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Mohamed Remmal, une plume, une voix et des souvenirs

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Publier le : September 16, 2004

Né au quartier Rass Jnane à Fès le 4 novembre 1945. Il grandira à Meknès au Melleh Jdid, "quartier général de tous les mellah juifs au Maroc. Son premier amour, une juive: "Je suis fier de le dire. J'ai eu beaucoup d'amis juifs, j'ai été invité par des juifs, on mangeait ensemble, on sortait ensemble. On assistait à leurs fêtes, ils assistaient aux nôtres... A cette époque, aucune animosité ni haine entre juifs et arabes". Pour Remmal, un journaliste "authentique, comme il se plaît à le dire, doit forger son avenir en ayant des valeurs solides, objectivité, fierté et honneur "C'est très dégradant, un journaliste qui tend la main, qui demande l'aumône."
Sa carrière est pareille à des graines de sable transportés par la brise. Quand il narre le passé, ses phrases se libèrent comme l'eau douce de cette belle source "Aïn Karma", une beauté qui faisait la fierté des meknassis.
Instituteur  au lycée Moulay Ismaël. Il devait avoir 17/18 ans lorsqu'il créa avec le poète Allal Khiyari, le professeur Tahiri, et un groupe d'étudiants la revue "Al Hadaf"., où il avait interviewé Taieb Seddiki et Fatema Regragui "Au cinéma Rif à Méknès Fatema Regragui allait entrer en scène sur le dos d'un cheval, un vrai. C'était magique", s'en rappelle Remmal. "Si" Mohmed obtient le diplôme de la capacité en droit. Membre de l'UNEM (Union Nationale des Etudiants du Maroc) au côté de Hamid Berrada, il va voyager en France à Grenoble où il va enseigner la langue française durant un an et demi "La gare ferroviaire de Grenoble à l'époque, était entièrement construite en bois". C'était à l'époque où la ville s'apprêtait à accueillir les premiers jeux Olympiques d'hiver, au début des années 60.  En 1965, Remmal rejoint la RTM où il est rédacteur d'information. C'était au 4ème étage du Théâtre Mohammed V, avec Tahar Belarbi, Ahmed Kerouk, Larbi Skali, Mohamed Ben Dedouch, Mohamed Bennani, Abbas El Fassi Fihri. C'était à l'époque d'Abdelwehheb Belmansour: "Depuis sa  naissance, la presse marocaine a connu beaucoup de difficultés, question salaire, c'était du délire, des miettes, moins de cinq cent dirhams.  Je pense que cela dure encore...Et l'on reproche à certains journalistes d'être corrompus !." A partir de 1969/70, il crée une première émission intitulée "Koullo Chayâ" mettant l'accent sur l'actualité culturelle et faisant le suivi des artistes. C'était pendant les débuts de Mostafa El Alaoui. Remmal rédigeait les commentaires et le jeune speaker Mostafa se chargeait de les lire. Remmal a toujours eu des noises avec ses patrons, à cause surtout de ses valeurs et convictions. car le journalisme pour lui est avant tout une liberté. "Dans la profession de journaliste, il ne doit y avoir ni dieu ni maître, car les mots création et créativité ne rimeront jamais avec oppression et pression". Ses premières expériences à Radio Tanger en 1965. Remmal ainsi que Bouziane, étaient les premiers marocains à suivre des études à l'Institut du Journalisme (Bach Hamba), en Tunisie, la première dans toute l'Afrique. De retour au Maroc, il fût nommé responsable du service de publicité à la radio de Tanger. La seconde étape était au temps d'Ahmed Rayane, Directeur de Radio Tanger pendant les années 70. A cette époque Remmal animait et produisait plusieurs émissions, entre autre "Sujet et débat" (Mawdouâ wa hiwar), "Toile et artiste" (Lawha wa Fannan). Le 10 juillet 1971, Remmal allait vivre la plus grande émotion de sa carrière de journaliste. Lorsqu'il s'en rappelle, il en est tellement bouleversé qu'il a les larmes aux yeux. C'était lors de la tentative du Coup d'état de Skhirat. A l'époque Radio Tanger diffusait en trois langues, ses programmes en  une durée de 17 heures, un peu plus que Radio Rabat. "C'était un samedi, le Directeur était absent. On était trois personnes à la radio, Doukkali, Ben Amar et moi. Doukkali, avait par hasard écouté radio Rabat. La voix de Ben Dedouch déclarait que la royauté était anéantie... A ce moment même, "wakalat al Maghreb Al Arabi " envoie une dépêche urgente annonçant que le roi était toujours vivant. Il fallait que je l'annonce. J'ai dû aller voir le général Housni Ben Slimane, à l'époque,  gouverneur de Tanger. J'avais une intuition comme quoi le Roi Hassan II était encore vivant. Ben Slimane m'a donné le feu vert pour transmettre l'information. Tandis que Rabat se déclarait Républicaine, Tanger était restée Royaliste. C'était une grande émotion...". Et l'aventure journalistique se poursuit avec sa nomination 1975 en tant que délégué à Radio Agadir. Les souvenirs de la Marche Verte, une forte émotion: "J'ai vécu la marche verte étape par étape. J'ai couvert "par la voix", l'aller et le retour. Etre au milieu de ces foules de 350 000 citoyens! C'était le mythe de la paix." Vingt neuf ans après, Remmal est toujours là, "Dieu que cela dure!), avec son émission hebdomadaire du mercredi soir, "De loin" ( Min baïd), sa voix nous fait rêver, anime nos soirées et nous invite à embarquer dans le bateau des souvenirs.

Ilham Khalifi



 

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