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Auteur : Publier le : February 3, 2005
Le 27 janvier dernier, les peintres, M. Chabaa et M. Melehi, tous deux issus de l’Ecole des Arts et Métiers de Tétouan, pionniers de l’art contemporain marocain et de l’école de Casablanca en particulier, ont inauguré la première rencontre du cycle sur le thème “Histoire de la peinture contemporaine marocaine”. Au 20ème siècle, les artistes marocains découvrent la peinture par le biais des peintres étrangers tels de La Nézière ou Majorelle attirés par la beauté des paysages et éblouis par la lumière ambiante. C’est donc tout naturellement que la toile et le chevalet s’imposent et que les artistes marocains adoptent la peinture occidentale participant ainsi à la modernisation du paysage culturel de leur pays. Cette influence des peintres coloniaux se traduira dans des œuvres au réalisme exotique ou photographique et inscrira indéniablement l’art marocain dans une certaine tradition occidentale. Avec l’indépendance et l’effervescence intellectuelle qui l’accompagne, certains artistes, comme Ben Driss El Yacoubi, imposent une nouvelle vision picturale caractérisée par une touche plus personnelle tendant vers l’abstraction. Mais il faut attendre les années soixante pour que toute une génération d’artistes marocains s’affranchisse du modèle colonial. Fuyant le réalisme et le figuratif, ces artistes consomment la rupture et se lancent dans une recherche identitaire et esthétique encouragée par Belkahia, alors directeur de l’Ecole des Beaux-arts de Casablanca. Dans le cadre de cette réflexion sans précédent sur les arts plastiques au Maroc, les peintres expriment leur ouverture à d’autres cultures tout en affirmant leurs origines et en réactivant leurs sources profondes. Les travaux de Gharbaoui et Cherkaoui sont des exemples flagrants de cette création contemporaine. L’exposition en plein air de Jamaa el-Fna marque aussi une étape importante dans ce processus de questionnement et dans la revendication d’une relation avec le public. Peu a peu, la vision culturelle intègre la vision sociale. Les formes et les traits se sont plus régis par une composition préalable, les œuvres naissent d’une démarche gestuelle (Kacimi, Bellamine), de la quête de lumière (Chaaba), de l’architecture des formes (Melehi) ou encore de la fascination pour les signes (Miloudi) et les lettres (Hariri) sans oublier les “ naïfs ” (Chaïbia). La naissance de galeries et d’espaces d’art dans les années 70 et 80 donne un souffle nouveau aux arts plastiques et contribue à l’éclosion de jeunes artistes comme Saladi ou Kantour. La diversité de l’exposition “ Imaginaires croisés ” inclut la génération des années 90 tels Amina Benbouchta ou Yamou, qui bénéficient d’une certaine quiétude culturelle grâce aux méditations intellectuelles de leurs prédécesseurs. En l’absence d’un musée d’art contemporain, les amateurs ne manqueront, sous aucun prétexte, ce voyage exceptionnel auquel nous convie “ Imaginaires croisés ”. FDD
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