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Recherche universitaire : Le combat de la femme guinéenne

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Publier le : June 2, 2005

La soutenance de Mademoiselle Sylla Yalika  (fille de l'actuel Ambassadeur de la République de Guinée à Rabat), le 20 mai dernier, pour l'obtention de son Diplôme d'Études Supérieures Approfondies serait passée inaperçue n'eut été son caractère spécifique ayant trait à la condition féminine en Guinée. Un chantier où, d'ailleurs, le Maroc est aujourd'hui cité comme un exemple à suivre notamment depuis la création du nouveau code de la famille mais aussi des centres d'insertion des femmes, la création de tribunaux spéciaux ou encore des instances pour la protection des enfants. Autant d'initiatives qui ont certainement motivé notre étudiante en fin de cycle de formation à l'Université Mohammed V Souissi-Rabat, Département de didactique des langues UFR Communication, Expression et Ingénierie de la Formation, pour faire un état des lieux dans son pays natal qu'est la République de Guinée. Une recherche qui s'est avérée fructueuse puisque Sylla Yalika a obtenu du jury une note satisfaisante de 16/20 avec félicitations. Intitulé "Abus sexuels, violences à l'égard de la femme et des enfants : communication, information et éducation", ce travail est venu à point nommé pour interpeller les autorités guinéennes sur des pratiques en voie de disparitions dans d'autres pays. Elle le dit bien en toute humilité et toute vérité. Dans son préambule, on peut lire ceci : "le Phénomène de violence à l'égard des femmes et des enfants est le lot quotidien de toutes les sociétés, et les victimes se retrouvent dans toutes les catégories sociales. En Guinée, la violence est devenue un sujet d'actualité parce que suscitant, en matière de santé, une préoccupation majeure. En effet, la violence représente l'obstacle fondamental à la réalisation des objectifs d'égalité, de développement, du respect des droits, de la dignité et de l'intégrité physique des femmes et des enfants. Protégeons nos femmes, protégeons nos enfants." Cette problématique sera au centre de toute la recherche. Encadrée par le professeur Rachid Belhaj Saïf,  Sylla Yalika a affronté toutes les difficultés, des chiffres à l'appui, pour étayer ses arguments. Dans ce contexte, dit-elle, "Les causes de l'exploitation sexuelle des enfants sont multiples et inter corrélées. La pauvreté est souvent considérée comme un des facteurs les plus déterminants de l'exploitation sexuelle des enfants dans la mesure où elle pousse les famille à adopter des comportements à risque pour les enfants, en même temps qu'elle marginalise leur accès aux services sociaux essentiels." Une situation inquiétante quand on sait que la pornographie enfantine se développe considérablement en raison des technologies et des moyens de communication modernes. Si l'on ajoute à ces facteurs les conflits, tant internes qu'internationaux, et qui frappent de plus en plus les populations civiles avec ses corollaires de viols systématiques des femmes et des enfants, devenus une arme de guerre pour menacer et humilier les populations, ainsi que pour détruire le tissu familial et la société, on comprend dès lors la portée du regard féminin sur ce drame. À ce titre, le cas des employés des agences humanitaires, soupçonnés d'avoir monnayé nourriture, médicaments et autres produits de première nécessité contre des relations sexuelles dans les camps de réfugiés en Sierra Leone, au Liberia et en Guinée sont éloquents. Les statistiques recueillies dans les camps de réfugiés montrent, à ce sujet, que près de 3000 cas de violences sexuelles et domestiques (y compris à l'encontre des enfants) sont reportés annuellement, parmi lesquels 2400 cas sont des viols dont plus de 60 % sont perpétrés contre des mineurs. Naturellement, souligne la postulante, ces violations sont des atteintes à l'intégrité physique et morale et peuvent avoir diverses conséquences comme des troubles physiques et psychologiques, des grossesses non désirées et des infections sexuellement transmissibles, y compris le VIH/SIDA. Pour lutter contre ces pratiques, la Guinée dispose de quelques outils, relève le mémoire, comme des lois qui condamnent les violences. Cependant, l'application de ces lois reste faible et les droits des victimes sont souvent violés pour protéger les agresseurs d'autant plus que dans certains cas les agresseurs ne font pas l'objet de poursuites systématiques devant la justice. "Afin de renforcer le cadre légal, rapporte Yalika, la Guinée a élaboré un code de l'enfant qui prend en compte les dispositions de la CDE et ses protocoles additionnels (y compris celui se rapportant à la vente, la prostitution et la pornographie mettant en scène les enfants), le CEDEF et la Charte Africaine des Droits et du bien-être de l'enfant. Un ensemble de dispositions qui confortent l'idée selon laquelle la défense des droits de l'enfant et de la femme fait son chemin en Guinée.

Mamady Sidibé



 

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