| | Articles » Lire, Voir, Entendre | | Jean Lefebvre, le dernier des «tontons flingueurs» ne rira plus Cinéma |
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Auteur : Publier le : July 15, 2004
C’est à Marrakech, ce jeudi 8 juillet 2004, qu’il a fallu que Jean Lefebvre, l’un des plus grands acteurs français, le dernier des «tontons flingueurs» tire sa réverance des suites d’une crise cardiaque à l’âge de 84 ans. Né le 3 octobre 1919 à Valenciennes, fils de maréchal-ferrant, Jean Lefebvre commence des études de médecine interrompues par la Seconde Guerre mondiale. Il opte ensuite pour le chant et sort du Conservatoire de Paris en 1948 avec un deuxième prix d’opéra-comique. Il préfère finalement la carrière d’acteur, sur les conseils de René Simon, célèbre professeur d’art dramatique. Quelques mois plus tard, Jean Lefebvre débute au cabaret, notamment à L’Amiral, à Paris, où il joue le numéro de soûlographie des «Vignes du Seigneur». Il part après à New York pour se produire dans «La plume de ma tante», revue à sketches de Robert Dhery. De retour en France, Jean Lefebvre apparaît au théâtre dans des comédies à succès telles que «Je veux voir Mioussov», «Qui est qui», «Le grand standing», «Les jumeaux», «Oui patron» ou encore «L’entourloupe». A partir de 1952, Jean Lefebvre entame une carrière au cinéma avec «Bouquet de joie» de Maurice Cam et «Une fille sur la route» de Jean Stelli avec Georges Guéthary. Ce sont les premiers d’une longue série. Lefebvre tourne beaucoup, et son palmarès dépassera les 130 films. D’abord dans des rôles secondaires, un soldat ivre dans «Les Diaboliques» d’Henri-Georges Clouzot (1955) ou René dans «Et Dieu créa la femme» de Roger Vadim (1956). Mais sa filmographie va ensuite s’étoffer de nanards aux titres évocateurs, comédies à l’humour facile, comme «La Polka des menottes» de Raoul André (1957), «Houla-Houla» de Robert Darène (1959), «Faites sauter la banque» de Jean Girault (1963), «Quand passent les faisans» d’Edouard Molinaro (1965) ou «C’est pas parce qu’on a rien à dire qu’il faut fermer sa gueule!» de Jacques Besnard (1974). Il dira lui-même fort lucidement: «J’ai tellement tourné de navets que ma carrière est un potager». Sa gueule de cocker et ses paupières tombantes lui donnent un air de chien battu irrésistible, vaguement bêta et attendrissant. Quelques uns de ses films sont restés mythiques. Un an après «Les Tontons Flingueurs», il entre dans la peau du Maréchal des Logis Lucien Fougasse avec le premier opus de la série des gendarmes «Le Gendarme de Saint-Tropez» de Jean Girault (1964). En 1973, il incarne le téléphoniste Pitivier dans «Mais où est donc passé la 7e Compagnie?» de Robert Lamoureux («Chef, j’ai glissé chef...!»). Ces dernières années, le comique popu était retourné au théâtre, celui du boulevard bien sûr. 900 fois il est monté sur les planches pour «Pauvre France», pièce écrite en 1972 par Jean Cau. Il y incarnait Victor Tabouré, teinturier à Limoges qui apprend que sa femme le trompe avec son propre frère... L’année dernière, l’infatigable comédien reprenait «Les Jumeaux» de Jean Barbier, au Théâtre des Nouveautés. Grand fumeur, grand joueur et amateur des perroquets, l’homme s’était marié quatre fois. Sa dernière épouse, Brigitte, disait que ce ténor du panthéon des acteurs comiques français n’était pas drôle du tout. Son humour était assez direct. mais dans la plupart de ses films ( les films où il est le personnage principal) son humour a toujours été très fin.
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