«K-19 : le piège des profondeurs», le drame de Kathryne Bigelow est sur les écrans de Casablanca.
Présenté aux festivals de Deauville et de Venise 2002, le drame de Kathryne Bigelow a eu tous les honneurs. Basé sur un fait divers tragique, K-19 : le piège des profondeurs revient sur l’une des plus dramatiques tragédies de l’histoire russe. Le 4 juillet 1961, le sous-marin nucléaire K-19 est victime d’une avarie du système de refroidissement de l’un de ses réacteurs, alors qu’il demeure dans les eaux de l’océan Atlantique. Afin de remettre en marche le système manuellement, huit marins se sacrifieront pour entrer dans le compartiment du réacteur et seront mortellement irradiés. Écrit par le scénariste Christopher Kyle et revisité par Tom Stoppard, scénariste oscarisé en 1998, le drame «K-19 : le piège des profondeurs» est le premier film où le comédien américain Harrison Ford s’engage non seulement en tant qu’acteur, mais également comme producteur exécutif, pour un film dont le budget avoisine les 100 millions de dollars. Le réalisateur Kathryne Bigelow a entamé le tournage de ce film à Moscou en février 2001. Grâce à la normalisation des relations entre les Américains et les Russes, l’équipe a eu la permission d’accéder à plusieurs bâtiments officiels. Elle a bénéficié en outre de la collaboration des autorités russes puisqu’un ancien commandant de sous-marin et un conseiller naval ont vérifié l’authenticité des protocoles et des manœuvres lors du tournage. L’histoire du film se déroule en juin 1961, en pleine Guerre froide, dans les eaux de l’Atlantique nord, Alexei Vostrikovn ( Harrison Ford) , le capitaine du premier sous-marin nucléaire de l’arsenal soviétique, le K-19, découvre que le système de refroidissement du réacteur principal est défaillant. A son bord, des ogives et un moteur à propulsion atomique menacent d’exploser si la température au cœur du réacteur ne baisse pas rapidement. Coupés du monde extérieur et du reste de la flotte russe à cause d’une panne d’antenne, le capitaine Vostrikov et son second Mikhail Polenin doivent surmonter leurs différends pour faire face à la crise et éviter un accident nucléaire. Par ailleurs, si une telle explosion se produisait, les Etats-Unis pourraient croire à une première attaque soviétique et déclencher une guerre totale. Dans le film « K-19: le piège des profondeurs», l’action est réduite à sa plus simple expression (le sacrifice), aidée par l’immense talent de la cinéaste Kathryne Bigelow à filmer le moindre pas décisif comme une tragédie ( Harrison Ford descendant dans la pièce maudite), fait de K-19 est une œuvre à la fois singulière et terriblement éprouvante, dans la tradition d’une efficacité walshienne et simultanément dans ses marges, aux limites d’un basculement terminal. Soit le spectacle hollywoodien de la guerre retourné comme un gant, qui subitement révulse et terrifie.
BE.L.