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Festival de Casablanca 2005, une promesse enfin tenue !

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Publier le : June 3, 2004

C’était une promesse, hier. Demain, elle sera tenue. Et M’hammed Dyef, l’homme de culture par excellence y veillera. Quand sonnera le printemps 2005, éclora l’écorce du grand Festival de la belle au bord de l’océan atlantique, dormant, Casablanca, la belle amante, l’échine de l’économie nationale, de la belle architecture empruntée à l’Art Déco. Casablanca, l’ancienne médina; Bab Marrakech, la fierté des «Bidaouwa Lahrar». Casablanca, la cosmopolite, celle qui héberge au sein d’une seule grotte, différentes religions, différentes nationalités, une culture plurielle et diversifiée. Casablanca où tradition et modernisme se tiennent la main sans heurt ni friction. Casablanca l’oasis de «la Haïta Bidaouwiya». Casablanca la demeure des grands noms casablancais: feu Arbi Ben M’barek, Bouchaïb Bidaouwi, Maréchal Qibbo, Hajja Hamdawiya, Ousfour, le premier cinéaste marocain, etc. En avril 2005, les Casaouis se réveilleront sur les partitions d’un Festival aux couleurs de la vie. Point de hasard, un festival en plein dans la saison où toutes les beautés fleurissent. C’est autour d’une fête collective que se retrouveront les habitants de la ville de Casablanca. Eux qui ont vu naître des festivals un peu partout au Maroc et qui aspirent depuis très longtemps à ce qu’un grand événement puisse égailler les grands axes de la ville tentaculaire. L’annonce officielle du Festival a été un grand moment de soulagement et de bonheur pour tous ces artistes, venus nombreux assister à l’accouchement de la fête de la culture et de la solidarité. Car c’est en effet sous le thème de la Solidarité que s’inscrira la première édition du Festival de Casablanca. Ce sera un hommage à toutes ces vies impitoyablement ravies, le soir d’un vendredi 16 mai 2003. «Le projet du Festival de Casablanca s’est tissé jour après jour, autour du mot solidarité, valeur ancestrale du Maroc, inscrite dans notre culture et notre civilisation.» a annoncé le Président de la Commune Urbaine de Casablanca, M Mohamed Sajid. Les ateliers auront comme thème principaux; «La solidarité entre les générations issues de l’émigration grâce à l’implication d’artistes dans la cité», «La solidarité entre affaires et éthique», «La solidarité entre les Hommes contre le handicap», la solidarité entre le monde de l’art et les enfants»... Casablanca, l’empressée, la hâtive, s’arrêtera un moment pour écouter la voix de sa mémoire, de ses beaux souvenirs, se prélasser, danser, chanter, vibrer aux rythmes non stressants, d’une mélodie passionnée et passionnante.

Solidarité et rapprochement

Pour composer la partition de la vie, Casablanca fait appel à toutes les volontés, à tous les acteurs économiques, artistiques, sociaux... Toute la société civile est invitée à bâtir les piliers et à dresser les mâts du Festival. Ce sera l’occasion d’un croisement, d’une rencontre dans les espaces les plus inattendus de la ville. Casablanca s’ouvrira au Festival, bien avant le mois de la floraison. Des activités culturelles en tant qu’actes préliminaires au rituel amoureux entamé entre la belle blonde et ses habitants, ouvriront le bal du Festival. Une grande ambition, s’ouvrir sur la scène internationale. Le Festival sera l’occasion d’encourager les meilleures créations en matière de développement et de culture solidaire. C’est à l’Association «Forum Casablanca» que reviendra l’honneur de mener à bien ce grand projet culturel. De quoi sera composé ce grand festin culturel? On prévoit des concerts, des ateliers d’expression artistiques, des projections, des expositions, des tables rondes, des débats, des rencontres sportives. Des hommages y seront rendus... Votre attention s’il vous plaît, la grande Dame de la chanson arabe et universelle, Fayrouz, sera parmi les invités d’honneur, Buddy Guy, Blues, l’Orchestre National de Barbès et Sting et Aïdé Alba (Argentine) en concert de clôture. Casablanca, le lieu de tous les métissages et des paradoxes, une ville à la réalité mouvante et contradictoire, fêtera ses habitants et sera, telle une ravisante mariée sur la «Amaria» célébrée, bercée par l’amour que lui portent tous ceux qui ont frôlé son sol ou qui se sont baignés dans ses belles plages. Au bout d’un siècle d’existence, Casablanca étalera à travers son festival, ses atouts artistico-culturels, ses énergies, ses potentialités: «Plus qu’une manifestation, le Festival aspire, à travers cet événement d’envergure, à sceller avec les citoyens de cette ville le pacte d’une nouvelle éthique dont le dessein est d’instituer et de promouvoir une culture fondée sur la tolérance, l’échange, le partage, la solidarité et la citoyenneté» avait renchéri le Wali de la ville mythique. Grâce à ce Festival, la ville scellera le pacte entre sa mémoire ancestrale et une mémoire tournée vers le futur. Casablanca, celle qui a inspiré et séduit les grands cinéastes d’Holywood dans les années quarante, est fière aujourd’hui d’accueillir des hommes qui, grâce à leur courage et à leur forte volonté, tiennent leur promesses. Casablanca, celle dont la grâce de l’architecture de la Mosquée Hassan II, défie et séduit l’Atlantique, annonce que son Festival sera ouvert à tous les Bidaouwis, aussi bien ceux qui crèchent dans les bidonvilles que ceux qui se la coulent douce dans les incommensurables surfaces des chalets, ceux qui roulent dans des Porches, Jaguar, que ceux qui souffrent en empruntant la voie du transport commun. Casablanca, l’esplanade des amoureux, l’espace des décalages angoissants, s’enorgueillit de son Festival. «Une ville qui se joue des paradoxes est ainsi obligée de produire ses propres repères, de fabriquer du sens et le lien qui va avec.», a affirmé M. Mohamed Tozy, Président du Festival. C’est pour révéler les hommes, valoriser, rénover, réhabiliter le patrimoine casablancais, tisser des liens de solidarité universelle, insuffler l’esprit de la citoyenneté que le Festival est créé. Bonne chance pour les organisateurs. L’on espère que l’incident survenu lors de l’annonce de l’ouverture officielle du Festival, ce mardi 25 mai 2004, soit purement technique. Le Festival est un défi, mais aussi un pari où l’incompétence devrait être bannie.

Ilham Khalifi



 

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