| | Articles » Lire, Voir, Entendre | | Peinture : Kim Bennani, au nom du fils |
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Auteur : Publier le : June 30, 2005
Né en 1972 à Tétouan dans l’atelier de son père, Mohamed Bennani dit Moa, Kim a baigné dans la peinture dès le plus jeune âge. Contrairement à ses deux frères élevés dans la même atmosphère, Kim sera le seul à suivre la voie paternelle. “ Pourtant, j’aimais beaucoup la musique et j’aurais pu devenir musicien mais la peinture devait être tapie dans mes gènes” dit-il. A l’heure des choix, l’appel de l’atelier, de ses odeurs et des couleurs l’emporte. Il sera peintre et la musique restera son jardin secret. Avec grande simplicité, il admet que l’héritage paternel l’a beaucoup aidé. “ Aujourd’hui encore, nous discutons toujours de nos travaux respectifs ” dit-il. Mais comme toute médaille a un revers et il s’est aussi forcé à s’éloigner de la peinture du père, à ne pas lui ressembler. Ce n’est donc pas un hasard si Moa s’est engagé très loin dans l’abstrait et Kim dans le figuratif. Ses premières toiles sont des portraits classiques mais après une période hyper réaliste, l’artiste aspire à plus de liberté et moins de contraintes académiques pures et dures. C’est d’ailleurs en dessinant ses portraits que Kim apprend à poser son regard plus loin, sur le paysage présent derrière chaque sujet. Pour lui, portraits et paysages sont intimement liés et l’exposition actuelle reflète parfaitement cette connivence. D’une part, des portraits tellement vivants qu’ils irradient l’observateur et le précipitent dans les tréfonds de l’âme du sujet pictural. D’autre part, des paysages d’une “ zénitude ” incommensurable dont la réalité n’est pas absente. “ Je n’ai pas envie d’éliminer complètement l’image, de me défaire de mon côté réaliste ” déclare-t-il. A la recherche de sa propre identité, ce jeune artiste aspire au juste milieu, la nouvelle figuration comme il la nomme ou l’expressionnisme. Techniquement, Kim explore inlassablement des chemins de traverse pour conjurer la monotonie et donner toujours plus d’intérêt à la réalité. Tel un enfant en quête d’expériences et de nouveautés, il s’amuse avec les matériaux. Papier, sable ou terre se retrouvent dans ses tableaux. Il mélange l’ “ inmélangeable ” en peignant à l’eau sur l’huile peint avec du café ou provoque tout simplement l’accident pour le plaisir de peindre et de faire évoluer son art. FDD
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