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Amir Ali, portrait d’un Marocain authentique

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Publier le : July 29, 2004

Né à Méknès en 1965, précisément au quartier «Sidi Amer», Amir Ali de son vrai nom Ali Al Ajraoui est un passionnant passionné. Très jeune, il va découvrir son amour pour la musique: «Je fuyais l’école pour suivre des cours de musique. Mon amour pour la musique était un don du bon Dieu.». Il s’inscrit en cours de solfège et du violon au Conservatoire de sa ville natale. Il est l’élève des Professeurs Moulay Driss Ouwazzani Chahidi, Mohamed Wahhebi, Mohamed Lachheb. Cette aventure d’apprentissage musical va durer  huit ans avant qu’il ne décide en 1986, de s’embarquer pour les Etats Unis. Il avait 20 ans. Amir Ali (Le prince Ali) a fait partie du célèbre club de natation qui fait la fierté de la ville de l’olivier, Méknès «J’étais très dynamique, j’adorais jouer au foot, nager, mais ma grande passion, c’était le violon». Son rêve était de devenir violoniste soliste et compositeur. Et le rêve fût réalisé. Avant son grand voyage à la découverte de lui-même, Il devient soliste dans l’orchestre du Conservatoire. Il a composé une chanson pour Hassan II «Ya layali al bichri oudi bilhana» , mais qui n’a jamais vu le jour. Aux Etats Unis, il va travailler au restaurant Marrakech, au pavillon marocain, au Walt Disney World en Floride. Ali interprétait les oeuvres des grandes figures de la chanson arabe (Oum keltoum, Mohamed Abelwahheb... Nouâman Lahlou, chanteur-compositeur, était son compagnon de fortune. Il va animer les soirées du restaurant Marrakech pendant 14 ans: C’est alors qu’est née l’idée de créer son propre groupe: «14 ans après ma carrière musicale aux États Unis, je voulais créer mon propre groupe. Je ne voulais plus dépendre des autres. Je voulais créer mon propre style. Le Festival Rawafid, est une chance énorme. Pour moi c’était l’occasion de retrouver mes racines. Je remercie, le ministère de la Culture, les organisateurs et toutes les personnes qui m’ont permis de chanter devant le public casaoui que je trouve adorable «. Le premier rêve réalisé, ce fut la création de son propre groupe baptisé «Mo’Rock in», (beaucoup de rock au Maroc), composé de deux américains, un espagnol, une danseuse et chanteuse marocaine: «Nous étions le premier groupe a avoir enregistré des chansons de Sting, avec notre propre arrangement, en payant bien sûr les droits d’auteur». Disciple du grand maître du Melhoun Houcine Toulali, Amir Ali est un authentique interprète de ce patrimoine musical. Au milieu d’une ambiance politico-idéologique née juste après le 11 septembre 2001, Ali a réussi à se frayer un chemin dans le monde du Show bis. Il s’est imposé d’abord en tant que Marocain et en tant que citoyen américain: «Avant de venir au Maroc, il a fallu convaincre mes musiciens que le Maroc n’était pas un pays terroriste, que c’était un pays où les gens sont d’une générosité absolue, d’une bonté sans limite, accueillants...Une fois au Maroc, tout ceci s’est confirmé, les artistes américains qui m’ont accompagné, ont été séduits dès qu’ils ont posé le pied sur le sol marocain». Dimanche 25 juillet 2004 à 21h, à la place des Nations Unies, Amir Ali a fait vibrer une énorme foule en interprétant des ksaid du melhoun. 

Ilham Khalifi



 

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