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Arts plastiques : Y en a marre !

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Publier le : May 26, 2005

A l’occasion de ce premier Salon, le peintre Abdellatif Zine, Président de l’ANAP et de l’évènement, s’exprime à bâtons rompus sur les arts plastiques marocains. Il n’y a pas de “bonnes ou mauvaises peintures” dit-il. Le peintre est bon ou il ne l’est pas. Pour cette première édition, nous avons voulu éviter les artistes “trop consommés sur un plan officiel  au détriment de la créativité”. Il parle de la volonté de voir émerger “une vision du Maroc”, une véritable identité marocaine et non pas de pâles copies de l’Europe. La nécessité de changer l’histoire des arts plastiques marocains qui trop souvent offre “peu de peinture mais beaucoup de blabla” est évoquée. Il exprime sa joie face au succès du Salon où, se sont succédé, dès le premier jour, 1700 visiteurs de tous horizons.
Favorable à l’ouverture, Zine regrette cependant que le Maroc ne fasse pas confiance aux siens. Il en veut pour preuve l’organisation du prochain Festival de Casablanca dont le budget a été, en partie, confié à des étrangers au détriment des nationaux. “Contrairement aux autorités, les élus ne font rien pour les artistes” se révolte-t-il. Or “un pays qui ne respecte pas ses créateurs est un pays sans âme, sans civisme”. A l’exception d’une minorité, les hommes politiques considèrent les hommes cultivés et les artistes comme une menace. “Plus on est idiot, mieux on trouve sa place” martèle-t-il. Or, “la culture ne s’acquiert pas avec l’argent, la richesse ne rend pas moins ignorant”. Il regrette que l’Office National Marocain du Tourisme (ONMT) sollicité à l’occasion de cette première édition du SNAC ait refusé son soutien. “Comment peut-on envisager l’horizon 2010 avec une telle mentalité?”. Casablanca, capital économique, est pourtant la seconde destination touristique du pays. Même déception du côté des élus casablancais. “Ces derniers ne connaissent pas l’importance de la culture, je ne leur en veux pas car, comme l’exprime très bien un proverbe arabe, on ne peut donner quand on ne possède pas” dit-il. “Pour Casa, nous n’espérons même plus un musée mais nous n’avons même pas une salle d’exposition digne de ce nom sans parler de l’éclairage, des chaises, de la sono, etc.” explique-il. “Et dire que le Maroc souhaitait ouvrir des centres culturels à l’étranger alors qu’ici nous sommes complètement démunis !” soupire-t-il. Et c’est vrai qu’ils ont bien du mérite ces artistes qui, avec amour, se dévouent bénévolement pour le bien de tous à ce langage universel que sont les arts plastiques. Exposées avec magie, les oeuvres du Salon témoignent dans tous les cas que la relève de l’art contemporain au Maroc est assurée ! Au passage, ne manquez pas les statues de toile d’araignée de Ramhani !

FDD



 

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