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Quels exemples de saints marocains pourrait-on citer à travers l’histoire ?

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Publier le : January 13, 2005

L’étude est parue dans un numéro spécial de la revue Hesperis (année 1924, Tome IV, 3e trimestre). L’intérêt de ce travail réside dans son aspect synthétique et dans le fait qu’il livre des éléments historiques importants de la vie de ces saints personnages, Il ne faut pas attendre de l’auteur une saveur particulière car il n’est pas musulman, mais son travail reste une référence importante pour le lecteur francophone.
Mais qui sont donc les seb’atou rijâl ? Chronologiquement ils sont classés comme suit :
- Cadi Ayad né à Ceuta en 476 et mort en 544 célèbre pour son livre AI-Chifa’ bita’rîf houquouq AI-Mustaphâ qui a donné lieu à un dicton fameux : “sans Ayad, on ne parlerait pas du Maghreb; sans le Chifa, on ne connaîtrait pas Ayad” (2)
- Sidi Es-Soheili serait né à Soheil (près de Malaga) en 509 et mort en 581 (6)
- Sidi Youssef né à Marrakech et mort en 593 (1)
- Sidi Bel Abbés es-Sebti né Ceuta en 524 et mort en 601 (3)
- Sidi Ben Sliman Al-Jazouli mort en 870. Sa fameuse prière sur le Prophète, le fameux Dalîl AI-Khaïrat, fait partie du wird journalier communiqué par le shaykh Sidi Hamza à ses disciples, (4)
- Sidi Abd el-Aziz Et-Tebba appelé aussi Sidi El Harrar né à Marrakech et mort en 914 (5)
- Sidi el Ghezouani surnommé aussi Moulay el-Kssour mort en 935 (7)
Ce classement chronologique n’est pas celui de la ziyara (visite) des sept patrons. Celle-ci se fait suivant un parcours circulaire qui, commencé au Sud-est de la ville, s’achève au Sud-ouest. Les numéros (1 à 7) entre parenthèses, indiquent le sens de la ziyara qui commence par la première station celle de Sidi Yacoub Youssef, coupole construite par les Saâdiens et sous laquelle repose également son maître shaykh Bou Asfour.
Nous nous arrêtons dans cet article sur un de ces prestigieux saints, le célèbre Sidi Al-Jazouli auteur du Dalîl AI-Khaïrat. On ignore la date exacte de la naissance de ce saint; probablement les dernières années du VIII siècle de l’Hégire (XIV siècle de l’ère chrétienne). Le shaykh Al-Jazouli descendait du Prophète (grâce de Dieu sur lui) par une filiation prouvée comptant 22 ancêtres. Il était originaire d’une grande tribu du Souss : les djazoula ou les Gazoula. Il fut le Qotb (pôle) de son époque, restaurateur de la tarîqa Shadiliya et fondateur de la tarîqa Jazoulia. Quittant sa région natale (le Souss) en proie à des troubles, il vint résider à Fès et étudia à la medersa As-Saffarin ou peut-être à celle d’EI-Halfaouin. C’est à Fez qu’il écrit le célèbre Dalîl A/-Khaïrât, un ensemble de bénédictions et de prières sur le Prophète. Cet ouvrage majeur aurait été rédigé par le saint homme après avoir constaté les prodiges extraordinaires réalisés par une sainte femme qu’il rencontra à Fès. Lui ayant demandé le secret de cette réalisation spirituelle, la vieille femme répondit : “c’est grâce à la prière sur notre bien aimé Sidna Mohamed (Prières et bénédictions d’Allah sur lui, sa famille et ses Compagnons)”.  De Fez, Sidi Al-Jazoulî passa à Azemmour, puis à Tit (dans les doukkala), où il reçut l’initiation spirituelle du shaykh des Beni Amghar, Sidi Mohammed Ben Abdallah.
Les disciples se pressaient autour de lui toujours plus nombreux. A Safi où il arriva, son influence religieuse lui attira des jalousies de la part du gouverneur Mérinide qui le fit éloigner de la ville. Le saint choisit comme lieu de retraite la tribu des Chiadma (village de Tafoughal en 833) ce qui suscita l’agitation des Haha voisins des Chiadma qui voulurent profiter de la baraka du saint. Il le pressèrent de venir habiter le village de Tazrout (sans doute Sahil près du oued Tankrout). Sidi Al-Jazouli partagea les dernières années de sa vie entre les deux villages. Il serait mort à une date comprise en 869 et 875. Comme les Chiadma et les Haha s’étaient disputés l’honneur de posséder le shaykh de son vivant, ils se disputèrent son corps après sa mort. La dépouille du saint fut gardée jalousement pas les Chiadma jusqu’à ce que les Haha s’en emparèrent une vingtaine d’années plus tard. Les Chiadmas la reprirent et l’enterrèrent à Afoughal. En 918 (1512) Sidi Mohamed AI-Kaïm, l’ancêtre de la dynastie saâdienne après avoir battu les Portugais à plusieurs reprises quitta le Souss et vint résider à Afoughal où il mourut en 923 (1517). On l’enterra près du tombeau de l’illustre Saint. Sept années plus tard, Moulay Ahmed Aaredj, fils d’AI-Kaïm, devenu souverain du Maroc, fit transférer à Marrakech le corps de son père et par la même occasion celui de Sidi Al-Jazoulî. Les deux corps, ramenés à Marrakech, furent enterrés au Riad Al-Arous (930), et par la suite, on éleva près du mausolée du shaykh une mosquée. Ainsi prit fin l’extraordinaire et mouvementé périple de la dépouille de ce Saint homme. Les biographes rapportent les témoignages de nombreux contemporains selon lesquels la dépouille de Sidi Al-Jazoulî demeura intacte et ce à chaque déplacement
Puisse Allah répandre sur lui  et sur nous Son Infinie Miséricorde !

Ahmed Rachik



 

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