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Abdeladim Chennaoui, l’énergie toujours renouvelable Entretien

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Publier le : January 6, 2005

La Nouvelle Tribune : C’est une nature humaine, on sympathise souvent avec la personne qui accepte sans conditions d’ouvrir son coeur à nous et de nous raconter une part de sa vie, son enfance, sa famille, ses souvenirs...
Abdeladim Chennaoui :
Tout à fait d’accord avec vous. Je suis né à l’ancienne médina de Casablanca. On a déménagé à Derb Soltan. J’ai été au M’sid. J’ai fait mes études primaires à l’école Sidi Mohammed Ben Youssef et Bouchaïb Al Azemmouri, puis le collège Al Azhar.

Des bêtises et des punitions?
Nombreuses!

L’amour pour le théâtre?
Au Collège Al Azhar.

Votre premier rôle?
Au temps du protectorat on appelait les comédiens «les enfants du pays» et c’étaient eux qui animaient les fêtes. On m’a demandé de jouer le rôle du mouton. On m’a mis une peau de mouton sur le corps. je devais bêler à chaque fois qu’on me touchait. J’ai suivi des cours d’interprétation à la Maison de Théâtre sur l’actuel Boulevard  Zerktouni. C’était une villa offerte par El Glaoui aux hommes de théâtre de l’époque. Notre professeur de théâtre était un certain André Voisin. J’ai créé une troupe d’amateurs avec des amis. Je suis membre du Bureau Africain des Droits d’auteurs  depuis 1959. J’ai écrit une première pièce, une comédie intitulée «Le pharmacien». On l’avait présentée à la Foire Internationale de Casablanca. A l’époque, il y avait la troupe de feu Bachir Lalej.
Vous aviez quel âge?
Seize, dix sept ans. Le poète Mostapha El Maâdaoui et Bachir Lalej que Dieu ait leurs âmes, avaient assisté à notre pièce. Ils ont adoré. On m’a alors proposé de rejoindre leur troupe, des professionnels à l’époque (les années 60). Une proposition qui m’a beaucoup enchanté. Bachir Lalej devait écrire une pièce par semaine pour la radio. Il m’avait gentiment proposé d’écrire des pièces pour la radio, j’ai accepté sans hésitation. C’était mon maître. Les comédiens, il y avait Bouchaïb El Bidaoui, Kadmiri, Boujemâ, Abdessalam El Maknasi, El Mfedel Lahrizi qui interprétait «Mi L’Hernounia»...

Vous avez reçu un diplôme de réalisation en Egypte?
Je suis parti au Caire pendant deux ans. J’ai obtenu le diplôme de réalisation. Je suis rentré au Maroc et j’ai créé une troupe baptisée «La fraternité arabe». J’ai écrit plusieurs pièces pour cette troupe notamment «Attaich», «Al Haaira»...Cette troupe a donné naissance à un nombre important de comédiens; Hilal Abdellatif, Mohamed Majd, Salah Eddine Benmoussa, Souad Saber, Ahmed Soussi, Dassoukine, Ben Brahim...

Les thèmes majeurs de vos pièces?
Le côté social et culturel.

L’étape de la télévision?
La première émission réalisée pour la télévision, était en 1977 «Fawakih Lilihdaâ» (Des fruits en offrande). Un programme qui a eu beaucoup de succès.

C’était quoi le concept?
Le principe était basé sur l’alphabet arabe. Une lettre pour chaque partie de l’émission. Pour le «Alif», par exemple, on demandait aux personnes dont le prénom commence par cette lettre de contacter l’émission, on faisait passer des chanson qui commencent par un «Alif», on invitait des artistes dont le nom commence par cette même lettre etc... on leur posait des questions insolites, genre «tu chausses du combien?»... Après il y a eu l’émission «Maâ Annojoum» (Avec les stars). J’ai animé une autre émission intitulée «Nadi Al Monawwaât» (Le club des variétés) dont le rôle était de faire la promotion de jeunes musiciens, chanteurs... La dernière émission s’appelait «Qanadil Fi Chorfati Allayl», Un sorte de veillée très intime et très chaleureuse.

Vous êtes parti à MIDI 1 pour une durée de deux ans, vous y êtes resté 20 ans!
Le monde de la radio, c’est un monde merveilleux. Seule la voix, l’intonation de la voix, le timbre de la voix, l’accent, permettent au speaker de durer et d’avoir un auditoire assez important.

Et vous avez la chance d’avoir tout cela.
Le public reste le meilleur juge.

Vous avez quitté MIDI1 pour 2M.
Je voulais changer un peu. J’ai créé l’émission «Haddoka Hada Al Masaâ» (Ta chance ce soir). Une année après, j’ai décidé de tourner dans des films, des téléfilms...

Un souvenir qui vous a marqué à vie?
Je devais avoir 7/8 ans, je fuyais l’école pour aller dans les halka. On a appris que je séchais les cours. J’ai été sévèrement corrigé. J’ai dit que je voulais apprendre un métier. Mon père m’emmena alors chez un surnommé «Bokricha», mécanicien. Il m’en a fait voir de toutes les couleurs. Un jour il me demanda d’aller chercher son fils à l’école. En voyant les élèves sortir de l’école, souriants, propres, j’ai réalisé que j’avais commis l’erreur de ma vie. Je suis rentré à la maison, j’ai demandé à mes parents de me remettre à l’école. Je me suis rendu compte bien après que c’était une ruse de la part de mon père. Il s’était mis d’accord avec le mécanicien sur la nature du comportement que ce dernier devait avoir avec moi pour que je revienne à l’école.

Et vous avez retrouvé le chemin de l’école?
J’en remercie mes parents et surtout l’intelligence de mon père.

Propos recueillis par
Ilham Khalifi



 

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