17 Chinois qui travaillent d’arrache-pied, le jour, à Derb Omar et qui, lorsque la nuit advient, sont parqués par leur employeur dans un appartement lilliputien du même quartier; des chiées de prolos qui se partagent une superficie qui flirte, à tout casser, avec les 50 mètres carrés ! Dans le même ordre d’idée, une cinquantaine d’Africains qui squattent toute la journée une ruelle de l’ancienne médina parallèle au boulevard Félix Houphouët-Boigny ! Ils restent debout, apparemment perdus, le regard rendu hagard par la faim et d’autres frustrations, peut-être plus terribles encore (le froid, le dédain, le racisme…) C’est cela, l’Eldorado marocain ! Le Maroc, passage quasi-obligé de tous les Africains de l’Ouest qui brûlent de gagner l’Europe, est une terre d’écueils ! Beaucoup y laissent des plumes, qui arnaqué par des pseudo-passeurs / vrais marchands de rêve, qui alpagué par les forces de l’ordre et expulsé dans son pays, qui noyé au large des côtes marocaines … L’opinion publique respire d’aise quand un pays comme l’Espagne légalise la situation de dizaines de milliers de “Moros”, mais peste contre la croissance exponentielle, à Casablanca, Tanger, Agadir…, des immigrés africains ou chinois.
Le Pen devrait poursuivre un stage “ haine raciale ” au Maroc. Car, les discours fascistes du “ F haine ” sont, comparés au monceau d’atrocités qu’inspire la présence d’étrangers en détresse sur le sol marocain, somme toute modérés. Des termes comme le péril jaune, la peste noire, reviennent souvent dans les conversations tournant autour du problème de l’immigration clandestine au Maroc !
M.L.
Développement urbain
Casablanca doit tirer l’économie nationale vers le haut
“Quel projet de territoire pour le Gand Casablanca ? ”, tel était le thème de la journée d’études organisée le 1er février, à laquelle ont pris part le ministre de l’Aménagement du territoire, les gouverneurs de la région, les députés, les élus, mais aussi les architectes et les responsables de l’agence urbaine. Une opportunité de faire un pronostic de la métropole, relever ses dysfonctionnements et reconsidérer ses fonctions en tant que “moteur de développement durable pour rattraper les retards accumulés et affronter la bataille de la compétitivité”, dixit M. Félix Damette, géographe-urbain. L’idée étant de mettre en place une aire métropolitaine mieux organisée, plus attractive et plus dynamique dont les effets devraient bénéficier à toute l’économie nationale. Cette journée fut en effet, riche à plus d’un égard. L’étude réalisée par le cabinet d’études Dirassat, qui s’est en grande partie servie des résultas du dernier recensement pour mettre à nu les véritables problèmes de la métropole pour élaborer le Schéma d’Organisation Fonctionnelle et d’aménagement (SOFA) de l’aire métropolitaine centrale Casablanca-Rabat. Il s’agit d’un document de cadrage et d’orientation qui n’a pas de prétention de réglementation, mais de mise en cohérence des politiques publiques. L’idée est de penser la région en terme de développement durable à travers un partage intelligent des richesses et non pas à travers les méthodes classiques d’urbanisme”, déclare M. Souafi, directeur de l’aménagement du territoire. De son côté M.Damente a rappelé que le SOFA n’est pas un schéma directeur d’urbanisme car il a été conçu dans un souci économique d’abord. Celui de savoir si Casablanca assume son rôle en tant que moteur de l’économie. ” Nous avons, en effet, affaire à un véritable contraste, si l’on tient compte des indicateurs socio-économiques. Casablanca joue un rôle fondamental dans l’économie nationale. Elle est cependant frappée par une sorte d’inertie qui l’empêche d’impulser du dynamisme dans d’autres villes du Royaume. Selon le dernier recensement, 33% de l’emploi salarié et 15 %d’emplois familiaux indépendants sont basés à Casablanca, alors que son taux de croissance est inférieur à la moyenne nationale.
