Le joueur de rugby Abdel Benazzi publie son autobiographie aux éditions Flammarion. Marocain d’origine et français de cœur, cet homme bipolaire, comme il se définit lui-même, relate avec simplicité son parcours peu banal de petit marocain parti d’Oujda à la conquête du rugby et du monde. Dans son livre, il “ refait ” divers matchs mythiques et dévoile les coulisses du rugby. Avec beaucoup de franchise, il aborde aussi la religion, la laïcité, la politique, la place de la femme dans la société et son implication dans la vie publique.
Outre son palmarès sportif (78 sélections entre 1990 et 2001, capitaine du Quinze de France, vainqueur du Grand Chelem 1997 dans le Tournoi des Cinq Nations), l’homme lui-même est impressionnant. Par sa taille (1m98) et son gabarit bien entendu mais surtout, par ce regard franc et direct. Le talent seul ne peut expliquer sa réussite. Il lui en a fallu de la personnalité, de la discipline et de l’opiniâtreté pour s’intégrer socialement et gravir les échelons sportifs. Malgré des moments de découragement à différents stades de sa carrière, jamais il n’a baissé les bras ni abandonné ses valeurs. Homme public décoré de la Légion d’honneur et membre du Haut Conseil à l’Intégration, il a su rester humble. “ Mon regard est resté horizontal, à hauteur d’homme ” dit-il. Magnifique exemple d’intégration où un rêve devient réalité et belle leçon de vie !
Trois questions à Abdel Benazzi
La Nouvelle Tribune : Pourquoi ce livre ?
J’avais envie d’écrire. Quand on est pris dans l’engrenage de la compétition, on n’a pas le temps de penser. Par contre, lorsqu’on s’arrête, tout remonte à la surface. J’ai eu envie de partager mon parcours peu commun avec les autres et mes futurs enfants. J’ai aussi voulu transmettre un message positif.
Le Président Mandela a préfacé votre livre. Pourquoi ce choix?
C’est une des personnalités qui m’a le plus marqué. De plus, j’aime l’Afrique du Sud, pays phare du rugby. Mandela dégage un charisme impressionnant, une véritable puissance. C’est un modèle d’humanisme et d’esprit de tolérance. D’ailleurs, il a suffi qu’il s’engage pour la Coupe du monde de 2010 pour que son pays l’emporte. Il m’a aussi fait comprendre toute la symbolique et l’importance du sport en matière d’intégration. Grâce à lui, le rugby sud-africain, traditionnellement réservé aux blancs, se “ décolore ”.
Vous sentez-vous encore proche du Maroc ?
Je tiens énormément à mes racines, j’ai beaucoup de famille ici. Depuis que ma carrière sportive ne me retient plus 12 mois sur 12, je reviens très régulièrement. Je suis l’évolution du pays de près. La population marocaine est très jeune et constitue donc un formidable potentiel pour le rugby. Le Maroc aurait pu faire beaucoup pour le développement de ce sport… mais il n’est pas trop tard. J’ai d’ailleurs rencontré de hauts dirigeants à cet effet, la balle est donc dans leur camp. Enfin, j’ai créé l’association Noor (Lumière) pour venir en aide aux enfants en difficulté d’Oujda et sa région. Les 22 et 23 avril prochain, par exemple, les enfants d’Oujda seront invités à venir assister aux démonstrations de 6 champions du monde de roller.
Propos recueillis
par FDD
Nouvelles
Ne vous y trompez pas, le nouveau livre de Fouad Laroui intitulé “ Tu n’as rien compris à Hassan II ” (Editions Julliard) n’est pas un ouvrage politique mais un recueil de 16 nouvelles satyriques. Avec humour, l’auteur raille impitoyablement ses semblables. Didi, le drag liner au costume Cardin - ni burnous, caftan ou djellaba -, la main lourde de la police marocaine ou encore la télévision entrave à l’intégration. Sous des dehors loufoques, telle l’histoire des jumeaux qui se pendent de concert, Laroui pose un regard réaliste sur ses contemporains, leur bêtise, leur cruauté mais aussi leur solitude et leurs élans d’amour ou de bonté. L’écriture de Laroui pétille d’intelligence, revigore les zygomatiques tout en invitant à la méditation. Le bonheur, quoi !
Roman
Catherine Clément, philosophe et romancière, publie aux éditions du Seuil “ Le Sang du Monde ” suite de son précédent roman intitulé “ Le Voyage de Théo ”, best-seller international traduit dans plus de 20 langues. Souvenez-vous du voyage initiatique de Théo, cet adolescent malade accompagné de sa truculente Tante Marthe, à travers les religions du monde ! Aujourd’hui guéri et adulte, Théo est médecin humanitaire et écologiste convaincu. Toujours escorté par son inénarrable Tante, il explore les sites les plus malades de la planète comme Delhi, Bénarès, Yaoundé, Dakar, La Hague ou encore Iqaluit. Et au cours de ses pérégrinations, il rencontrera aussi l’amour…
Vie quotidienne et tradition
Les éditions Marsam publient “ Une enfance dans un riad à Marrakech ”, premier livre de Zahra El Basri Naqrachi. L’auteur dépeint la vie quotidienne d’une famille marrakechi des années 50 à travers le regard empreint de naïveté d’une petite fille. Véritable lexique des codes, traditions, rituels et fêtes marocaines, cet ouvrage didactique décrit un monde un peu trop chaleureux pour être réel. Mine de renseignements sur la culture marocaine et témoin d’une douceur de vivre émouvante, ce livre devrait faire le bonheur des touristes désireux d’appréhender les traditions et la vie dans un riad au siècle dernier.
FDD