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Le FIFM, dévoile une lignée de gentlemen extraordinaires

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Publier le : December 16, 2004

La Nouvelle Tribune : Vous êtes né en Ecosse. Où réside l’influence sur votre personnalité de ce beau pays, où vibrent rigueur, authenticité et traditions ?
Sean Connery, acteur :
Je vous remercie pour ces belles paroles en faveur de mon pays natal. J’ai grandi au sein d’une famille très très modeste mais qui a beaucoup de respect pour les traditions et les valeurs humaines. L’Ecosse est en effet un pays où le sérieux et la rigueur sont les maîtres mots ou les étendards de notre culture. J’ai toujours respecté ces qualités. Et c’est ce qui a forgé ma personnalité. On dit que j’ai la fierté des Ecossais et c’est vrai. C’est comme chez vous au Maroc, j’ai remarqué que les gens sont très fiers, mais à la fois très modestes.

Avant de devenir la grande star mondialement connue, vous avez exercé plusieurs petits métiers, livreur, maçon, vernisseur de cercueils, etc.
On dit que le chagrin naît grand et avec le temps et la force de l’oubli, il s’estompe, mais cela ne veut pas dire que j’en étais marqué. Je suis très fier de parler de cette séquence de ma vie. Tous ces métiers, sont des métiers nobles.

C’est pour quand votre livre, votre propre autobiographie?

Pour bientôt. Et là vous aurez tous les détails de ma vie, ou presque (rires).

Vous êtes fasciné par la ville de Marrakech.
C’est une très belle ville et puis c’est surtout là où j’ai rencontré la reine de mon coeur, Micheline.

Vous avez déclaré à la veille du Festival International du Film de Marrakech qu’ils sont très chanceux, tous ces réalisateurs qui ont choisi de tourner leur film au Maroc, Oliver Stone et d’autres. Avez-vous l’intention de tourner également au Maroc?
Sir Alan Parker, réalisateur : Vous avez un très beau pays, de très beaux paysages, des étendues de sable, des océans magnifiques, des gens admirablement généreux et accueillants. Tous cela fait de votre pays, un espace favorable pour réaliser des films. Franchement j’y pense sérieusement. Et c’est certainement pour bientôt.

Vous êtes président du jury. C’est une lourde tâche.
Vous savez, ce n’est pas la première fois que je préside un jury dans un festival, mais à Marrakech, c’est un peu spécial. Nous avons 15 films à visionner, quinze films choisis un peu partout dans le monde, vous avez le Brésil, le Sénégal, la Finlande, Hong-kong, l’Argentine, la Thaïlande... et bien entendu, le seul film marocain sélectionné pour cette 4ème édition du FIFM. Ce sont des regards différents, des cultures différentes, des approches différentes, des traitements de fiction différents...On doit être très attentifs, le plus objectif possible. Le Festival ne décerne que quatre prix.

Etre président du jury au FIFM, est-ce enrichissant pour Sir Alan Parker?
Parfaitement. Je découvre déjà un nouveau pays, Marrakech, c’est une ville millénaire qui pourrait inspirer tous les créateurs, peintres, musiciens, réalisateurs...Les films sélectionnés sont tous d’un niveau intéressant. Visionner des films, être en contact avec des journalistes marocains, échanger des idées avec des professionnels marocains, tout cela c’est très intéressant. J’ai découvert dans votre pays, des traditions d’hospitalité fantastiques.

En tant que réalisateur et directeur d’acteurs, vous accordez beaucoup d’importance à l’émotion.
C’est très important l’émotion. L’acteur et le jeu de l’acteur doivent être vrais. C’est quoi être vrai? C’est être sincère, partir de son fort intérieur, jouer avec beaucoup d’émotion. Un film ne peut me toucher, que s’il est parsemé de forts moments d’émotion. Un acteur doit me faire  vibrer, doit m’amener à partager avec lui, ce qu’il vit sur l’écran et ce qu’il a vécu dans les coulisses. C’est comme un accouchement dans la douleur, mais qui donne naissance à un bonheur, la vie. Un bon film, c’est un film réalisé avec le coeur. Car nous sommes avant tout des êtres humains et non des machines. 

Vous avez écrit plusieurs articles sur la guerre en Irak, où vous avez osé dénoncer la politique américaine, le fait de vouloir s’accaparer des biens des autres au nom d’un soi-disant combat contre le terrorisme. Je cite l’article «Mille merci, président Busch”.
Paolo Coelho, écrivain brésilien : C’est un tantinet sarcastique. Je le remerciais d’avoir montrer au monde entier les dangers que représente Saddam, d’avoir montré que le peuple turc et son parlement ne se vendent pas , même pour 26 milliards de dollars. Je l’ai remercié de montrer l’énorme abîme qui existe entre les décisions des gouvernements et les désirs des peuples. Je lui ai dit merci de montrer clairement que José Maria Aznar, comme Tony Blair, n’ont aucun respect pour les voix qui les ont élus. C’était ridicule d’avoir fait en sorte que Colin Powell s’expose au ridicule en
présentant au Conseil de sécurité de l’ONU des photos qui, une semaine plus tard, ont été publiquement contestées par Hans Blix, l’inspecteur responsable du désarmement de l’Irak. J’ai dit merci à Busch dont la position a valu au ministre français des affaires étrangères, Dominique de Villepin, prononçant son discours contre la
guerre, l’honneur d’être applaudi en séance plénière. Et pour la première fois, les nations arabes, en général divisées, ont unanimement condamné une invasion, lors de la rencontre du Caire.

Plus important, vous aviez dit en tant que créateur, romancier et penseur que Busch a, sans le vouloir, fait de nouveau sentir que les paroles, même si elles ne sont pas entendues, sont au moins prononcées.
Comme je l’ai dit,  l’avenir de la Terre appartient aux exclus.

 Vous croyez à cette citation qui dit: «Que pour vous la matinée soit belle, que le soleil brille sur les armures de vos soldats, car cet après-midi je vous mettrai en déroute ?”
Absolument. Je crois que tôt ou tard, les injustes finiront par succomber à leurs complots.

Qu’est-ce que pour vous l’engagement ?
Pour un écrivain, c’est d’abord l’écriture. On peut dire non à l’injustice, avec la plume, la couleur, l’image, le choix des rôles qu’on interprète, comme on peut carrément descendre dans la rue et hurler très fort, son mécontentement, son refus. Ce sont des formes de dénonciations diverses, mais qui se retrouvent, car il s’agit de la destinée des Hommes.

Que représente pour vous l’écriture?
La vie.

Le Festival de Marrakech.
C’est un conte de fées. Une découverte extraordinaire d’un peuple extraordinaire. 

Propos recueillis par
Ilham Khalifi



 

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