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No Souira, no cry Billet

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Publier le : July 1, 2004

Il a suffi de quelques jours pour que l’ancienne cité de Mogador, Essaouira, se métamorphose en ville universelle. On avait l’impression d’être à Avignon, à Montpellier. Il fallait fermer les yeux, s’étendre sur le sable doré de la belle plage de la capitale des gnaoua et laisser libre cours à son imagination, voyager à travers le temps, s’interroger sur la force de cette belle musique qu’est la musique Gnaoua, écouter les notes, les rythmes, les percussions, éparpillées ci et là, appartenant à différentes cultures. Toute une ville transformée en une grande scène. Des pèlerins, venus de partout, du Maroc et d’ailleurs. Des pèlerins venus déguster les moments forts du Festival Gnaoua et des Musiques du Monde. Ils ont casqué entre 200 et 250 Dh la place pour venir de Marrakech à Essaouira, vivre des moments de partage. Ces jours là, les rois étaient les chauffeurs de taxis et d’autocars. Les prix des voyages flambaient à mesure que le grand jour approchait. L’âme de Bob Marley allait vibrer à Essaouira. Les Wailers  allaient faire chavirer plus de 300 000 spectateurs toutes nationalités confondues, ce dimanche 27 juin 2004.  Alors que jour et nuit se confondaient, l’on remarquait dès l’aube, l’arrivée de marées de foules, munies de casquette, eau et provisions. Les plus mordus des Wailers s’apprêtaient à revivre les moments les plus forts qui ont marqué Bob et ses camarades. Des journalistes, ont souffert du choix du gîte où ils été engouffrés, mais l’événement des Wailers était plus  intense que n’importe quelle mauvaise plaisanterie. Difficile de faire la différence entre les officiels et les autres citoyens. Farah Dida, épouse de l’ancien Chah d’Iran, André Azoulay, Driss Benhima, tous dansaient, chantaient, entraient en transes. Nulle place aux «officialités». Et ces belles Lilas Gnaoui, organisées dans les riads. Une merveille!  
Dans cette ville où tous les citoyens se considèrent comme des gnaouis, une tradition est dorénavant bien ancrée dans le quotidien, le Festival Ganoua.  

Ilham Khalifi



 

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