Le Haut Commissaire au Plan, M. Lahlimi nous annonce, (voir article infra), un taux de croissance de 4,1% en 2010, supérieur donc aux précédentes projections du HCP de l’été dernier. Cette annonce, à laquelle il convient de joindre le taux de croissance du PIB enregistré en 2009 de 5,4%, intervient à un moment de pluviométrie généreuse, qui donne, selon M. Zahoud, le Secrétaire d’Etat en charge de l’Eau, un taux de remplissage des barrages jamais atteint, de plus de 87%. Il est donc juste de dire que cette année encore, la croissance de l’économie marocaine sera fortement impactée par le PIB agricole, alors que tous les prévisionnistes tablent sur une reprise molle, graduelle et relativement faible de la demande extérieure en biens et produits marocains. La résilience de notre économie se confirme donc d’année en année, grâce à des spécificités qui ont pour principales caractéristiques le rôle prépondérant de l’Etat au niveau de l’investissement public (soit 160 milliards de dirhams !), la bonne tenue du secteur primaire grâce aux performances agricoles assurées par la générosité du ciel et la demande intérieure qui ne faiblit pas ou peu, alimentée à la fois par l’esprit consumériste de la population, dont le niveau de vie s’est indéniablement amélioré ces dernières années et les gros efforts de l’Etat consentis en matière de fiscalité directe (baisse de l’IR). Le Maroc, un peu donc à la façon du dicton de Mao tsé Toung, « compte sur ses propres forces » pour aller de l’avant, se développer et améliorer le quotidien des plus nombreux, laquelle perspective n’est pas, très loin s’en faut, encore totalement accomplie. Mais, il n’empêche que la morosité, le pessimisme et les lamentations ne sont pas de mise quand on mesure à la fois les progrès accomplis et les perspectives qui se profilent, étayées par des fondamentaux solides et des appréciations anticipatives responsables.
Voilà pourquoi, pour cette année 2010, il serait souhaitable que le gouvernement engage des initiatives fortes afin de conforter et d’élargir les bases de cette croissance qui, estimée à 4,1% en 2010 rappelons-le, pour satisfaisante qu’elle soit par rapport aux prévisions concernant d’autres pays, ne paraît pas assez forte intrinsèquement pour satisfaire les exigences et les minima en termes de création de richesse additionnelle et d’emplois.
Il s’agirait, notamment, de poursuivre les efforts consentis afin de relever le pouvoir d’achat des plus nombreux, relancer l’investissement privé, national et étranger, garantir la croissance des crédits à l’économie alors que les banques sont, objectivement, en situation de surveillance accrue du risque et donc plus « regardantes »…
C’est donc des signaux forts et des impulsions décisives que notre économie et ses opérateurs réclament, afin de mettre en place une réelle politique de sortie de crise et profiter des embellies conjoncturelles qui perdurent depuis 2006-2007 pour asseoir de façon structurelle le processus de développement national. Aux décideurs donc d’adopter au plus vite cette recommandation d’un économiste de renom, ancien ministre des Finances au bilan des plus positifs, Fathallah Oualalou qui nous a déclaré (voir infra) : « Le Maroc a besoin d’un nouveau vent de réformes ».