| | Articles » Lire, Voir, Entendre | | Le Maroc Populaire de Mohamed El Mourid |
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Auteur : Publier le : June 17, 2004
Une résidence de quatre mois à Fès, grâce à une bourse octroyée par la ville de Strasbourg, a permis au plasticien de voyager à travers le pays et notamment Tiznit, sa ville natale ainsi que la ville de Fès. Au cours de son périple, il a rassemblé des clichés photographiques offerts par des familles. Des photomatons, des images de saints ou marabouts. Toutes ces images, qui sont en fait des portraits, sont destinées à être reproduites sur des peaux de mouton tendues, selon une technique de sérigraphie qui lui est coutumière. L’artiste déclare: je remplace l’encre de sérigraphie par du sang de boeuf. J’ai obtenu par cette méthode, un résultat convaincant qui correspond à un rendu quasi photographique, d’une couleur et d’une texture inédites. Ce procédé donne aux portraits une présence sans âge, que le mélange de sépia et de nuances colorées rend plus subtiles. La nature du support, le choix de la présence du reste du poil de l’animal, le degré de tannage de la peau, contribuent à la diversité des rendus tout en conservant l’unité des formes et des couleurs. Ces visages acquièrent de cette façon, une présence hiératique, devenant des icônes modernes traversées de matière et de chair, traces d’une présence éphémère qui se dépose sur la texture du temps». Cette technique et ces matériaux, jouent sur la notion d’iconoclasme et fait référence à un Maroc populaire. Ces portraits sont porteurs d’histoire, de personnes et de personnalités ayant marqué l’histoire de la ville de Fès en particulier et celle du Maroc en général. Ils se placent entre l’historique et le témoignage, mais également dans une confrontation des civilisations qui ont marqué la ville. L’exposition «le Royaume du Maroc», fera l’objet d’une tournée dans les Instituts Français du Maroc. Du 14 au 18 juin Mohamed El Mourid animera un atelier avec les étudiants des Beaux- Arts. Ce sera l’occasion pour lui de partager le fruit de son expérience. Les ateliers porteront sur les techniques qu’il a lui même expérimentées. A travers cette exposition, l’artiste semble vouloir retrouver une mémoire ayant appartenu à un passé intrinsèque à notre histoire. Il s’agit de la mémoire des lieux traversés. «C’est surtout d’abord aux chourfa, descendants des Adarissa, Tijanyine, Ketaniyine, Fatimiyine, que je me suis intéressé», déclare l’artiste qui a également mis l’accent sur les maîtres du chant sacré de Fès notamment, Moulay Charif Ahmed Ben El Hassan El Alami (né à Fès en 1880). «je suis toujours à la recherche d’images qui me permettront d’élargir encore ce travail de la mémoire des familles fassi».
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