Toujours selon cette étude , le problème central de l’agglomération à Casablanca est le foncier. Nous sommes en économie de marché et le marché foncier casablancais est très particulier. Il ne permet pas de résoudre les problèmes sociaux mais tend à les compliquer. La ville compte 19000 habitants/km2, alors que la moyenne mondiale est de l’ordre de 10000 habitant h / km. C’est une ville qui occupe un espace restreint, d’où une exurbanisation avec une poussée à Sidi Moumen Hay Hassani, mais aussi Bouskoura et Dar Bouâzza. “donc il ne faut pas être surpris de voir ses problèmes s’amplifier. Ce qui a un effet pervers considérable sur le plan économique et social; nous sommes en train de compromettre l’avenir” commente M. Damente qui estime que Casablanca paie pour des décennies de décalage, alors qu’elle est une sortie de crise. A partir de là, il est impératif d’avoir une politique pour baisser les prix du foncier, équiper et structurer des terrains pour qu’ils soient de véritables espaces urbains, dotés d’infrastructures, de voiries, mais aussi de transport public adéquat et un plan de circulation capables de décongestionner la ville. L’objectif étant de répondre aux besoins de la population et empêcher les problèmes sociaux de s’amplifier, engendrant un espace urbain anarchique. Selon M. Damente, Casablanca regorge d’atouts pour entraîner la région et toutes les autres villes dans une dynamique de développement, c’est la plaque tournante du Maroc, mais il faudra la réorganiser, la doter de moyens nécessaires pour qu’elle puisse accomplir son rôle de moteur de la dynamique. Dans cette optique, l’aire métropolitaine centrale Casa-Rabat, qui s’étend à Mohamédia, Salé, kenitra d’un côté et El Jadida, Jorf et Settat de l’autre, prônée par le SOFA se décline comme une issue pour revaloriser la ville.
Enfin, si le Schéma d’organisation fonctionnel et d’Aménagement n’a pas trouvé un écho favorable, chez tous les participants à cette journée, il ne demeure pas moins un document d’envergure qui a le mérite d’avoir tenté d’apporter une solution à un certain nombre de dysfonctionnements qui handicapent la ville.
Leila Ouazry
Le scrabble au Riad Club de Rabat
Rémuez-vous les neurones !
Le sport n’a pas un seul terrain de prédilection et ce n’est pas les scrabbleurs qui diront le contraire. C’est dans ce cadre que le Riad Club de Rabat organise, le 12 février 2005, son tournoi annuel dans ce sport cérébral particulier où près de 50 professionnels scrabbleurs prendront part en collaboration avec le Club de Scrabble de Rabat, membre de la Fédération française de scrabble.
C’est une démarche inédite dans la mesure où il est question de faire du scrabble un jeu populaire pour devenir une discipline de compétition. D’ailleurs, les trois Clubs (Rabat, Casablanca, Youssoufia et bientôt Marrakech) s’inscrivent dans cette logique. En l’absence d’une Fédération marocaine de Scrabble, les trois clubs font partie aujourd’hui de la Fédération française de scrabble. D’où l’importance de ce tournoi qui doit constituer un argument de plus pour la mise en place d’une structure nationale pouvant encadrer et gérer cette discipline cérébrale. Mme Toumi Sayah Amal, Responsable du Club de Scrabble souligne à ce sujet qu’une démarche est en cours pour mettre sur pied une Fédération marocaine de scrabble d’autant plus que le Maroc, à travers les trois Clubs existants, à des tournois internationaux. Résultat : il existe aujourd’hui près d’une centaine de personnes qui détiennent une licence en la matière. Et l’ambition de Mme Sayah Amal est de mettre ce jeu à la portée de tout le monde, grands et petits. Une vision que M. Guillaume Gilles, Directeur Général et Président du Club Riad de Rabat a fait sienne. Pour ce gestionnaire accompli, le tournoi du 12 février est l’occasion de développer cette discipline au sein du club Riad de Rabat et de sensibiliser effectivement les gens à y adhérer. «Nous voulons que le Club Riad de Rabat devienne un grand centre d’activité aussi bien pour les activités physiques que cérébrales», fait-il remarquer. Selon lui, les enfants comme les adultes peuvent venir au Club, dans un cadre familial, se divertir d’autant plus que le scrabble permet aux enfants de développer leur vocabulaire et de se familiariser avec la technique du jeu. D’ailleurs, le Club Riad de Rabat développe en son sein d’autres activités outre le tennis, un domaine dans lequel il est traditionnellement réputé. Depuis la prise en main de cet établissement par Redal, c’est une nouvelle dynamique qui a été déclenchée et une ambiance conviviale y règne. Pour le tournoi du samedi, il se déroule en Duplicate (voir encadré). Pour avoir une idée de l’importance de cette rencontre, il faut dire que c’est la Fédération internationale de scrabble franconphone qui chapeaute les fédérations de scrabble à travers le monde francophone qui organise les compétitions au niveau international, comme par exemple, le simultané mondial (plus de 6000 participants) ou le championnat du monde regroupant les quelque 400 joueurs, dont la 33ème édition s’est déroulée à Marrakech en juillet 2004. Quant au prochain championnat, il se déroulera du 15 au 22 juillet à Neuchâtel en Suisse. In fine, le scrabble de compétition est présent dans de nombreux pays à travers le monde dont Angola, Belgique, Bénin, Caméroun, Congo, France, Liban, Luxembourg, Madagascar, Maroc, Tunisie, Mauritanie, Niger, Québec, Roumanie, Suisse, Sénégal etc.
M.S.