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Auteur : Publier le : February 20, 2003
Hier, ils rêvaient de reconnaissance. Aujourd’hui, ils sont interdits de scène. Ces jeunes artistes qui ont essayé de sensibiliser le grand public à une musique qui existe depuis les années soixante mais longtemps marginalisée, sont victimes d’amalgames. Certains les voient comme un produit de “Satan”, d’autres comme des dangers publics. Leur style musical, basé essentiellement sur des techniques instrumentales, est un moyen d’expression et de libération. A travers leurs créations, ils dénoncent les doutes et le malaise de toute une génération. Faute de pouvoir changer les choses, ils chantent. Ils critiquent le manque de professionnalisme du secteur, la rareté des maisons de disques et l’absence de subvention. Ils avaient un rêve: évoluer chez eux, dans leur pays. Le songe a été brisé. Cette nouvelle frustration nous replonge dans les années soixante-dix durant lesquelles, des groupes comme “Nass El Ghiwane” , “El Mechaheb”, “Jil Jilalla” et bien d’autres, ont vécu des situations simillaires. Il est vrai qu’aujourd’hui, les mœurs ont évolué. Ils sont écoutés dans les endroits les plus huppés du monde. Leur disques se vendent à des milliers d’exemplaires dans les plus grands magasins spécialisés. Leur notoriété est incontestable. Pourtant, une question se pose: En un demi-siècle, la liberté d’expression a-t-elle progressé ou est-elle en régression? Une chose est certaine, la libre culture est l’un des piliers de la démocratie. Alors, le Maroc, avec cette vague de censure, de protestations et d’interdictions à l’encontre des manifestations culturelles, n’emprunte t-il pas aujourd’hui un chemin miné, susceptible d’ouvrir la voie à des abus, plus dangereux ?
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