| | Articles » Lire, Voir, Entendre | | Quand le corps écrit et s’écrit Le Théâtre du Soleil au Maroc |
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Auteur : Publier le : January 6, 2005
Mouchkine appelle l’acteur un créateur qui écrit le texte du jeu avec son corps sur scène. La troupe du Théâtre du Soleil compte à l’heure actuelle 80 membres, de 35 nationalités différentes et parlant 22 langues. Sa raison d’être est le travail permanent. Les membres de la troupe travaillent à tous les postes: depuis le métier de comédien, jusqu’aux recherches sur le maquillage ou le costume, le nettoyage des lieux ou l’épluchage pour les repas collectifs. Les comédiens sont mis à l’épreuve de leur talent par ce metteur en scène exigeant, qui donne un cadre, un principe à partir duquel un travail d’improvisation a lieu. Il s’agit d’une dynamique collective qui révèle efficacement les talents individuels. «Chacun apporte ce qu’il peut», dit Ariane Mnouchkine. Cette phrase évoque bien le travail acharné des acteurs. Les comédiens répètent plusieurs rôles du spectacle, avant que la distribution définitive ne soit arrêtée par Ariane Mnouchkine. Le théâtre d’Ariane Mnouchkine repose sur le principe d’un «théâtre de pure poésie, mais toujours plus vrai que vrai». Depuis son installation à la Cartoucherie, depuis L’Age d’Or, surtout, en 1975, les spectacles du Soleil ont toujours été des spectacles engagés, avec une dimension politique, Ariane Mnouchkine n’hésitant jamais à militer personnellement. A travers ses spectacles sont abordées les tragédies qui scandent l’Histoire des Hommes. Plus particulièrement, après une série de mises en scène des œuvres de Shakespeare, Euripide et Eschyle, c’est le drame moderne et collectif qui est donné à partager. C’est durant l’été 1970 que le Théâtre du Soleil, désespérément à la recherche d’un lieu de travail qui ne soit surtout pas un théâtre, découvre la Cartoucherie. La troupe s’y installe de façon provisoire au mois d’août afin d’y répéter. De retour à Paris après un véritable succès, le Théâtre du Soleil décide d’aménager la Cartoucherie afin de pouvoir y jouer son spectacle. Les membres de la troupe réalisent eux-mêmes les travaux - sans aide de la Ville de Paris ni du ministère de la Culture - et deviennent tour à tour maçons, peintres, plombiers, charpentiers, vitriers, électriciens, zingueurs ou menuisiers. La troupe est en mesure de pouvoir y jouer son spectacle à partir du 26 décembre 1970 : les spectateurs prennent ainsi pour la première fois le chemin de la Cartoucherie, à la recherche d’un lieu mystérieux et dissimulé dans les bois. C’est en hiver, la neige et le brouillard sont également au rendez-vous, la vision nocturne de la Cartoucherie est très austère, le bâtiment occupé par le Théâtre du Soleil n’est pas chauffé, mais la chaleur et la force du spectacle motivent un public qui ne cessera de grandir... Ainsi naît le Théâtre du Soleil en tant que nouveau théâtre parisien et la Cartoucherie en tant que lieu possible pour le spectacle. Quatre Projections auront lieu au Théâtre 121 à l’Institut Français de Casablanca et illustreront ce parcours artistique: «Au Soleil même la Nuit», documentaire qui témoigne de la façon dont Ariane Mnouchkine cherche et travaille avec ses comédiens (jeudi 6 janvier 2005, à 20h ), Au soleil même la nuit, c’est aussi un portrait unique d’Ariane Mnouchkine et un témoignage passionnant sur son approche et sa réflexion théâtrales. Film d’Éric Darmon et Catherine Vilpoux en harmonie avec Ariane Mnouchkine. Coproduction La Sept ARTE, Agat Film & Cie et le Théâtre du Soleil1996-97.»Molière», un film qui raconte comment un petit garçon né en 1622 deviendra-t-il cet acteur prodigieux, et auteur universel (mercredi 12 janvier 2005 à 19h). «La Ville parjure ou le réveil des Erinyes» parle de la responsabilité des politiciens, l’indifférence des intellectuels et leur silence complice lors du scandale du sang contaminé (vendredi 14 janvier 2005 à 20h). «Tambours sur la digue», captations de deux spectacles dans lesquels le théâtre se fait lieu de témoignage, de mémoire et de questions (mardi 18 janvier 2005 à 20h). L’IFC prévoit une exposition, du 6 au 22 janvier, des magnifiques photographies de Michèle Laurent qui accompagne depuis ses débuts le Théâtre du Soleil et diaporama retraçant 30 ans de recherche esthétique, artistique et de ce qu’a à dire le théâtre à ses contemporains. L’exposition, composée d’une quarantaine de clichés de Michèle Laurent balise le parcours du Théâtre du Soleil à travers une quinzaine de spectacles montés depuis 1976. Elle illustre la progression d’un théâtre engagé dans son propos et marqué par une recherche scénique aux sources de laquelle l’on trouve jeux de masques, contrastes esthétiques de couleurs et de lumières tournées progressivement vers l’Orient, jusque dans ses confins. Le vernissage de cette exposition aura lieu jeudi 6 janvier à 19h, à la Galerie 121. Les 13, 14, 15 et 16 janvier, à la Salle Delacroix du Lycée Lyautey, un stage sera animé par quatre comédiens du Théâtre du Soleil: Delphine Cottu, Maurice Durozier, Ducio Bellugi-Vannucinni et Serge Nicolaï. Ce parcours serait incomplet sans la présence des comédiens du Soleil pour incarner cet art extrêmement physique qu’est le théâtre. Ils donneront un stage intensif pour des acteurs marocains, rencontreront aussi des lycéens pour parler avec eux de l’exigence de leur métier. Une rencontre publique autour de l’histoire du Théâtre du Soleil et de son esthétique aura lieu au centre culturel du Mâarif le 15 janvier avec la participation de Béatrice Picon-Vallin, directrice des recherches au CNRS et spécialiste du travail du Théâtre du Soleil, et naturellement des membres de la troupe du Théâtre du Soleil. Pour en savoir plus sur le Théâtre du Soleil: www.lebacausoleil.com I.K.
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