La situation qui est celle du monde aujourd’hui rappelle étrangement la situation du monde à la veille de la Deuxième guerre mondiale. En 1939, Hitler avait déclenché la guerre, au mépris du monde entier ; aujourd’hui, Bush est en train de déclencher la guerre, au mépris du monde entier.
Hitler était un chrétien de la fameuse secte intégriste des chevaliers teutoniques. Il croyait fermement à l’invincibilité de l’Allemagne, à la supériorité de la “ race ” germanique qu’il considérait investie d’une mission céleste à accomplir, il avait un mépris inouï pour le reste de l’humanité, ignorait délibérément les conventions internationales qui ne l’arrangeaient pas, et, au terme d’un véritable ballet de démarches et de déclarations contradictoires, maladroitement tissées par son entourage, aux fins de semer la confusion et d’entretenir le doute sur les véritables intentions de l’Allemagne nazie, il envahit la Pologne, sous prétexte, notamment, de la sécurité de l’Allemande, puis la Tchécoslovaquie, là encore sous prétexte de la sécurité des Allemands des Sudètes “menacés” d’après lui, comme il a tenté de le faire croire à la France et l’Angleterre, qui vont quand même lui signer une sorte de “ mainlevée” (accord de Munich, 1938) sur les régions tchèques des Sudètes, espérant qu’il en restera là. Hitler va partir plus loin, plus loin vers sa perte, celle de son pays, l’anéantissement d’une partie de l’humanité et la démolition de parties de ses réalisations dans le monde.
Bush est, à son tour, un intégriste chrétien de la société secrète d’origine maçonnique Skull and Bones (Crâne et Tibias), il croit fermement à l’invincibilité des États-Unis, à la supériorité du peuple américain qu’il considère investi d’une mission céleste, il nourrit un grand mépris pour le reste de l’humanité dont il ignore quasiment tout comme on va le voir, fait peu de cas des conventions internationales qui ne l’arrangent pas, et s’emploie à fourvoyer le monde entier dans un ballet de démarches et de déclarations contradictoires, maladroitement tissées par son entourage, aux fins de semer la confusion et d’entretenir le doute sur ses véritables intentions que tout le monde connaît ; il s’apprête à envahir l’Irak, sous prétexte, notamment, de la sécurité des États-Unis, puis d’autres régions avoisinantes, là encore sous prétexte de protéger les Américains en Irak et ailleurs, et il espère toujours que la France, l’Allemagne, la Russie et la Chine lui donnent, comme il ne l’obtiendra jamais, pour son entreprise macabre, un blanc-seing qui sera en fait leur arrêt de mort. Vont-ils le laisser aller plus loin vers sa perte, celle de son pays, l’anéantissement d’une grande partie de l’humanité et la démolition d’une grande partie de la civilisation humaine ? Il y va tout droit.
Voilà ce que fut Hitler et voilà ce qu’est M. Bush aujourd’hui. La secte Skull and Bones (Crâne et Tibias), dont il est membre, comme il le dit dans son livre : “Avec l’aide de Dieu” (Éditions Odile Jacob, Paris, 2000), serait une “société secrète, mysticopolitique et affairiste, qui a développé depuis 1832 une idéologie intégriste totalitaire et guerrière. Son emblème est celui des Panzer Divisions nazies (une tête de mort sur fond d’os croisés”. (Voir «Christian Cotten» <chriscotten@wanadoo.fr>). Et nous y voilà !
La ressemblance entre les deux hommes n’est donc pas la fait du hasard.
Cette ressemblance est encore plus troublante quand on prend la mesure de la naïveté et du simplisme sur lesquels ils fondent leurs convictions et désignent leurs ennemis.
Il est arrivé à Georges W. Bush de déclarer à propos du Proche Orient : “Je comprends que le trouble du Proche-Orient crée du trouble à travers la région.” (Jeune Afrique / L’Intelligent, 2168, 29 juillet 2002). L’ignorance de cette même région se retrouve chez Hitler. Un jour de 1939, on était venu lui annoncer des émeutes en Syrie. Il ne savait pas où cela se trouvait et on a dû apporter une carte. Pour toute réflexion, il s’étonna qu’un si petit pays ait, lui aussi, des problèmes !
