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Sidi Hamza, un Saint d’aujourd’hui : Témoignages de disciples marocains Histoire de Saints marocains

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Publier le : February 17, 2005

La rencontre de l’Amour Divin
Tous les témoignages des disciples soufis, que ce soit ceux des siècles passés ou ceux recueillis aujourd’hui auprès de disciples de la Tarîqa al-Budchîchia, mettent unanimement en lumière que la rencontre d’un shaykh vivant est un tournant sans équivalent.
Quelle que soit la particularité des itinéraires respectifs des disciples de Sidi Hamza, tous s’accordent à dire que le fruit de cette rencontre est une présence plus forte du divin dans leur vie quotidienne. Cette présence ne s’exprime pas tant sous la forme, ainsi que l’on serait tenté de le croire, d’une simple et stricte application de la loi divine, laquelle reste d’ailleurs un garde-fou incontournable, que d’un amour authentique qui ne cesse de grandir de jour en jour: amour pour Dieu, pour son Prophète (sur lui la grâce divine), pour les croyants mais aussi pour toutes les créatures dans lesquelles, désormais, le disciple reconnaît de plus en plus des manifestations du Créateur.
Ainsi, pour l’aspirant au soufisme, la rencontre du shaykh représente tout à la fois des «retrouvailles» avec l’essence du sacré, une guérison des cœurs, une sortie des ténèbres et un “raccordement” à une source d’énergie exceptionnelle.

Le médecin des coeurs
Parlant du type de transformation opérée sur les disciples, Sidi Hamza disait un jour : “Ils viennent à nous comme ils veulent mais, comme nous voulons, nous les rendons”.
À un disciple qui cherchait à se perfectionner, Sidi Hamza expliqua que le shaykh est comparable à un maître menuisier : “Quel que soit l’état du bois qu’il reçoit, ce menuisier, si c’est un artiste, cherche par tous les moyens à travailler ce bois de tous les côtés et par tous les moyens, de sorte à en extraire une véritable œuvre d’art”.
Un autre disciple, dans la voie depuis plus de trente ans, témoigne de ce que le shaykh peut faire, aussi endommagé que soit le morceau de bois. “Lorsque j’ai rencontré Sidi Hamza, j’étais dans un état de délabrement total. Toute ma vie se réduisait jusque là à des soirées interminables à ingurgiter des verres d’alcool et à une débauche sans équivalent”. Lorsque le shaykh me vit la première fois, il se tourna vers certains disciples et leur dit : “Il m’est possible de faire sortir mon disciple d’une décharge à ordure, de polir son cœur et de le rendre aussi éclatant et aussi lumineux qu’un joyau”.
Ce même disciple décrit ensuite son itinéraire : “mon shaykh m’a progressivement “nettoyé” jusqu’à ce que je devienne ce que je suis : un être équilibré, utile pour les siens et pour la société, respectueux des limites imposées par Dieu. Et cela, je le dois au médecin des cœurs. Oui c’est cela le shaykh : un médecin des cœurs !”.

Le médiateur des lumières divines
Si le shaykh est capable d’opérer ce type de transformation, c’est parce qu’il est lui-même relié à une source d’énergie supérieure, l’énergie divine, et qu’il a été autorisé par son propre maître à l’éducation spirituelle, à la distribution de cette énergie, pour reprendre une métaphore utilisée par Sidi Hamza. La métaphore permet au shaykh d’adapter son propos à la forme de pensée de chaque personne, afin de l’aider à mieux comprendre les réalités auxquelles il fait allusion.
Ainsi, tel disciple qui avoue avoir eu du mal à se départir d’une démarche exclusivement rationnelle, rapporte qu’à sa première rencontre avec le shaykh, celui-ci lui expliqua le rôle du maître en utilisant précisément cette comparaison avec une centrale électrique, langage symbolique adapté à sa logique de raisonnement : “Le shaykh - lui dit-il - est comme une centrale de distribution d’énergie électrique. Il est impossible que vous puissiez raccorder directement votre domicile à une centrale haute tension. Vous devez passer par un transformateur local qui alimente le quartier où vous habitez, lequel est lui-même alimenté par une centrale plus grande et ainsi de suite. Le distributeur de votre district vous facilite le raccordement sans risque de sur tension pour votre installation. Ainsi en  est-il du shaykh. Ce dernier alimente chaque disciple compte tenu de sa capacité de réception. Vous pouvez n’avoir besoin que de dix volts alors qu’un autre disciple est disposé à recevoir une capacité de 1000 volts”.

Une guérison subtile par le dhikr
Là où le secret de Sidi Hamza ne se confirme à nul autre pareil, c’est qu’il demande au disciple de ne rien changer dans ses habitudes, son habillement ou même ses relations. Il lui demande simplement d’invoquer constamment car la clef de la transformation, de la guérison intérieure réside dans le dhikr. Le résultat est observable. Il survient à l’insu de toute volonté, sans efforts particuliers autres que cette pratique régulière et assidue de l’invocation. Petit à petit, le disciple de Sidi Hamza sent en lui les fruits de l’éducation spirituelle et commence à goûter aux saveurs de la foi…

Un comportement transformé
La purification de l’être qui résulte du contact avec Sidi Hamza régule la vie affective, spirituelle, familiale, professionnelle ainsi que l’ont exprimé de manière différente mais convergente les disciples marocains qui ont bien voulu nous livrer leurs témoignages.
Ceux et celles qui ont suivi cet enseignement sont restés extérieurement les mêmes, continuant à vaquer à leurs occupations quotidiennes, mais ils ont observé les effets de cette transformation sur leur comportement envers leur environnement familial et social. Ils parlent tous de leur tendance à être plus attentifs, compatissants, tolérants vis-à-vis de l’autre, ce qu’ils expliquent ainsi : “ayant nous-mêmes vu clair en nous, expérimenté les faiblesses et négligences de l’âme humaine, comment pouvons-nous ne pas être tolérants vis-à-vis d’autrui, miséricordieux, compatissants ?”. Tel disciple disait : “Comment pourrais-je me permettre de juger autrui alors que j’étais enfoui dans un tas d’ordures et que mon shaykh m’en a extrait ?”. 

Une voie de Miséricorde
Un autre disciple raconte qu’au tout début de son expérience dans la voie, il avait quelques vices tenaces, notamment une vie affective plutôt “agitée”. Pour lui, ce sont la bonté et l’absence de jugement de la part de ses frères de la voie qui lui ont permis de retrouver l’équilibre : “J’étais parfois dans des situations compromettantes et jamais les disciples que je rencontrais, ne m’ont jugé ni sermonné. Jamais non plus ils n’ont rapporté mes défauts aux autres frères de la voie. Cette tendance à couvrir mes défauts et à ne rien changer dans leur attitude à mon égard m’a beaucoup touché. C’est cette miséricorde et l’invocation qui m’ont permis de me libérer de ce vice et d’être aujourd’hui équilibré…et je me souviens toujours de cette parole que m’a dite un jour Sidi Hamza, qui voyait clair en moi comme dans un verre de cristal : “notre mission n’est pas d’exposer les défauts des créatures mais de les guérir”. 
Ainsi, à travers ces quelques témoignages on mesure mieux ce qu’apporte à ses disciples un shaykh éducateur vivant comme Sidi Hamza. Ces témoignages font état d’un vécu pour le moins peu commun, d’un bouleversement dont le catalyseur est un homme qui possède une science, elle aussi peu commune, celle de guérir les cœurs afin de les préparer au plus noble des buts : la connaissance de Dieu

Lahcen Sbai El Idrissi



 

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