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Peinture : Jocondes contemporaines

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Publier le : May 12, 2005

De nationalité franco-américaine, Nathalie Harvey est née à Saint-Paul-de-Vence en 1975. Diplômée de l’Ecole des Arts Décoratifs, elle se consacre uniquement à la peinture après avoir expérimenté diverses techniques allant du graphisme à la photographie en passant par la vidéo et la gravure. “La peinture est avant tout un jeu et mon atelier, un magnifique terrain d’aventures que j’aime appeler laboratoire d’expérimentation dit-elle. “C’est là que se produisent parfois des accidents toujours positifs et inspirants” rajoute-t-elle. Comme le sont aussi ses nombreux voyages et l’art de toutes les époques. Ce mélange de genres nourrit sa réflexion personnelle. La femme a toujours été son thème de prédilection. “Cela a commencé avec les séances de modèles vivants dont je ne me lassais jamais et qui m’ont amenée, petit à petit, à vouloir exprimer des émotions plus intimes” explique-t-elle. N. Harvey commence par poser son regard sur elle-même, sa toile et son intimité et peint ainsi  une série d’autoportraits en plan serré et toujours au format carré. L’observation pure évolue progressivement vers un travail beaucoup plus psychique. La couleur vire du rose clair relativement monochrome au noir profond avec des touches vives et très contrastées. L’intensité de ce regard “intérieur” atteint des proportions tellement envahissantes que l’artiste ressent l’urgente nécessité de s’en libérer et de libérer sa peinture au niveau du sujet et de la forme. D’où la genèse de la série “Tueuses” dans laquelle l’artiste continue à explorer le regard tout en élargissant son champ au corps féminin et à sa puissance, à la couleur et la matière. Au gré de son inspiration, ses femmes se transforment en créatures, marionnettes ou personnages de bandes dessinées. C’est la série “Jocondes”, suite logique de la précédente, qui est exposée dans l’ancien hammam du palais Dar M’Nebhi, endroit de rêve pour approcher les secrets de l’univers féminin mais dont l’éclairage ne rend malheureusement pas justice aux dessins. Cette fois, N. Harvey s’accapare de la féminité intrigante et de la fourberie passionnante de la Joconde, mystère universel et intemporel de l’histoire de l’Art. Tel un orfèvre, elle cisèle son travail sur le corps et l’intimité de celui-ci. Parallèlement, elle tente d’exprimer les fluides souterrains qui sous-tendent et animent la vie, de saisir l’instinct. Sa palette aux couleurs éclatantes, choisies avec minutie en fonction de leur signification respective et de l’émotion qu’elles véhiculent, s’échelonne des bleus turquoise et pervenche au vert émeraude en passant par le rouge écarlate et le rose indien. Le regard intense de ces “ Jocondes ” poursuivent le visiteur et n’en finissent pas de le leurrer. En effet, ces créatures aux corps puissants sortent de leurs toiles, se transforment, se voilent et se dévoilent au gré de l’inspiration du peintre. Entre Orient et Occident ou entre ciel et terre peut-être finiront-elles par livrer leurs secrets ?

FDD



 

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