| | Articles » Lire, Voir, Entendre | | Essai : “Une certaine Histoire des Juifs du Maroc” |
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Auteur : Publier le : June 2, 2005
Ce livre raconte, dans le contexte général de l’histoire du Maroc, le déroulement et les conséquences de la rencontre d’une communauté plusieurs fois centenaire, culturellement et sociologiquement parfaitement intégrée, avec le processus de modernisation imposé par les grandes puissances européennes. Face à ces changements, la minorité juive marocaine adopta un comportement très différent de la majorité musulmane explique M. Assaraf. Les Juifs, souvent assimilés aux envahisseurs chrétiens par les masses musulmanes, furent des agents enthousiastes de la modernisation et de l’ouverture. Ils acceptèrent donc plus facilement l’instauration du Protectorat que leurs compatriotes musulmans. L’enthousiasme de la communauté juive connut cependant un coup d’arrêt brutal avec l’instauration, après la défaite de juin 1940, d’un Statut des juifs. Cette politique de discrimination raciale imposée au Maroc, malgré l’opposition du Souverain Mohammed V, favorisa la propagation des idées sionistes au sein de la communauté et peut expliquer la ferveur avec laquelle la création de l’Etat d’Israël fut accueillie en 1948. Les juifs marocains ne participèrent pas à la lutte des nationalistes pour l’indépendance, entre autres, parce que cette dernière était fortement empreinte de religiosité musulmane. Par contre, pour la première fois avec l’indépendance, les juifs marocains furent promus au rang de citoyen à part entière. Alors, pourquoi la majorité des juifs marocains choisit-elle d’émigrer vers Israël, la France et le Canada à la fin du Protectorat, à un moment où les Souverains alaouites leur assuraient considération et sécurité ? L’auteur explique ce paradoxe et cette redistribution géographique massive par le panarabisme nassérien relayé dans le Royaume par le parti de l’Istiqlal, l’ “ arabisation ” de la vie publique dans le cadre d’une reconquête de l’indépendance, l’implication grandissante du Maroc dans le conflit israélo-arabe et israélo-palestinien ainsi que par une réponse à l’appel sioniste. La conséquence de cette émigration fut la disparition quasi-totale de la communauté juive marocaine, aujourd’hui réduite à 2000 ou 3000 personnes. Mais le judaïsme marocain, quant à lui, n’a pas disparu. Il constitue un groupe humain influent fort d’un million de membres qui vivent hors du Maroc mais entretiennent encore avec ce dernier, pays de leurs ancêtres, des liens affectifs très forts. L’attachement de cette communauté aux différents souverains, notamment Mohammed V, Hassan II et Mohammed VI reste sincère et leur volonté de protéger le patrimoine du judaïsme marocain – coutumes, traditions religieuses, culturelles, musicales, culinaires ou socio familiales – est intacte. En conclusion, une histoire fouillée du judaïsme marocain avec quelques règlements de comptes au passage dont la véracité ne pourra être objectivement jugée que par les initiés ! FDD
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