| | Articles » Lire, Voir, Entendre | | Film d’animation : Feu d’artifice de magie et de poésie |
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Auteur : Publier le : June 2, 2005
Adapté d’un classique de la littérature anglaise “Howl’s moving castle” de Diana Wynne Jones, “Le château ambulant” raconte l’histoire de Sophie, une jeune et fraîche modiste de 18 ans et d’Hauru, un séduisant magicien malheureusement dépourvu de caractère. Suite à un sortilège jeté par l’énorme sorcière des Landes, la jeune fille se voit transformée en vieille dame de 90 ans. Effrayée par sa propre métamorphose, Sophie quitte son petit village. Après avoir erré dans les landes, elle pénètre par hasard dans le château ambulant d’Hauru et y devient femme de ménage. Le tout sur fond de guerre entre deux royaumes voisins. L’inventivité et la créativité du talentueux Miyazaki font une nouvelle fois merveille. Techniquement très réussie avec de superbes animations innovantes et des prises de vue impressionnantes, la mise en scène est époustouflante et donne une dimension extraordinaire à un scénario déjà excellent. En faiseur de rêve poète, Miyazaki construit un univers où la magie est omniprésente, aux antipodes de la froideur des mangas actuels ou des horribles Pokémon et autres Bayblade. Le décor est fascinant et le château, fusion parfaite et harmonieuse d’un patchwork de matériaux disparates, en est le meilleur exemple. On ne se lasse pas de détailler cet amas de ferrailles ambulant, ahanant et fumant avec des pattes et des dents. Et puis, l’ingénieux stratagème de la porte magique qui ouvre sur des mondes différents entraîne le spectateur dans un rêve éveillé. Que ce soit avec la ville, le palais royal, les scènes de combat ou le lac aux étoiles, le metteur en scène nous offre un festival de couleurs et de dessins superbes sur une très belle musique de Joe Hisaishi. Sans oublier une multitude de machines volantes, pour lesquelles Miyazaki éprouve une réelle passion, toutes plus extraordinaires les unes que les autres. Si Sophie semble être l’héroïne de ce conte, Hauru, Calcifer ou encore l’épouvantail Navet ont tous leur moment de gloire. Et puis, il y a cette métamorphose permanente des personnages : mamie Sophie qui reste une jeune fille au plus profond de son âme ou Hauru qui se transforme aussi bien en oiseau qu’en sosie du roi. La fluctuation des apparences illustre également les variations d’humeur des protagonistes telle la liquéfaction d’Hauru pour illustrer son abattement après avoir affronté les démons. Si l’apparence physique et le courage personnalisé par Sophie sont les thèmes principaux, d’autres sujets, chers à Miyazaki telle la nature victime de la folie meurtrière des hommes, sont abordés. Sans oublier une véritable histoire d’amour cette fois puisque les personnages principaux ne sont plus des enfants ou adolescents, comme dans les films précédents, mais de jeunes adultes. Chacun décryptera ce film à son niveau. Les 6-7 ans seront effrayés par les monstres, l’énorme sorcière des Landes, les démons et autres sortes de sortilèges, les 8-12 ans conquis, entre autres, par l’histoire d’amour entre Sophie et Hauru et les adultes séduits par l’inventivité et les prouesses techniques. Après nombre de rebondissements, tout est bien qui finit bien ! Certains trouveront ce “happy end ” mièvre, voire grossier, mais les enfants adorent. Et puis, une note d’espoir dans un monde cynique et agité, n’est-ce pas rafraîchissant ? FDD
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