. Le débat auquel nous avons assisté a été d’un très haut niveau. Ainsi, on apprend que la généralisation de l’EDI est maintenant fixée à l’horizon de juillet prochain. La problématique des accords de Libre-échange qui se pose interpellent les opérateurs privés qui de manière responsable attirent l’attention sur les enjeux du volet agricole. Enfin, l’une des questions fondamentales pour l’avenir du pays, à savoir l’organisation portuaire, est posée. Une optimisation de cette organisation aménerait les ports à être facilitateurs et générateurs de valeur ajoutée pour tout le Maroc.

Propos recueillis par
Daouda MBaye



 

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