| | Articles » Lire, Voir, Entendre | | Peinture contemporaine : “Cultiver en soi des graines universelles” |
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Auteur : Publier le : June 23, 2005
Tout a commencé comme un jeu d’enfant pour M’Barek Bouhchichi. Dessiner et peindre pour s’évader d’une enfance ardue. “C’est difficile d’être né berbère dans le sud, le futur n’est pas vraiment teinté d’espoir” explique-t-il. Avec le temps, traduire la beauté environnante par la peinture est devenu une véritable obsession pour ce peintre. Après un Bac en arts plastiques au Lycée des Orangers à Rabat, il poursuit sa formation au Centre Pédagogique Régional et devient ensuite enseignant à Lakhssas, un petit village au sud de Tiznit. Il lit énormément et surfe inlassablement sur Internet. Il se découvre ainsi une passion pour Mark Rothko, Thornley, Basquiat et quelques peintres français des années 50 à 70 qui échappent à l’académisme. Sa rencontre avec Cascade, plasticien français, le conduit dans l’hexagone en 2003 et, pour la première fois, sa connaissance virtuelle se confronte à la réalité. Suite à une exposition de Nicolas de Staël, il se sent “atteint par le virus” et décide d’apprivoiser le grand format. De figurative avec des individus se métamorphosant en chiffres ou en codes barres, sa peinture devient de plus en plus abstraite. Vocabulaire et alphabet picturaux s’internationalisent, les formes et les couleurs changent. Ces dernières à base de pigments locaux sont souvent ternes. En 2004, lauréat d’un concours, cet ermite accepte d’exposer individuellement et de se frotter au public. Cette première est un succès. “J’ai vu les autres fouiller mon armoire secrète, ce fut très dur mais aussi très porteur” explique-t-il. Depuis lors, “je regarde un lien très fort avec les acquéreurs de mes toiles”. A partir de là, l’artiste travaille énormément et d’autres expositions individuelles et collectives s’enchaînent. Bouhchichi irradie la force et la sérénité. Il se définit comme un palmier qui grandit en osmose avec son environnement. “Je veux marcher avec la société et suivre son rythme” mais il tempère ses dires par “ma propre cadence me permet aussi de poser un regard différent sur l’espace”. La transparence des diverses couches et la tridimensionnalité de ses toiles renvoient justement à cet espace. Cette envie de peindre dans le vide s’exprime dans un système compositionnel innovant, proche de la transgression. Alors que le vide occupe généralement la partie supérieure d’un tableau, la vacance se situe dans le bas des compositions de Bouhchichi. Profitez donc du Festival Gnaoua d’Essaouira (Bastion Bab Marrakech), qui débute aujourd’hui, pour découvrir ou redécouvrir cet artiste prometteur, symbole d’un nouveau Maroc. FDD
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