Il n’est certes plus nécessaire de présenter Paulo Coehlo, l’un des auteurs les plus lus et vendus au monde (50 millions de copies), publié dans 150 pays et traduit dans 58 langues. A l’occasion du S.I.E.L. et de son séjour au Maroc, Coelho a annoncé officiellement la traduction, par le Marocain Abdelhamid Gharbaoui, de ses romans “ L’Alchimiste ” (1988) et “ Onze Minutes ” (2003) en langue arabe et leur parution en livres de poche aux Editions Marsam suite à un accord signé avec la maison d’édition espagnole Sirpus. Jusqu’à ce jour, l’œuvre de l’écrivain brésilien a fait l’objet de nombre de traductions “ pirates ” en arabe. L’accord Sirpus-Marsam aura le mérite de contrer les aléas de traductions illicites tels le non-respect de l’histoire, le rajout ou la suppression de pages ou encore les changements intempestifs de titres comme ce fut le cas en Egypte et en Iran par exemple. “ O Zahir ”, son dernier roman, sortira au Brésil en avril 2005. Dans ce roman aux touches autobiographiques, l’auteur explore ses sentiments intimes et se livre à une réflexion sur la vie. Un écrivain célèbre de littérature spirituelle, subitement abandonné par son épouse, et obsédé par le départ de cette dernière veut en comprendre les raisons.
La Pensée complexe
En présence du maître Edgard Morin, et devant un auditoire largement universitaire, Ahmed Kasswar et Mounir Hajjouji, ont présenté le livre “ Introduction à la pensée complexe ” dont ils ont assuré la traduction en arabe. M. Morin a entraîné le public dans un voyage au sein de la complexité. Il a ébauché une critique radicale de l’épistémologie, responsable des maux de la connaissance, parlé des outils pour réintégrer la complexité au cœur de la vie et milité contre la “ fermeture du monde ”, objectif des fondamentalistes de tous bords. Le philosophe a aussi abordé le domaine de l’enseignement et invité l’homme à dépasser la fragmentation des savoirs pour relier les connaissances entre elles. En résumé, une belle exhortation à changer nos modes de pensées !
Tragique Secret
Quant à Philippe Grimbert, notre coup de cœur du S.I.E.L., il dit “ être entré en douce dans le roman ” par le biais de 3 essais atypiques de psychanalyse. En 2001, ce psychanalyste écrit un 1er roman “ La petite robe de Paul ”. En mai 2004, il récidive avec “ Le Secret ” sacré Prix Goncourt des Lycéens 2004. Au S.I.E.L., il ne nous a pas chanté “ Toi, le frère que je n’ai jamais eu ” de Maxime Le Forestier mais il aurait pu avec ce roman qui débute par “ Fils unique, j’ai longtemps eu un frère. Il fallait me croire sur parole quand je servais cette fable… ”. Largement autobiographique, ce récit dénoue, paradoxalement avec légèreté, l’écheveau du secret tragique qui pesa sur l’enfance du narrateur : des origines juives, un frère mort en déportation ou encore l’histoire d’amour scandaleuse de ses parents qui finiront par se suicider en commun. Son douloureux parcours initiatique à la recherche d’une identité ne verse jamais dans le pathos, au contraire une fraîcheur constante se dégage de ce récit dramatique. Les thèmes de l’amour coupable, du désir et de la sensualité des corps sont très présents et essentiels dans ce roman. Avec une écriture simple et limpide, Grimbert pallie les blancs de sa propre histoire avec son imaginaire. Un livre émouvant à lire absolument.
FDD