Animé par une volonté de faire connaître les richesses patrimoniales dont dispose le Maroc, et le grand souci de les conserver et de les sauvegarder, le ministère de la Culture a mis un plan d’action ayant pour objectif de doter le pays de nouvelles institutions patrimoniales pour répondre aux besoins culturels des régions et de leurs populations.
La réalisation d’un Musée régional du patrimoine du Moyen Atlas découle d’une prise de conscience de la diversité naturelle, culturelle et historique de la région. De ce fait, divers partenaires (conseil municipal d’Azrou, conseil provincial, conseil régional de Meknès-Tafilalt, ont conjugué leurs efforts pour la réalisation de ce projet d’envergure, susceptible de promouvoir l’action économique et sociale de la région.
Le choix de la ville d’Azrou comme siège du projet tire sa raison de sa situation géographique privilégiée au coeur du Moyen Atlas et de l’importance culturelle qu’elle revêt dans la spécificité du patrimoine du Moyen Atlas en particulier et du Maroc en général. C’est aussi une ville de carrefour à la croisée des deux axes principaux : l’axe Meknès-Tafilalt et l’axe Fès-Marrakech. Cette position stratégique offre depuis toujours une escale essentielle pour les circuits touristiques, mais -avec le projet de musée- l’escale deviendra une étape incontournable pour la découverte de la région tout entière et de la ville en particulier. Les objectifs à atteindre pour la réalisation de ce projet sont divers. La région connue pour ses montagnes et ses forêts de cèdre, sa nature géologique et son caractère architectural qui lui confère un attrait particulier, mérite d’être mieux appréhendée par une représentation muséographique «vivante» qui mettrait l’accent sur toutes ses richesses naturelles et culturelles.
L’emplacement du musée au coeur de la ville permettra d’embellir le centre ville et participera également à l’animation culturelle qui reste lacunaire actuellement dans la région.
Richesses naturelles
et culturelles
Le musée du patrimoine du Moyen Atlas sera édifié sur un terrain de 4500m2. cette superficie, quoique modeste au vu de la diversité des thèmes abordés et des objets présentés, permettra à la nouvelle structure d’accueillir des expositions qui pourraient se décliner sur trois grandes sections:
-La section «nature» regroupera les départements de géologie, de faune, de flore et de pisciculture. L’histoire géologique du Moyen Atlas du primaire au quaternaire, la richesse botanique et la diversité faunique seront présentées dans un esprit didactique. On essaiera d’approcher ainsi les liens des anciens habitants avec leur environnement naturel et écologique. Un accent particulier de préservation des richesses écologiques et naturelles du Moyen atlas.
-La section archéologique aura pour objectif de retracer l’histoire chronologique du Moyen atlas, de la préhistoire aux époques islamiques. Les trouvailles archéologiques seront mises en valeur certes, mais de plus seront mieux appréhendées en aménageant un petit espace pour les enfants afin de leur proposer une approche directe de la fouille archéologique, de sa méthode, de ses outils et de son déroulement.
-La section ethnographique aura pour objectif de présenter la vie sociale et culturelle des habitants du Moyen Atlas, et ce, à travers leurs activités traditionnelles, leurs coutumes et traditions et de leurs préoccupations. Cette section devra refléter également le développement que connaît la région d’un point de vue économique (agriculture, artisanat, technologie) et une meilleure compréhension de ses modes de vie.
Notre objectif principal est donc de faire du musée le centre d’intérêt de nos citoyens dès leur bas âge. Débats et discussions autour des questions qui ont trait à la vie culturelle des habitants y prendront place. L’enfant du Moyen Atlas en général et de la province d’Ifrane en particulier pourra s’exprimer dans des ateliers de dessin et d’animations culturelles. De cette façon, le musée se donnera les moyens d’attirer le public le plus large et de tisser des liens solides entre cette institution et son environnement.
La réalisation d’un atelier de restauration des textiles au sein du musée permettra d’optimiser la conservation des tissages, de les restaurer ou encore de «rendre la vie» à des pièces très détériorées. Par cette démarche, nous comptons établir des contacts avec des spécialistes et d’autres professionnels -à travers débats, tables rondes et visites mutuelles- afin de mettre le musée du Moyen atlas au centre d’une activité de restauration qui fait actuellement défaut dans notre pays.
Compte tenu des objectifs qu’on lui assigne, le musée du patrimoine du Moyen Atlas sera un pôle d’attrait des visiteurs et des chercheurs, un moyen pour inventer un futur meilleur de la région alliant la réflexion à l’action , le savoir-faire à la création et le passé au futur.