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Auteur : Publier le : May 27, 2004
Tout le monde en parle. Mawazine par ci, Mawazine par là. Mawazine et son super spot télé où les différences raciales dansent ensemble aux rythmes des tambours du monde. Mawazine et son affiche colorée où les mêmes percussionnistes yellow, black, and white jouent au bord du Bouregreg. Mawazine et son site Internet qui prône de si belles valeurs : “le monde de la mondialisation, celui du commerce international, de l’information et des finances, peut paraître bien froid, bien indifférent aux joies et aux peines qui font notre quotidien. A ce monde, il faut un pendant, celui de la culture, celui de la vie chaude et dense, de la nôtre, des autres, ce sont les rythmes du monde”. La forme est un brin fleur bleue, les idées, elles, sont nobles. Mais voilà, dans la réalité, Mawazine n’est pas tout à fait comme à la télé… Première surprise, elle fut belle. Samedi passé au coucher du soleil, le sublissime site du Chellah prend des airs de forêt tropicale. Maracas, bonjos et chaude voix de la colombienne extra souriante Petrona Martinez enivrent de bonheur enfants, parents, jeunes et moins jeunes se trémoussant. Un public bizarrement bon chic bon genre dans sa globalité, pour un festival qui se dit populaire, ouvert sur le monde, et tout le tralala cité un peu plus haut. L’étonnement exprimé, les explications peu convaincantes affluent. “ Normal, l’endroit est un peu éloigné ” “ Pas bien desservi ” En gros, la faute aux transports publics…Deux heures plus tard, en plein cœur de la ville près de la grande scène, deuxième surprise, bien moins agréable. Des invitations, non payantes, sont nécessaires pour accéder au plus près de l’estrade. Alors, voilà le constat, certains ont été mis au courant de la manœuvre, une manœuvre qui consiste certainement “ à faire le tri ”… Et d’autres non ! Résultat, les premiers ne sont qu’à quelques mètres des artistes Hanine y son Cubano, un duo magique où le chant libanais évolue aux rythmes des sonorités cubaines. Et les seconds sont derrière. Mais attention, ils sont derrière une barrière. Les forces de l’ordre les scrutent… Si débordement il y a, il viendra certainement de l’arrière et non de l’avant. Cette séparation injustifiée n’a apparemment pas choqué grand monde… pas même les intéressés qui ont applaudi avec réjouissance les artistes de derrière leur barrière. Une séparation qui illustre encore le chemin à parcourir dans l’acceptation de l’autre et de ses différences. Une séparation qui n’a heureusement pas gâché la fête. Des deux côtés de la barrière, les bras se sont levés ensemble à l’unisson. Des deux côtés, “ on a chanté, on a dansé. ” Cette foutue barrière n’avait vraiment pas lieu d’être... I.O.
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