Après un long séjour au États Unis, Régis Delène Bartholdi a choisi l’Afrique comme terre d’inspiration et de création, mais aussi comme source de vie. «Lorsque je suis revenu des USA, j’ai eu besoin de me tourner vers une civilisation en harmonie avec elle-même ; New York est une cité où l’homme s’éloigne de l’homme...L’Afrique du nord que j’avais découverte en 1975, me semblait une terre d’élection pour me ressourcer et me réconcilier avec le plus intime de l’art, sa chair et son partage», dixit le peintre. C’est le désert qu’il choisit pour mettre en œuvre son ambition. Il va alors vivre au rythme des nomades, découvrir le Sahara, traverser les tempêtes de sables, entre le Maroc, la Mauritanie et le Niger. C’est un riche parcours, une généreuse nature et une spontanéité chaleureuse qu’il découvre avec ses caravaniers. Il ira au fin fond de ce désert, chercher le savoir. Son travail, se décline aujourd’hui, telle une invitation à découvrir l’empreinte de ceux qui nous ont précédés dans la connaissance. «Tombouctou, Chinguitti où les greniers de Sijilmassa lui offrent généreusement leur intimité où il puise son inspiration d’aujourd’hui.» Son œuvre est évoquée, à travers des anciens manuscrits, les mystères du désert, la beauté de ses sites, la poésie, la sensualité, l’univers des cités caravanières oubliées... Partant, c’est un vocabulaire propre aux gens du désert, Delène Bartholdi, utilise dans ses toiles le matériel, mais aussi le vocabulaire essentiel aux gens du désert. Ce qui explique la présence dans ses toiles de fragments de manuscrits arabes, le mélange de sable, d’huile et de cire. «je veux rendre hommage aux peuples, à ces sociétés, qui à partir des premiers siècles ont acheminé depuis l’Égypte ou la Grèce, les embryons d’une culture qui n’a cessé d’être valorisée. C’est pourquoi dans mes toiles, le thème des traités d’astronomie ou de mathématiques, du droit et des contrats sociaux est souvent abordé.», déclare régis Delène Bartholdi. «Ces manuscrits révélés des sables sont autant de graines ou de racines qui ont permis de construire nos cultures avec intelligence.»Son travail, qui depuis 20 ans, utilise le papier comme résonance sensible et métaphore de vie en regard d’homme, aujourd’hui voit son évolution au travers des manuscrits des cités caravanières ressuscitées de leur sommeil.» Partant, l’artiste peintre évoque, le thème de l’écoulement du temps. Selon Régis Delène Bartholdi, «Mémoires de sable», peut se lire de deux manières. «l’une se fait naturellement dans la dimension esthétique pure, l’autre à laquelle je suis attaché est la référence à l’histoire que racontent ces documents.»
En somme, Delène Bartholdi fait revivre dans ses toiles des manuscrits tels des graines de sables qu’il fait exprimer, pour les revaloriser en les arrachant de l’oubli où ils sont enfouis par la force de l’écoulement du temps. Chose que vous pouvez déceler en visitant «mémoires de sable» de Régis Delène Bartholdi, un peintre à découvrir.
L.O.