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Abdelkebir Rabi, la puissance des signes Exposition

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Publier le : December 23, 2004

Né en 1944, à Boulemane dans le Moyen Atlas, Rabi s’installera à Fès en 1961 pour se préparer à sa carrière d’enseignant. C’est à cette même période qu’il prendra conscience de sa vocation artistique. Autodidacte, il sera initié aux techniques de base de la peinture par un professeur de dessin et peintre de Fès. Sa peinture  de l’époque décline les clairs-obscurs des ruelles de la médina et  la lumière des paysages environnants. Sa rencontre en 1968 avec Bernard Dorival, historien de l’art et conservateur du Musée National d’Art Moderne de Paris bouleversera son parcours artistique. Grâce à une bourse d’étude, il effectuera son premier  voyage à Paris et aura l’occasion de rencontrer quelques maîtres de la peinture française. Après s’être spécialisé dans les Arts Plastiques, il enseignera, au Maroc, dans divers établissements secondaires jusqu’en 1988. Puis il rejoindra l’Université Hassan II de Casablanca en qualité de professeur d’Art et d’Esthétique. Elément moteur dans le cadre des réflexions sur l’intégration de l’enseignement artistique dans le cursus universitaire et la réforme de l’enseignement des Beaux-arts, il se retira de l’enseignement en 2003 pour se consacrer uniquement à la peinture.
En homme intègre, Rabi fuit les faux-semblants et s’attache à accorder le plus parfaitement possible sa personnalité avec sa vie professionnelle et privée.  Au fil du temps, son œuvre évolue dans le sens d’une véritable démarche spirituelle. Sa vision s’éclaircit et ses traits prennent une apparence imprécise et brusque liée à sa conception de la création. “ L’arbre sacré ”, “ Comme une fleur d’ombre ”, “ Avez-vous jamais vu la couleur des ténèbres à la lumière d’une flamme ? ” ou encore “ Entre la pesanteur d’être et l’appel insistant d’une profondeur ”, autant de titres évocateurs de cette quête d’absolu.
Ses signes, d’un noir opaque ou transparent, mis en valeur de temps à autres par des détails de formes ou des touches de couleurs, sont de véritables symboles. Comme à ses débuts, le rapport entre la lumière et l’obscurité domine son art. Que ce soit à l’encre sur papier, à l’huile sur  toile ou à la tempéra sur linoléum ou cellophane, l’abstraction puissante de ses  tableaux  impressionne. La vitalité de ceux-ci étonne et subjugue. La démarche de Rabi n’est absolument pas comparable aux courants d’abstraction gestuelle ou d’action painting, auxquels certains ont voulu l’associer, caractérisés par l’automatisme de l’exécution. Au contraire, Rabi se concentre, réfléchit et construit son œuvre pas à pas allant de la méticuleuse préparation de ses supports à l’appropriation totale de ceux-ci. On est loin du chaos apparent. Son art ne souffre pas d’explication rationnelle car chacun de ses tableaux est un réel acte de foi et… quoi de plus irrationnel que la Foi ?

FDD



 

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