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La danse indonésienne de Mangkunagaran : Au nom de la Vie

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Publier le : May 26, 2005

La Nouvelle Tribune : La danse indonésienne de Mangkunagaran est née au sein du palais  de Mangkunagaran. Quelle serait la symbolique de cet espace dans la culture indonésienne?
C’est tout d’abord un lieu  mystique, de haute spiritualité. Le lieu où évolue la sérénité du corps et de l’esprit. C’est l’espace où se sauvegardent soigneusement, des valeurs humaines, une tradition millénaire, celle de la danse comme offrande à la vie. Depuis plusieurs siècles, la danse est devenue l’héritage culturel qui se transmet de génération en génération.  
La cour de Mangkunagaran  entretient l’héritage sacré de la musique «gamelan», «le kulit de wayang» (marionnettes en cuir), les livres et tous objets ayant appartenu au palais de Mangkunagaran.
L’autre héritage important que l’on conserve au sein du palais, concerne les traditions et les rituels qui sont si chers non seulement à la lignée de Mangkunagaran mais également à la société et au pays tout entier. Il s’agit de l’enseignement philosophique et moral transmis aux multiples disciples. La Danse Classique de la Cour est accompagnée de chant et de musique gamelan. Elle raconte la vie de tous les jours, la vie sous ses différents aspects, les rapports entre les hommes et les femmes. En exécutant cette danse traditionnelle, les danseurs transmettent beaucoup d’enthousiasme suivant le rythme des musiciens et des phrases musicales. Les danseurs sont amenés à conserver une grande harmonie entre la musique et les mouvements du corps.

Chaque mouvement, geste aussi petit semble-t-il, paraît concevoir sa propre symbolique?
Tout à fait.Les danses indonésiennes de Mangkunagaran sont pratiquées par tous les membres de la famille royale du Palais de Mangkunagaran . Tous prennent part à la vie du ballet comme chorégraphes, danseurs et musiciens. Restées inaltérées depuis quatre siècles, ces danses associent la rigueur de gestes très codifiés à la grâce et à la poésie d’une expression saisissante, qui ne sont pas sans rappeler, dans leur principe, l’art des Mudra de la danse indienne. Ainsi, c’est le cou qui bouge et non la tête, les yeux voient mais ne regardent pas.

Cela veut dire quoi exactement?
Il y a trois niveaux de regards: celui du guerrier, qui a toujours le regard droit, celui de l’amoureux, levé vers le ciel, et celui de la femme, toujours baissé en signe de pudeur et de respect.

Les danseurs portent des vêtements somptueux et de couleurs chatoyantes.
Les vêtements de brocard doré, très ajustés, sont couverts d’éléments souples, rubans, ceintures qui accentuent le graphisme des mouvements et soulignent leur rapidité ou leur lenteur. Ce sont les couleurs de la Vie, de la force, de la richesse et de la générosité de l’esprit. La beauté extérieure n’est que le reflet de cette beauté intérieure que dansent, jouent et chantent les danseurs.

Votre participation au Festival Mawâzine.
C’est l’occasion pour nous de faire valoir notre patrimoine culturel au delà des frontières. Nous sommes ravis de partager cette tradition avec un peuple dont la culture est aussi authentique et enracinée que la nôtre.

Propos recueillis par I.K.



 

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