| | Articles » Lire, Voir, Entendre | | Les peintures d’Attijariwafa bank, à Tanger |
|---|
Auteur : Publier le : November 11, 2004
Attijariwafa bank présente pour la première fois hors de ses murs l’exposition "Imaginaires croisés. Collection de peinture d’Attijariwafa bank". Cette exposition regroupe un choix d’œuvres essentielles des deux collections BCM et Wafabank réunies pour la première fois depuis le processus de rapprochement entre les deux banques. Il s’agit d’une invitation au voyage dans l’histoire de la peinture contemporaine du Maroc, à travers des œuvres choisies dans une collection ayant pris forme dans les années 70. L’exposition sera enrichie tout au long de son déroulement, par des visites commentées organisées par l’Institut français du Nord, un cycle de conférences sur l’histoire de la peinture contemporaine marocaine et son devenir, des hommages à deux grands artistes marocains nous ayant quittés. L’objectif est de sensibiliser ce jeune public en particulier à l’importance de la création plastique et de son devenir et de prendre conscience de la richesse de ce patrimoine et le sauvegarder. Des œuvres d’artistes majeurs comme Jilali Gharbaoui et Ahmed Cherkaoui, fondateurs de la peinture moderne marocaine et résolument inscrits dans une dynamique universelle, ouvrent la voie à l’exploration de cette collection. Cherkaoui aura initié la voie du "signe" à la fin des années 50, et des artistes comme Belkahia, Ben Cheffaj, Meghara, Miloudi, Slaoui, Nabili, à titre d’exemple, questionneront encore à ce jour, le patrimoine populaire et la mémoire des signes en utilisant les motifs des tapis berbères, les tatouages, les signes calligraphiques et des matériaux comme le cuir, la toile de jute. En opérant une transfiguration de ces signes dans un langage pictural moderne, ils affirment un style personnel à forte identité sans rompre avec les courants artistiques internationaux. Gharbaoui, quant à lui, aura inauguré les premiers jalons vers une abstraction gestuelle pure. Les artistes comme Bellamine, Chebaa, Miloud, Kacimi, Mehadji ou Rabi questionneront la profondeur de la surface de la toile, ses lignes structurelles (verticalité, horizontalité, frontalité), ses matières, et au-delà des questions de forme, transparaissent des interrogations d’ordre spirituel ou lyrique. Des peintres comme Hariri, Snoussi essaient de démontrer les possibilités plastiques de la calligraphie. La figuration trouve ses représentants en Abouelouakar, qui est un des rares à représenter les récits bibliques, coraniques et soufis, en Drissi qui ramène le corps à ses expressions les plus déformées ou encore en Yamou dans une représentation libre et onirique de la nature végétale. El Glaoui signe des fresques murales spécialement conçues pour un des étages du siège de la banque et détachées ensuite pour les besoins d’exposition. Dans cette collection, sont également représentés en bon nombre les artistes dits peintres bruts ou naïfs, comme Chaïbia, Fatima Hassan, Louardiri ou Saladi... Enfin, les artistes de la décennie 90, comme El Bekay, Meriem El Alj... ont également leur place dans la collection, mais feront l’objet d’expositions spécifiquement consacrées à leur génération. Parmi les plus importantes des collections institutionnelles du Maroc, la collection Attijariwafa bank, aujourd’hui riche de près de 2000 œuvres, a fait l’objet de plusieurs éditions de beaux livres, notamment "30 ans de mécénat" édité par la BCM en 2001 préfacé par Brahim Alaoui et édité par la Wafabank.
|
|