| | Articles » Lire, Voir, Entendre | | Mohammed Khaïr Eddine, lu par Régis Kermorvant |
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Auteur : Publier le : December 9, 2004
«Astre maléfique», «porteur d’enfer», Mohammed Khair Eddine hurle sa fureur de vivre dans une suite de romans-poèmes frappés au sceau de la révolte et du déchirement. Il disait : « Je désire trouver une phrase qui résume tout». Ecrivain du refus, d’Agadir à Mémorial en traversant Corps négatif, Histoire d’un Bon Dieu, Soleil Arachide, Moi l’aigre, Ce Maroc ! Une Vie, un rêve, un peuple toujours errant ou la résurrection des fleurs sauvages, le même cri résonne à chaque fois, un cri qui résume le «tout», «la beauté qu’il chantait, la révolte qui l’habitait et l’insoumission dont il rêvait de vêtir ses frères en désespoir». Mohammed Khair Eddine L’écrivain quel qu’il soit, où qu’il soit est un don à la langue, la sienne ou une autre. Il est, par le fait de l’écriture dans une double mémoire: La première est formatrice de la vision concrète du sujet, et l’autre lui vient du code d’une autre vision, celle de la littérature. C’est par la littérature comme langage et comme acte esthétique que les deux mémoires ne se défaussent pas l’une de l’autre et que se constitue un mode d’existence en feux croisés des deux mémoires. Réfléchir aujourd’hui sur la figure de l’écrivain Khair Eddine, c’est inéluctablement se pencher sur l’émergence de sa voix née du lien et de l’affrontement de l’histoire et de l’individu, de la mémoire et de la hargne de l’expression littéraire comme le fait d’une croyance délibérée. En écho au colloque International autour de l’œuvre de Mohammed Khair Eddine sur le thème «Histoire, Mémoire et Fiction», organisé à l’initiative du Département de Langue et de littérature Françaises à la Faculté des Lettres et des Sciences Humaines d’Agadir qui envisage par des approches différentes et interdisciplinaires de s’interroger sur la réception critique de cette complexité de l’écrivain, l’Institut français d’Agadir a invité le comédien Régis Kermorvant à une Soirée- Lecture au cours de laquelle il nous donnera à entendre des textes de ce poète maudit. Régis Kermorvant a suivi une formation classique au cours «Monique Arthur» avant d’entrer à l’Université de St Denis où il rencontre Claude Buchvald et Alain Astruc avec qui il travaillera. Sous la direction de Claude Merlin, il participe à deux créations : «Les éblouissements de Mr Maurice» et «Nocturne à tête de cerf». Depuis 1998, il prête ses talents d’acteurs à des auteurs contemporains tels Arrabal, Novarina, Colomb et Maynard, avec lesquels il collabore. En 2003, il joue dans «Morderegrippipio...» de Rabelais dans une mise en scène de Claude Buchvald. L’Institut Français d’Agadir édite à cette occasion un livret sur l’auteur et son œuvre conçu par Hassan Wahbi, professeur de français à la Faculté des Lettres et des Sciences Humaines d’Agadir.
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