En 1942, Hitler envoyait le maréchal Rommel et la jeunesse allemande combattre les Anglais dans le désert de Libye ; aujourd’hui, Bush envoie ses généraux et les fils d’Amérique combattre dans ce Proche Orient compliqué. Hitler avait envoyé, sans droit, ses troupes mourir en Libye parce qu’il ignorait tout de l’Afrique, et parce que la vie des êtres humains lui importait peu du moment que ce n’est pas sa tête qui est dans la balance. Bush envoie, aujourd’hui et sans droit, ses généraux et les fils d’Amérique mourir en Irak parce qu’il ignore tout du Proche Orient, et parce que la vie des êtres humains lui importe peu du moment que ce n’est pas sa tête qui est dans la balance.
Le sort qui fut celui d’Hitler en Afrique sera à court ou long terme celui de Bush au Proche orient, quoi qu’on dise et quoi qu’on pense. “Avez-vous des Noirs, aussi ?”, demanda Bush à son homologue brésilien, Ferdinando Cardosso, le 8 novembre 2001 ? Ainsi est aussi la naïveté avec laquelle Hitler abordait la question juive. Voici ce qu’il a écrit des fils de Moïse dans un passage de son autobiographie, Mein Kampf : “Il n’y avait que très peu de Juifs à Linz. Au cours des siècles, ils s’étaient européanisés extérieurement et ils ressemblaient aux autres hommes: je les tenais même pour des Allemands. Je ne m’apercevais pas de l’absurdité de cette illusion parce que leur religion étrangère me semblait la seule différence qui existât entre eux et nous. Persuadé qu’ils avaient été persécutés pour leurs croyances, les propos défavorables tenus sur leur compte m’inspiraient une antipathie qui, parfois, allait presque jusqu’à l’horreur”.
Pour savoir de quelle manière se terminera l’aventure, en fait une mésaventure, dans laquelle Bush fourvoie les USA et avec eux la planète, sous les applaudissements obséquieux du vieux Rumsfeld, on n’a pas besoin de sortir de l’École de guerre de Paris. Il suffit de voir de quelle manière l’aventure coloniale du XIXe et du XXe siècle s’est terminée. Ce que fut le destin de cette aventure sera celui de l’aventure Bush.
Le dernier siècle nous a en effet appris qu’il ne suffit pas d’avoir l’une des armées les plus puissantes du monde, le matériel le plus sophistiqué, les hommes les plus instruits, une logistique intarissable et par conséquent le souffle militaire le plus long au combat, en un mot une supériorité militaire écrasante et indiscutable, pour avoir toutes les chances de son côté, absolument toutes, de gagner la guerre sur le long terme.
Cette question, Le fou du village y reviendra avec des faits historiques appuyés par des chiffres.
L’erreur des barons du colonialisme des siècles précédents est celle-là même que l’empire Bush s’apprête à commettre dans un monde infiniment plus compliqué et qui ne rend que plus illusoire le rêve de la victoire que caresse la petite Condolezza Rice.
Quoi de plus normal finalement que de commettre les mêmes erreurs que le siècle dernier, les auteurs des premières, des hommes qui ont confisqué la démocratie pour leur propre compte et mis la loi au service de leurs intérêts n’ayant jamais été sanctionnés ni même inquiétés pour les meurtres qu’ils ont perpétrés sur leurs soldats et les génocides qu’ils ont provoqués parmi leurs propres populations et d’autres populations à travers le monde, lors de ces nombreuses guerres des colonies ?
La terre est désormais une poudrière et la guerre est une mèche que Bush est en train d’y allumer. En 1939, la démocratie avait hypothéqué le globe à un dément. Aujourd’hui elle récidive. Elle n’en sortira pas indemne tout comme les Institutions internationales décidément inefficientes. Cet échec répétitif ne saurait être l’échec de l’humanité à qui il appartient aujourd’hui de s’unir comme un seul homme et de s’affranchir de tous les interdits pour sauver la planète de la démence.
Omar Mounir