La responsabilité d’un fabricant d’armes est mise en question suite à un fait divers tragique au cours duquel douze personnes ont été assassinées par un tueur fou à La Nouvelle-Orléans. L’influence du puissant lobby des armes n’est qu’accessoire dans ce film. Par contre, le fonctionnement du jury et son rôle dans la procédure pénale sont mis en exergue. En effet, le système d’un jury populaire et souverain est la clé de voûte du système judiciaire américain. “ Le Maître du jeu ” nous plonge dans les méandres de la manipulation de ces jurés au cours d’un procès médiatique aux enjeux financiers importants. Décidé à gagner la bataille juridique, l’avocat de la plaignante, Wendell Rohr (Dustin Hoffman) est un homme honnête et généreux. Face à lui, le défenseur de l’armurier Vicksburg n’est qu’un pantin entre les mains de Rankin Fitch (Gene Hackman), un “ consultant en jury ” impitoyable pour qui la fin justifie les moyens. Ce dernier manipule sans scrupule les membres du jury sauf un -Nick Easter (John Cusack)- alors qu’une femme mystérieuse (Rachel Weisz) le fait chanter. Ne tire donc pas les ficelles des marionnettes celui qui le croyait !
Cette intrigue haletante sans temps mort offre un excellent divertissement. Certes classique, le scénario est très bien huilé et redoutablement efficace. Les prises de vue sont saisissantes, rapides et réalistes. Fidèles à eux-mêmes, les acteurs sont épatants de justesse. Le face-à-face dans les toilettes du tribunal entre les deux géants du cinéma que sont Hoffman, le juste et Hackman, le parfait salaud, exhale un parfum de rencontre mythique. Cusack, quant à lui, dégage un formidable charisme dans son rôle équivoque.
Il est exact que les méchants sont très méchants et les gentils vraiment très gentils…, mais cela fonctionne tellement bien !
FDD