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Toute la musique qu’on aime

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Publier le : July 29, 2004

La culture est un vecteur de développement. Beaucoup de nos compatriotes l'ont compris. Ces découvreurs de talents, ces mélomanes, ces amoureux de l'art, ces producteurs téméraires, ces acharnés de travail ont compris que le pays n'avait pas pour meilleur ambassadeur à l'étranger et élément fédérateur dans le Royaume que l'art... Et la musique en particulier ! Le Maroc, terre de sons, de diversités de genres musicaux, de folklore, de danses et d'innombrables rythmes, met en valeur son patrimoine séculaire. Finie l'époque où seuls le chaâbi, le rai et autres capharnaüms sortis de boîte à rythme régnaient en maître sur la scène musicale nationale. L'heure est à la nouveauté, à la création. Printemps et été 2004, et ceux des autres années, ont vu fleurir et s'épanouir nombre de festivals de qualité: Essaouira avait montré la voie avec succès en 1998 accueillant maâlem gnaoui et vedettes internationales. Les alizés de l'ancienne Mogador ont soufflé depuis, bien au-delà des deux tours de la forteresse : Agadir, Marrakech, Ouarzazate, Tanger, Rabat, Fès, Casablanca... Et grande nouveauté, la déconcentration dans des villes de moindre importance comme Midelt, Chefchaouen...  Et ça marche. D'autant que certains maîtres d'orchestres organisateurs offrent les spectacles. L'accès est gratuit... Le souhait de Malraux de démocratiser la culture serait-il en train de voir le jour dans nos contrées? Une chose est sûre, ça bouge... et bien! "Le mouvement Rock a énormément contribué à cette évolution", explique Hicham Bahou, mélomane et infatigable promoteur de la Zik, la vraie au sein de la F.O.L avec son pote Momo (Fédération des Oeuvres Laiques). Pour n'en citer que quelques-uns et d'avance mille excuses aux autres, African Band, Reborn, Request, Litham ont mis le feu au plancher. Grâce à eux, des chemins ont été tracés et la fusion a explosé...

Casa, creuset d'artistes

À Casablanca, 365 jours par an les petites mains de la F.O.L aident les zikos. Leur objectif : "Ouvrir leur porte à tous ceux qui n'étaient pas considérés et faire prendre conscience aux gens qu'il y a un véritable potentiel ici", ajoute Hicham. Les efforts ont été récompensés. En 1999, la première édition du boulevard des jeunes musiciens a vu le jour. Une salle comble d'environ quatre cents personnes à assister à la naissance d'une "véritable scène casablancaise underground jeune et indépendante" Un mouvement qui s'est affirmé avec les années. Aujourd'hui, Hoba-Hoba Spirit, Dayzine, Darga, Gnawa Storm, Barry, Jil Jilala, Askoury, reflètent au travers de la musique l'identité marocaine multiple. S'inspirant de divers styles allant du reggae au jazz en passant par les rythmes africains, leurs paroles racontent le Maroc, le vrai, celui qui bouge et qu’il faut faire bouger. Des talents qui ne sont malheureusement pas mis en valeur par les instances publiques nationales. Nombre d'artistes sont produits par des firmes étrangères. "Ici les maisons de disques focalisent sur le chaâbi car elles savent que ça fonctionne bien". D'autres se plaignent du manque d'infrastructures, de salles de répétition et de compétences. La troupe de danse Hip Hop Salama a vécu aussi ces difficultés. D'autant plus que la danse n'est pas encore au même stade d'évolution et d'organisation que les musiciens. Le constat artistique et culturel est donc en pleine naissance, à l'état embryonnaire. Un souhait unique : longue vie et bonheur!

Ingrid Ober



 

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