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Yamou, le sculpteur de la flore

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Publier le : March 31, 2005

Qui inspire le peintre? Flore la déesse?
Déjà dans ses œuvres matiéristes, Yamou labourait ses terres, délimitait ses champs fleuris en organisant des étendues en jaune, bleu, ocre, rouge, noir et blanc. Avec le temps, le règne végétal envahit progressivement les œuvres jusqu’à produire d’inextricables entrelacs de racines, branchages et autres ramures... Yamou a su interroger l’élément naturel, non pour en imiter l’apparence, mais pour tenter d’en saisir la substance, d’en capter les structures essentielles aptes à alimenter le vocabulaire plastique qui lui sert à animer toute parcelle disponible dans la réalité physique par des compositions ornementales aussi belles que profondément symboliques et métaphysiques.
Yamou  ne se soucie nullement de restituer avec fidélité une image de la nature préalablement perçue et mémorisée. L’artiste peint plutôt son idée de l’arbre et de la nature: sa conception foncière du végétal, son image mentale et non sa perception optique d’un arbre naturel. De telle sorte que les œuvres de l’artiste s’offrent le plus souvent comme un tissu pictural enchevêtré présentant parfois des endroits où l’on ne voit plus que de pures taches chromatiques vaporeuses ou de simples traînées de pinceau juteuses et dépouillées de toute charge iconique.
Pour répercuter dans ses toiles ce flux vital de l’élément végétal, l’artiste use abondamment du mouvement de la spirale qu’il soumet, au moyen de diverses opérations techniques et plastiques, à un perpétuel jeu d’apparition-disparition. La spirale se déplace dans l’espace pour l’animer en rythmes ondulants, partout le dynamiser entre profondeurs et surfaces. Les figures serpentines issues de la spirale ainsi activée se juxtaposent, se chevauchent et s’entremêlent pour générer un complexe réseau tramé de parcours giratoires extensibles à l’infini. Taches et fleurs se contaminent, s’assimilent et se conjuguent pour créer une impression globale aérienne. La culture de l’écriture, vue d’abord sous son strict aspect formel, participe de la pratique jardinière chère à l’artiste au même temps qu’elle participe à sa fertilité plastique. Allié à ceux des compartiments de couleurs et des entrelacs de divers éléments végétaux qui y poussent, le rythme des lignes écrites instaure au sein des peintures un réseau graphique en déplacement qui métamorphose les étendues peintes traversées en aires striées évoquant des lopins de terre labourés. 
Tout chez l’artiste aspire en effet à l’envol, même le sous-terrain. Et rien d’étonnant que ses récentes peintures explorent la notion du semis, tant au niveau plastique que sémantique. 
Vie et mort structurent ses œuvres dans une lutte permanente qui s’exprime de différentes façons. A commencer par ce qui ordonne l’œuvre : l’opposition ombre/lumière. Ses compositions sont toujours fondées sur un duel entre étendues ombragées et étendues lumineuses.  Yamou en véritable écologiste, écrit, peint en semant des lettres et des couleurs, distribue dans ses compositions des signes graphiques en vue d’une meilleure germination plastique.



 

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